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Puérilité sociale

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Des enfants qui se chamaillent comme des chiffonniers et qui vont ensuite rapporter soit à la maîtresse, soit à leurs "Papamaman", c'est normal. Qu'il y ait à l'école les fayots, les cancres, les chahuteurs, les enfants sages, les turbulents, rien d'étonnant. Des gosses qui se moquent d'eux et qui font pleurer parfois les autres, c'est la (pas si ) douce cruauté de l'enfance. Des minots qui se font des câlins et des papouilles pour dire et montrer combien ils s'aiment, rien de plus évident. Des gamins qui lorsqu'on les prend en photo aiment bien faire des grimaces, pourquoi pas ?

 

Que des enfants soient parfois puérils, on ne peut le leur reprocher. Auparavant, on réclamait d'eux d'être des adultes en miniature, des petits hommes et des petites femmes avant l'heure. Passé cinq ans, on les habillait ainsi.

 

Depuis quelques décennies déjà, de plus en plus ces dernières années, la puérilité s'étend à toute la société et aux grandes personnes dites raisonnables. Que l'une d'elles se sente critiquée pour une raison et atteinte dans son intégrité, la voilà qui traite son contradicteur de "méchant" et pleurniche sur son pauvre sort. Il n'est pas rare d'ailleurs que l'on aille le dire à la maîtresse ou ce qui en tient lieu pour un adulte normalement majeur et vacciné. On aime toujours rapporter pour beaucoup. On aime bien verser des larmichettes pour bien montrer combien l'on est triste.

 

Certains aimeraient bien alors une tape paternelle (ou maternelle) et un bon "allez c'est tout, allez sèche tes larmes mon petit canard en sucre"...

 

Il est de bon ton de se confier à son psy ou sa coiffeuse, d'entretenir ce narcissisme tellement délicieux que l'on ressent enfant où l'on pense être le centre du monde découvrant normalement en mûrissant que ce n'est pas le cas. L'enfant ne veut pas vraiment une seule petite part de gâteau à son anniversaire, il le veut tout pour lui, l'enfant bien souvent s'en fiche complètement des cadeaux des autres, lui il veut ce qui lui plaît. Normalement, l'adulte a compris que ce n'est pas possible. Mais les grandes personnes réputées raisonnables trépignant, tapant des pieds pour obtenir satisfaction dans leurs désirs sont loin d'être rares dans cette société où devenir adulte est considéré comme la plaie ultime.

 

Celui-ci se doit de se vautrer dans une nostalgie mal placée, d'avoir le curseur de son âge mental bloqué sur ses quinze ans, voire moins. Et il fait un parent tellement cool, tellement décontracté en jouant pour le père à la console vidéo avec son fils, en fumant un "pétard"' avec lui, en s'habillant pour les mères comme leur fille, jean "skinny" et "feu de plancher", coiffure à la Kim Kardachiant (comment ça, ça ne s'écrit pas comme ça ?). Et c'est toute la société qui suce son pouce assidûment.

 

Il ne faut surtout pas se moquer de cette puérilité assumée, surtout pas la railler. On passe alors pour un grincheux qui n'aime pas les chtits gnenfants, un méchant aigri. Ce qui n'a pas d'importance au bout du compte, cela ne me poussera pas à aller bouder dans un coin...

 

 

Sic Transit Gloria Mundi, Amen

 

Amaury - Grandgil

 

illustration empruntée ici

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