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Barbes bleues

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cinéma, sexe, femmes, harcèlement, salopards, barbes bleues, harvey weinstein, amaury watremezJe suis un homme et ainsi que quelqu'un le disait "là où il y a de l'homme il y aura toujours de l'hommerie". Je ne dédaigne pas à l'occasion de faire dans la bonne grosse blague gauloise. Elle a l'avantage de choquer le bourgeois, fût-il bien pensant de droite ou de gauche, ces pauvres petites choses, ce genre de plaisanteries en est d'autant plus drôle. Par contre je ne supporte pas mes congénères pratiquant la drague lourde, la danse de séduction appuyée, beaucoup trop.  Comment font-ils pour ne pas avoir honte ? Ne pas voir leur ridicule ?

 

C'est pour beaucoup comme une compétition de "mâles alpha" comparant la taille de leurs organes reproducteurs, de gorilles ahanant pour montrer combien ils sont virils. Toutes ces gesticulations censées prouver leur masculinité ne font que montrer surtout leurs doutes sur la question et pour d'aucuns parmi eux une homosexualité latente et inavouée. Les femmes supportent soit par lassitude soit parce qu'elles ne veulent pas prendre de risque avec un abruti ayant un peu de pouvoir et n'hésitant pas à en brandir la menace. Et les femmes aussi peuvent faire certes preuve de lourdeur mais il me semble que c'est plus rare.

 

Des femmes malines peuvent également tirer avantage de ces abrutis facilement en leur faisant miroiter mille et un délices luxurieux...

 

 En ce moment, les médias font des gorges chaudes de l'affaire Weinstein aux Etats Unis (voir à ce lien). Comme s'ils découvraient que dans le milieu apparemment très libertaire du monde du spectacle il y avait aussi des gros dégueulasses ou des barbes bleues ainsi que dans n'importe quel milieu. Et particulièrement dans des milieux où l'on se dit très progressiste, où l'on est censé être très ouvert, très éduqué intellectuellement mais pas seulement. Il n'y a pas que la promotion canapé des petits chefs de bureaux, des petits mâles, des VRP en goguette dans je ne sais quel "Macumba" de province ou du fin fond de la  banlieue.

 

Combien de fois dans des "pince fesses" réputés chics, dans des endroits se voulant mondains et raffinés, des refuges d'intellectuels distingués, ais-je pu constater ce comportement déplorable de la part des mâles présents. Les femmes y sont perçues comme de la viande à l'étal et rien d'autres. Je suis effaré de constater que beaucoup se laissent faire...

 

Ce sont autant de "barbes bleues" dont tout le monde accepte sans mot dire le comportement parce qu'ils ont du pouvoir et de l'argent. Les femmes l'acceptent, toutes celles gravitant autour d'eux. Par peur, par lâcheté, par cynisme, comme les hommes. Les féministes réputées libérées de ce milieu sont finalement des femmes comme les autres, aussi aliénées, aussi dociles aux bons vouloirs de ceux qui ont un solide compte en banque et du réseau. De ce point de vue elles sont parfaitement égales aux mâles. Et elles se comporteront de manière à conserver leurs privilèges matériels quitte pour cela à se laisser humilier ce que les "barbes bleues" savent pertinemment.

 

Le pouvoir a toujours donné l'illusion de la séduction. Du moins les femmes ont-elles tenté de s'en convaincre pour certaines d'entre elles.

 

Dans le cas de Weinstein, à entendre la majorité des vedettes hollywoodiennes, personne n'était réellement au courant. Il y a aussi toutes celles qui affirment qu'elles savaient depuis le début. Mais alors pourquoi se taire sinon par simple lâcheté ? C'est toujours un peu le même cas de figure pour ce genre d'affaires. Personne ne savait, il en est qui avait "entendu parler de" mais au final tous laissait faire. Garder son rang, son fric et ses réseaux est bien plus important que conserver son intégrité, sa dignité pour la plupart des gens de notre temps.

 

Cela me rappelle enfin un passage de "American Psycho" de Brett Easton Ellis. Une agente immobilière fait visiter un des appartements de Bateman, le tueur personnage principal du livre. Elle comprend que c'est un assassin mais ne dit rien, ne proteste pas, ne menace pas, n'essaie même pas de le faire chanter. Elle se soumet, et il le sait avant, car il représente le pouvoir, l'argent, la réussite matérielle, la seule qui compte dans notre société.

 

Sic Transit Gloria Mundi, Amen

 

Amaury - Grandgil

 

illustration prise ici

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