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Contre la misère vraiment ?

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pauvreté, société, refus de la misère, Macron, gouvernements, réforme code du travail, amaury watremezLa pauvreté n'est pas un phénomène nouveau. Elle existe depuis toujours, et elle existera sans doute toujours. Il est cependant des périodes de l'histoire où l'on s'en inquiète plus que d'autres, où l'on fait preuve de plus de solidarité au nom de valeurs morales, religieuses, et, ou intellectuelles. Ou alors par « simple » humanité et bon sens. Je me souviens également de la Terre dite Sainte où dans les villes palestiniennes existait et existe toujours une maison d'accueil pour les plus fragiles leur offrant le gîte et le couvert, maison souvent financée par tous les autres habitants pas forcément beaucoup plus riches....

 

...Mais on me rétorquera qu'en France « cépapareil ».

 

J'avais été également frappé dans les années 90 de tous les sans abris que l'on voyait sur les trottoirs, sous les voûtes d'entrée des immeubles de la rue de la Roquette, que les fêtards enjambaient avec indifférence. Alors que tous ces fêtards étaient pour la plupart ce que l'on n'appelait pas encore des « bobos », des bons bourgeois tous de « gôche »...

La société moderne a inventé la parade qu'elle s'imagine ultime contre les maux dont elle souffre. Elle organise une fois l'an une journée contre ceci ou cela et s'en désintéresse le reste du temps. Le 17 octobre est consacré nous dit-on au refus de la misère. Louable intention ! Mais nous vivons dans un monde où seule la richesse, un compte en banque bien dodu, et la propriété comptent réellement. La pauvreté, la misère, la précarité gênant terriblement, elles dérangent le confort matériel et intellectuel des plus favorisés. Comme toutes souffrances qui dans en nos temps merveilleux de « modernitude » accomplie deviennent insupportables.

 

On sait bien cependant que c'est là une attitude égoïste. Donc pour faire comme si cela importait réellement on a inventé cette journée, ce gadget.

 

Dans l'histoire, encore une fois les politiques ont bon dos. Leur comportement à l'encontre de la pauvreté ne fait au fond que refléter celui de l'époque. Il n'est pas plus indifférent ou plus cynique que le reste de la population. Et pourtant, ce qui étonne est que le risque de se retrouver à la rue est de nos jours beaucoup plus marqué qu'avant. La paupérisation des anciennes classes dites moyennes augmente à une vitesse vertigineuse ainsi que la précarisation du salariat au nom de réformes et de flexi-sécurité (concept étrange quand on y songe). Le CDI qui était la norme ne le sera bientôt plus pour personne.

 

Et ceux qui n'avaient pas de mots assez durs pour les assistés et les paresseux, toujours les autres, peuvent véritablement se retrouver dans la même situation du jour au lendemain...

 

Il existe aussi une autre forme d'hypocrisie. Les bourgeois pédagogues font mine de penser que seules les populations issues de la diversité sont touchées par la pauvreté. Ces privilégiés sont comme les anciennes dames patronnesses, ils ont « leurs » pauvres. A les entendre il n'y a pas d'autres formes de précarité en France, les autres précaires étant de toutes façons considérés comme des « ploucs », des « franchouillards » et autres épithètes toutes autant aimables. C'est la fameuse « France périphérique » chassée des centres des villes et reléguées en rurbanité. Ce sont tous ces migrants diurnes pas assez riches pour être considérés comme pauvres, pas assez pauvres pour être aidés...

 

Sic Transit Gloria Mundi, Amen

 

Amaury – Grandgil

 

illustration empruntée ici

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