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Le facteur humain et les catholiques

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Ces « cathos » dont des jeunes prêtres qui se demandent régulièrement dans leurs homélies dominicales avec gravité et componction et avec leurs équipes liturgiques durant toute l'année :

 

Foi, catholicisme, société, politique, religions, église, paroissiens, 15 août, amaury watremez« Mais comment se fait-il que les gens désertent les églises » ne se voient donc pas à la sortie des messes ?

 

Les gosses et les parents en « Cyrillus » (TL°), les shorts pastel rouge, rose et vert des pères en été, page 46 du catalogue printemps/été, les robes « trapèze » des mères, page 54 du catalogue, les groupes de conversation automatiquement selon la spécialité médicale ou juridique du mari, les épouses objectivement « de décoration », les vieux gars et vieilles filles de service que parfois l'on honore d'un -bref- bonjour, bref parce que c'est déjà pas mal n'est-ce pas...

Parfois l'un ou l'autre est célibataire sera considéré comme teeellement dynamique car il anime les chants, qu'il fait un peu de catéchisme voire d'accueil à l'entrée de l'église croyant ainsi montrer qu'il, qu'elle, est quand même utile à la communauté.

 

Non vraiment on se demande pourquoi les gens ne vont plus à la messe...

 

Tous ces milieux adorent se retrouver entre eux pendant de grands rassemblements toujours un peu trop sur-affectifs, on pleurniche puis on oublie, on se tient par la main mais on s'empresse de la lâcher assez vite. C'est aussi une manière de se protéger contre la persécution « blanche » que les chrétiens subissent de plus en plus. Qu'ils se disent réacs, tradis, progressistes et révolutionnaires ils sont tous mis dans le même bain des salauds fanatiques...

 

Bien sûr il y a quelques exceptions, bien sûr. Elles sont souvent montées en épingle dans les médias chrétiens, mais ce ne sont que des exceptions. Je suis même certain également que la plupart de ces paroissiens ne se rendent pas compte de l'image qu'ils donnent d'eux en particulier et des catholiques en général. Ils sont sincères dans leur foi, pleins de bonnes intentions mais ne sont pas toujours lucides. Il y a de loin en loin quelques paroissiens disons « alibis », d'un milieu moins favorisé ou d'une autre origine, mais qui sont loins d'être nombreux...

 

Pour justifier cette désertification les croyants évoquent et avec raison la crise spirituelle, la crise morale que traversent notre société. Ils parlent de la perte des valeurs communes, de la fin des repères et là aussi c'est pertinent mais ils oublient toujours le plus important. Le Christ s'est incarné, il s'est fait homme et non un pur esprit. Cela a un sens et devrait encourager les catholiques à plus d'humanité sans chercher pour autant la perfection mais en faisant un effort pour que l'humain en nous progresse ne serait-ce qu'un petit peu.

 

La Foi a besoin de s'incarner dans des petits gestes, des petites choses, des petites convivialités, le tout paraissant insignifiant, mais qui sont des actes indispensables pour aller véritablement vers les autres. Ce n'est pas entièrement de la faute des catholiques, ils sont de leur monde, d'une société complètement atomisée. Ils sont parfois tout aussi perdus que les autres et uniquement tournés vers l'argent et la recherche effrénée d'un plaisir illusoire ou d'une image flatteuse.

 

Je pense aussi à cette femme musulmane. Après des semaines passées à méditer et prier en silence au fond de l'église de sa ville, elle s'était décidée timidement à parler de son désir de conversion au catholicisme avec une dame qui l'emmena voir le prêtre. Celui-ci qui serrait des mains à la sortie de sa messe montra qu'il était visiblement dérangé. Il lança à la dame qu'il fallait appeler le presbytère pendant la semaine et qu'il conviendrait d'un rendez-vous avec elle mais pas tout de suite parce que pour la prochaine quinzaine il était « overbooké » et de retourner serrer des louches aux personnes plus intéressantes à ses yeux.

 

Il serait pourtant plus que temps de se réveiller sur cette humanité qui fait défaut à de trop nombreux paroissiens dans leurs actions. Je n'aurais pas la prétention d'être meilleur qu'eux mais à Jérusalem j'ai compris combien c'est l'humain qui est le plus important, celui qui donne son sens à la Foi chrétienne.

 

Sic Transit Gloria Mundi, Amen

 

Amaury – Grandgil

 

illustration empruntée ici

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