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Le meilleur ennemi de Macron

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Lors d'une rencontre chez Pierre Mauroy dans les années 70 son épouse avait lancé à mon grand-père qui s'étonnait du luxe déployé chez cet homme prétendument de gauche que « la politique est une comédie et qu'il s'agit de bien la jouer ». Chacun a son emploi de comédie. On y trouve des Géronte ridicules, des petits marquis, des séductrices, des matamores, des larbins rusés. Et ainsi la farce que l'on joue sous nos yeux perdure, et la bourgeoisie arrivée au pouvoir il y a un peu plus de deux-cent ans en conserve les rênes.

 

Depuis le début de la Vème République en 1958, les présidents de la République, les politiques se prétendant plus républicains que les autres ont leur « meilleur ennemi » qui les met en valeur, leur « Goldstein », du nom de l'adversaire politique imaginaire du système dans « 1984 ». A partir de Mitterrand deuxième époque, c'était le Jean-Marie Pen et le FN. Sa fille Marine lui a succédé ensuite dans le rôle d'épouvantail utile, les repoussoirs des hommes et femmes de progrès se partageant le pouvoir.

Leur mouvement honni a permis de parquer les mécontents issus de la France périphérique, de les mépriser encore un peu plus. Que des ploucs, des « beaufs », des franchouillards en plus xénophobes ! La dédiabolisation ne pouvait rien donner car le FN quels que soient les nouveaux noms que l'on pourrait lui trouver conserve toujours et encore son aura sulfureuse même pour ses électeurs. La chape de plomb idéologique et le présent perpétuel politique dans lequel nous vivons depuis la Libération ont fait leur œuvre.

 

Avec Emmanuel Macron et son mouvement de disciples ni de droite ni de gauche bien au contraire les choses sont plus simples. Les politiques dits « républicains », dits progressistes, ne se donnent plus la peine de jouer la comédie. La droite et la gauche sont ensemble. Cependant, le nouveau président auto proclamé jupitérien a encore besoin d'un « meilleur ennemi » qui est pour lui Jean-Luc Mélenchon, Marine le Pen s'étant ridiculisée au débat d'entre les deux tours. Si elle a eu un score si décevant ce n'est que de sa responsabilité.

 

Les Républicains et ce qui reste du PS ont à peu près la même vision des choses excepté les « hamonistes » (« nesques », « niens »?...). La droite très à droite retombe dans les défauts qu'elle a toujours eues qui sont de se bagarrer entre groupuscules divers et variés tous persuadés d'avoir la seule bonne parole, tous persuadés d'être les prochains sauveteurs de la France, tous noyautés au dernier degré par la DCRI (ex-RG).

 

Mélenchon a pour lui d'être un excellent tribun, un orateur hors pair doté d'une solide culture classique. Cela fait aussi un très « bon client » pour les journaux télévisés, les chaînes d'info en continu. C'est aussi une grande gueule qui n'hésite pas à envoyer promener les journalistes et jouer la comédie de l'anti-système, système auquel il est parfaitement intégré. Quand il s'agit de revenir bien sagement dans les rails de la pensée unique, il obtempère sans trop de problèmes de conscience. Il peut prétendre alors qu'il s'agit de faire obstacle au fascisme ou que sais-je encore ?

 

Il n'a aucun moyen de peser réellement sur la politique ultra-libérale de Macron. Mais il peut en laisser l'illustion. Et il permet aussi à toute une classe de la petite et moyenne bourgeoisie, issue pour la plupart de la fonction publique, de se percevoir encore de gauche. Ce qu'ils ne sont pas dans les faits et leur comportement économique. Je me souviens de ces participants à un défilé contre la réforme des retraites il y a quelques années. Ils avaient tous déjà des fonds de pension. Ils étaient de gauche voire révolutionnaires mais pas fous non plus. Pour la plupart, être bourgeois était juste un sentiment et non une situation matérielle objective.

 

Mélenchon embraye toujours rapidement sur les pièges médiatiques tendus par Macron, les écrans de fumée dressés pour faire oublier la casse sociale....

 

...Et le pire est que ça fonctionne à plein.

 

Sic Transit Gloria Mundi, Amen

 

Amaury – Grandgil

 

illustration empruntée ici

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