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Vision de l'utopie multiculturaliste

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patis, non lieu, gentryfication, sociétémez, politique, amaury watreAussi sur Agoravox

 

Si l'on veut avoir sans se fatiguer une vision claire de l'utopie multiculturaliste, de l'utopie post-moderne, il ne faut pas aller chercher bien loin, pas besoin de prendre de la drogue ou de s'infliger la lecture de tel ou tel apôtre de la fin heureuse des nations et de l'histoire. Il suffit d'aller faire un tour à l'esplanade de la Bibliothèque Nationale de France et dans les rues adjacentes comme je l'ai fait hier. Pour moi ce fut comme une vision de l'enfer, un Hadès moderne, confortable, peuplé de gens riches, un enfer climatisé et aseptisé nettoyé tous les matins.

 

Seuls, trois ou quatre sans-abri à l'orée du métro semblent encore vivants...

 

Au pied des bâtiments ultra-modernes, glacés, froids, y compris ceux couverts d'un peu de verdure, toutes les nations, toutes les couleurs de peau se mélangent dans un « grand tout » indifférencié. Tous sont complètement et parfaitement indifférents aux autres il est vrai. Se regarder, se parler c'est presque une agression, la différence reste une agression bien pire qu'auparavant. Ils ont tous les yeux rivés au gadget électronique, ou regardent devant eux l'air vague, un sourire béat et plus ou moins flou sur le visage.

Leurs crânes vides oscillent en chœur au rythme de la musique qui sort de leurs écouteurs perpétuellement vissés aux oreilles.

 

Les hommes sont tous des « adulescents », en short et casquette, avec le « t-shirt » « vintage ». Les femmes même la quarantaine bien passée s'habillent comme les gamines à peine pubères à savoir un micro short ras des fesses, voire les découvrant à moitié. Pour certaines c'était la fête à la peau d'orange coquines et aux varices malicieuses, mais l'essentiel était là, elles portaient ce qu'il fallait. Ce n'était même pas pour plaire ou séduire, le sexe n'a rien à voir là-dedans, on a même le sentiment qu'il devient une sorte de masturbation synchrone sans altérité.

 

L'indifférenciation est aussi dans le « genre » justement. On ne distingue plus vraiment les hommes des femmes et parfois celles-ci sont plus « viriles » que leurs compagnons métrosexuels, ce qui n'a rien à voir avec le raffinement ou la délicatesse.

 

Il n'y aucune fraternité entre eux, aucune âme non plus, aucune convivialité. Les lieux dits de plaisir sont des cafés ripolinés, amélipoulinisés. L'on y sert de l'alimentation censée être pour tous les goûts, de la « junk food » dans des « food trucks », de la bouffe réputée plus saine pour consommateurs responsables et citoyens. Il y a même un pseudo-bistrot parisien à l'ancienne (avec la Wifi bien sûr), les bonnes chaises, les nappes à carreaux rouges et blancs, les miroirs aux murs, les tables rondes. ...

 

...Mais pas l'esprit qui s'est perdu.

 

Les gens s'assoient toujours en prenant soin de n'avoir d'autres personnes à côté d'eux que s'ils y sont obligés.

 

Hommes et femmes, garçons et filles, jeunes et moins jeunes, sont tous plus ou moins habillés de la même manière, selon les mêmes injonctions de la télévision, de la publicité ou des « séries » à la mode. Sans doute leur apparente béatitude, celle du troupeau, est engendrée ainsi. En les voyant je me rappelle des habitants du « meilleur des mondes » d'Huxley, des citoyens tous pareils de la société de « Un bonheur insoutenable » d'Ira Levin et bien entendu de « 1984 » d'Orwell. Ces auteurs étaient convaincus que pour que l'on impose un tel cauchemar il fallait des circonstances exceptionnels, un traumatisme.

 

Il ne fût même pas nécessaire.

 

Et les « non-lieux » de s'agrandir, de métastaser partout dans Paris. Bientôt, la « Samaritaine » revue à l'aune de cette prétendue utopie rouvrira ses portes, bien entendu seulement pour les riches...

 

Sic Transit Gloria Mundi, Amen

 

Amaury – Grandgil

 

illustration empruntée ici

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