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L'unique rideau de fer

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«Le vrai rideau de fer c'est entre riches et les miteux… les questions d'idées sont vétilles entre égales fortunes…»

Louis-Ferdinand Céline

 

politique, société, Céline polémique, hypocrisie, amaury watremezCéline le disait, les différences idéologiques entre les personnes sont des vétilles, sans réelle importance. Mais Céline était un méchant, un salaud de misanthrope. Lui plaçait la différence entre les « miteux et les riches », entre les pauvres, les précaires et les privilégiés. Le salaud de pauvre est toujours forcément un salaud de socialiste, un révolutionnaire le couteau entre les dents, toujours de gauche du moins aux yeux des riches. Il veut plus d'argent, plus d'égalité. Il veut un partage plus équitable des richesses cet ingrat.

 

C'est tout ce qui l'intéresse ce matérialiste dogmatique.

Parfois il existe bien de ces semblables souffrant d'une obséquiosité envahissante. Ceux-là aimeraient bien être de ces riches, avoir tout ce qu'il faut pour consommer sans consumer. Il pense qu'en se comportant en valet il obtiendra tout ce qu'il veut. Il se met au service d'un maître sans se poser trop de questions. Parfois les privilégiés, les vrais maîtres de cette société le récompensent. Ils le cooptent le laissant croire qu'il devient l'un des leurs. Mais il ne sera toujours qu'une pièce rapportée qu'on laissera tomber s'il est moins révérant à un moment ou l'autre.

 

Ou qu'il fait une bêtise, ou qu'il en dit une...

 

Il peut prétendre alors avoir des convictions de gauche, des convictions progressistes pour se disculper de son égoïsme viscéral. Il prétendra alors souvent que le fait d'être un privilégié est un « sentiment » et non une situation objective copiant en cela les autres favorisés persuadés que leur mode de vie libertaire fait d'eux des modèles d'hédonisme libérés et non des gougnafiers ne songeant qu'à se rouler dans leur bauge.

 

Qu'ils jouent la comédie du poète maudit dans une soupente à 2000 Euros de loyer mensuel, de Kerouac du pauvre en « Clarks »® à un demi SMIC la paire ou le peintre sans concessions, le révolutionnaire à queue de cheval et calvitie apparente, du dandy de prisunic draguant la minette post-pubère en « boîte »....

 

...Il adorera jouer la farce de la polémique entre égaux cependant, il fait semblant de s'écharper -politiquement- avec ses semblables pour ensuite discuter de leurs derniers investissements immobiliers.

 

Le riche est forcément libéral et conservateur quand il cesse de jouer la comédie, de prendre la pose. Quand il s'agit d'argent, il s'agit de ne surtout pas rigoler. Il est alors très conservateur, d'un conservatisme exacerbé. Il ne se prend plus pour un rebelle rimbaldien, un révolté contre le système continuant cependant à bénéficier des avantages de sa classe sociale, le magot et les réseaux en particulier. Après il pourra toujours accrocher une banderole pleine d'intentions généreuses de son loft au-dessus de la place de la République à Paris...

 

Il existe sans doute dans l'une ou l'autre catégorie des personnes sincères ayant des convictions qui sont construites indépendamment de leur avidité ou de leur âpreté au gain. Il me semble personnellement qu'elles sont rarissimes et d'autant plus précieuses.

 

Sic Transit Gloria Mundi, Amen

 

Amaury – Grandgil

 

illustration empruntée ici

 

Dessin de Daumier

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