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Au bon beurre en plus grand

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J'ai découvert qui sont les responsables de la pénurie de beurre effarante dans un pays comme la France qui a lieu depuis quelques temps. C'est la faute des petits enfants et arrière petits enfants des Poissonnard, dont l'histoire fut racontée avec verve par Jean Dutourd (voir ici), on se souvient aussi du film d’Édouard Molinaro avec Roger Hanin et Andréa Ferreol (voir extrait ci-dessous). Tout est bon pour s'enrichir, y compris les pires abjections, la spéculation la plus amorale, la filouterie la plus vile, les mesquineries de tous les instants.

 

Et tout ceci sur le dos des paysans et des petits consommateurs.

 

Car je doute que dans toutes les officines alimentaire bourgeoises l'on manque de ces produits auparavant accessibles à tout le monde et maintenant réservés à ceux qui peuvent se les payer.

 

Ainsi pour le pain, la viande, le poisson, les fromages...

On se souvient des premiers Poissonnard, ses crémiers, tenanciers d'une boutique de « Beurre-Oeufs-Fromage » pendant l'Occupation. Madame avait son sourire commercial, s'élargissant selon l'addition de chaque client, Monsieur avec sa faconde jouait les braves types un peu naïfs. Faussement obséquieux avec les maîtres du moment, sachant retourner leur veste quand il le fallait, ils survécurent sans encombres à la Libération et l’Épuration après avoir vendu pendant cette période plus que trouble du lait et du beurre trafiqués à l'eau oxygénée à tout le monde.

 

Les Poissonnard malgré toutes leurs escroqueries, toutes leurs malhonnêtetés étaient humains, tellement humains bien que mues surtout par l'avidité. Ils étaient même au fond plutôt sympathiques, tout autant que ce pauvre Léon, authentique résistant lui, idéaliste balloté par les évènements. Les Poissonnard de l'Occupation, malgré tout leur enrichissement acquis de manière aussi désolante, était des petits joueurs, des gagne-petits. Et avec leur argent, ils ne désiraient que s'acheter une honorabilité bourgeoise quitte à payer du Voltaire au mètre à prix d'or.

 

Ils achètent également le respect des politiques, des grands personnages qui les traitaient auparavant avec mépris...

 

Il était difficile malgré tout d'en vouloir aux Poissonnard. C'était d'aimables crapules. Leurs descendants sont des crapules tout autant, mais totalement décomplexées et qui n'ont plus de limites puisque en plus, personne ne se plaint et que tout le monde se soumet au système tel qu'il est. Les consommateurs râlent mais ils continueront d'acheter ce qu'on leur dit d'acheter, et se rueront sur des produits de très basse qualité sans se poser plus de questions que cela, de peur que ce ne soit pire ensuite. Et l'on ne trouvera plus de vrai beurre que dans ces boutiques « chic », des crèmeries « gentrifiées » où la motte sera présentée comme un bijou dans son écrin.

 

Ce qui permettra de faire encore plus de bénéfices nets...

 

Il suffit de flatter la vanité de la clientèle riche en lui faisant croire qu'elle est « bio » et proche de ses racines « terriennes » et rurales...

 

Je m'étonne, enfin c'est une façon de parler, que ce sujet de la pénurie de beurre, ne provoquent pas beaucoup plus de remous dans la vie politique, parmi les citoyens, sur les réseaux dits sociaux. En voilà un sujet tout ce qu'il y a de concret pourtant, de politique au sens le plus pur du terme. Taper sur tel ou tel politique c'est bien sûr plus facile mais ça ne mène pas très loin, ça entretient même le spectacle, la farce, se jouant sous nos yeux avec notre assentiment.

 

J'aimerais me tromper...

 

Illustration empruntée ici

 

Sic Transit Gloria Mundi, Amen

 

Amaury - Grandgil

 

Voir un extrait ci-dessous où les Poissonnard sont en mauvaise posture (mais ça ne dure pas...)

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