Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Masochisme télévisuel de droite

Imprimer Pin it!

télévision, ruquier, société, on n'est pas couché, amaury watremez

Aussi sur Agoravox

 

Chaque lundi depuis quelques années, c'est la même sérénade, sur les sites dits de droite, et, ou "réacs" on commente à qui mieux mieux "On n'est pas couché" de Laurent Ruquier. Comme si finalement il était urgent et indispensable de lui faire de la publicité. Je ne comprends pas ces réactions. Il y a quelque chose de beaucoup plus simple à faire. Il suffirait de ne pas regarder voire d'éteindre carrément sa télévision pour, je ne sais pas, lire par exemple, ou discuter en famille. Je ne saisis pas non plus l'intérêt de regarder cette purge très bien-pensante un peu plus intéressante cependant quand il y avait Zemmour et Naulleau.

 

Les invités à l'époque ne pouvaient se contenter de faire simplement leur promo la bouche en cœur. Ils devaient faire un effort d'argumentation supplémentaire, ils leurs arrivaient même de souffrir un peu. Et les politiques comme les éditorialistes dans les rails avaient à aller plus loin que leurs éléments de langage tout préparés. C'était déjà ça. En dehors de ça, c'était quand même une émission de télévision standardisée. Et avant d'entendre Zemmour ou Naulleau il fallait quand même se payer les blagues de Ruquier ou les saintes colères de l'un ou l'autre gardien du temple.

 

Le système avait toujours le dernier mot...

 

Nos râleurs de droite se justifient en arguant qu'il faut connaître ce que l'adversaire a à dire pour pouvoir le critiquer. Mais il n'y a pas besoin de regarder "On n'est pas couché" pour cela. Il suffirait de se construire un discours politique et un raisonnement personnel  rigoureux, de se documenter. Et le net permet de se documenter à des sources indépendantes sans avoir l'utilité de se coller devant les émissions plus "officielles". Sans parler aussi de toutes les bibliothèques gratuites que l'on peut trouver dans tous les centres des villes.

 

Ce discours millimétré, ces éléments de langage maintes et maintes fois rebattus, on les entend depuis 1945, année ayant vu le début du présent politique perpétuel dans lequel nous vivons depuis et ses corollaires bien connus :

 

Le ressassement continuel de la mauvaise mémoire de l'histoire de France, bien insister sur le plus douloureux, sur la responsabilité de la toute la nation, bien marteler tout cela...

 

L'antiracisme de pacotille, de pacotille car jamais les privilégiés le balançant ne supporteraient la mixité sociale qu'ils appellent de leurs vœux pour les autres...

 

Les bons sentiments sur toutes les "communautés" de ce pays auquel il est intimé de ne plus être une nation ou un peuple...

 

Mais bien sûr, vous pouvez continuer à regarder la politique à la télévision, mais il ne faudra pas vous plaindre ensuite.

 

Sic Transit Gloria Mundi, Amen

 

Amaury - Grandgil

 

illustration empruntée ici

 

la télévision selon Desproges

"La télévision, d’Etat ou pas, c’est quand Lubitsch, Mozart, René Char, Reiser, ou n’importe quoi d’autre qu’on puisse soupçonner d’intelligence, sont reportés à la minuit pour que la majorité puisse s’émerveiller dès 20 heures 30, en rotant son fromage du soir, sur le spectacle irréel d’un béat trentenaire figé dans un sourire définitif de figue éclatée, et offrant des automobiles clé en main à des pauvresses arthritiques sans défense et dépourvues de permis de conduire."

 

Fonds de tiroir / Éditions du Seuil, Points

Commentaires