Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Desproges par Desproges

Imprimer Pin it!

Aussi sur Agoravox

 

aux éditions du Courroux (coucou, là c'est moi qui rajoute, les desprogiens (gesques ? Giens ? ) comprendront l'allusion)

 

Pierre Desproges, pied de nez, Perrine Desproges, éditions du courroux, politique, société, amaury watremezJe suis tombé dans Desproges quand j'étais petit, j'ai commencé avec les bons conseils du professeur Corbiniou, puis plus tard « le Tribunal des flagrants délires » et les « Chroniques de la haine ordinaire ». Je me reconnais sur de nombreux points en lui, dont sa causticité, le doute qu'il nourrissait à l'égard de ces congénères lui compris.

 

Avant d'acheter ce beau livre, merci à Perrine Desproges qui a fait tout ce travail de fourmi pour rassembler tout ces textes, j'ai quand même un peu réfléchi voire légèrement hésité. Il vaut deux bonnnes bouteilles de vin et depuis quelques temps les ouvrages sur Desproges avaient tendance à faire dans le raclage forcené de fonds de tiroir.

 

Ce n'est pas moi qui m'en plaindrait forcément, un ratage, un reste dudit auteur étant toujours bien meilleur que les textes habituels de nombreux écriveurs et pseudo-humoristes actuels.

Y compris ceux se réclamant de lui. Certains des héritiers supposés du père des « chroniques de la haine ordinaire » font rire à gorge déployée quand ils invoquent sa figure tutélaire, un des rares moments d'ailleurs où ils arrivent à faire rire, ainsi Stéphane Guillon. Mais il faut bien admettre que les ayants droits exagéraient un peu avec des rééditions de rééditions de textes déjà lus et entendus partout...

 

Cela ne me dérange pas que ses filles Marie et Perrine jouent sur la nostalgie des comiques morts pour arrondir leurs fins de mois, je suis pour la paix dans les familles et aussi pour leur félicité. Et les pauvres ont perdu leur père très jeunes et leur mère un peu plus tard. Mais ce n'est pas une raison, il faudrait voir à voir. On note le prénom, Perrine, spécialement conçu pour le plaisir sadique des obsédés de l'orthographe et de la syntaxe comme son père : on ne sait jamais s'il y a un ou deux « n » comme à « zigounette ». C'est fait exprès, j'en suis sûr...

 

NB : En parlant de comiques morts puisque j'y pense ? Est-ce qu'on lit ou que l'on joue encore Bedos ?

 

Je m'agace aussi du « Ahlala il nous manque » que l'on entend régulièrement quand on évoque Desproges, Devos et des chanteurs de variétés pour minettes des années 70. Concernant le sens de la dérision et l'irrévérence de monsieur Cyclopède, qu'est-ce qui nous empêche de donner de grands coups de pieds dans la fourmilière des bourgeois pédagogues à part la trouille, l'autocensure et j'en passe et des pires ? De secouer la termitière des moralisateurs « éthiquement responsables », « citoyens » et « équitables » qui habitent tous de modestes trois ou quatre pièces à deux ou trois SMIC le loyer tout en donnant des leçons de morale au bas peuple ?

 

En ce moment  ce qui aurait excité sa verve c'est l'écriture inclusive la nouvelle lubie entre deux ou trois commémorations à l'air grave des fameuses z-heures qui...

 

...vous savez lesquelles (et puis ça fait de jolis selfies pleins d'émotions).

 

Les dynamiteurs de préjugés manquent. Les vrais j'entends, à savoir ceux qui tirent à vue et dont « Télérama », « les Inrockuptibles » ou tout autre bréviaire bien-pensant ne chantent pas les louanges en première de couverture. Et la mièvrerie bien bête, bien conne, à « front de taureau » domine tout à grands coups de plus petit commun dénominateur, de rappels entre deux blagues « civiques » de la dangerosité de retour des fameuses z-heures les plus sombres de notre histoire. Parce qu'on fait de l'humour citoyen nous mon bon monsieur, on ne fait pas dans la dérision réellement tous azimuts, aux présidentielles on enjoint les électeurs de voter contre le Pen, on signe des pétitions, on défile, on fait des marches blanches...

 

L'époque est sinistre, elle est coincée comme une vieille paroissienne d'avant, une de celles qui n'en pouvait de commérer dans le dos de tout le monde tout en admonestant les rieurs en évoquant sans arrêt le respect. Elles ont gagné ces vieilles salopes ! Elles ont remporté la mise et en plus elles sont partout ! Elles encouragent la délation surtout si c'est considéré comme civique, et là pas de présomption d'innocence possible. La rumeur publique le dit c'est donc que c'est vrai, on devrait relire le texte de Desproges sur ce sujet dés qu'un « beuze » pointe le bout de sa truffe puante.

 

La seule idée de voir ne serait-ce qu'intraembryonnairement une seule de ses certitudes contredites est insupportable pour la grande majorité des individus actuels accordant tellement d'importance à ce qu'ils disent sans que cela n'implique d'actes pour autant dans la vie réelle. C'est dire s'il est incapable de comprendre la dérision, c'est dire s'il est incapable de lire, comprendre et rire avec Desproges.

 

Comme celui-ci a encore la « carte » car ayant eu des amis de gauche, personne parmi les arbitres des élégances politiques n'ose encore trop protester contre ce qu'il écrivait. C'est à peine si de temps un exégète improvisé dit que quand même bon il exagère un peu parfois ( le sketch « On me dit que des juifs se sont glissés dans la salle » par exemple). Les grands esprits prétextent alors le fait que certains crétins acérébré comprennent ce genre de textes au premier degré, cela leur donne déjà un bon prétexte pour que l'on ne lise plus Desproges.

 

On peut être certain que ça viendra, les imbéciles sont patients...

 

...bref il faut lire ce livre. L'acheter ou le piquer.

 

Sic Transit Gloria Mundi, Amen

 

Amaury – Grandgil

 

illustration empruntée ici

Commentaires