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  • L'hypocrisie et l'amnésie collectives autour des APL

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    APL, CAF, gouvernement Philippe, Emmanuel Macron, politique, société, amaury watremez

    Mon objectif dans ce texte est de défendre le principe des aides sociales aux plus précaires, mais de le faire lucidement. Car ce principe a été dévoyé depuis de très nombreuses années. Et le but est que ces prestations aillent aux plus pauvres et non à ceux qui n'ont aucun besoin...

     

    Le gouvernement diminue de cinq euros les aides personnalisées au logement (voir à ce lien). Cinq euros pour des précaires, cela peut être beaucoup, c'est parfois la limite avec le découvert autorisé et le début des ennuis bancaires. Les moins fortunés sont encore touchés, ceux dont les parents n'ont pas de biens ou de réseau. Ceux qui sont honnêtes aussi, ou ces étudiants ayant besoin de travailler pour payer leurs études, ce qui signifie pour beaucoup l'abandon de celles-ci à plus ou moins long terme généralement, à quelques exceptions notables.

     

    Il est plus simple de dminuer les APL que de tenter de cadrer les loyers des appartements ou des maisons, de réglementer le tout. Certains propriétaires osent louer des placards et les qualifier de « studios » sans aucune vergogne alors qu'ils n'y mettraient pas leur chien. Ils louent ces réduits à des prix d'une amoralité rarement atteinte dans l'histoire et que ce soit en province ou en région parisienne.

     

    Les privilégiés, les anciens comme les nouveaux, n'en ont cure, ça les agace, qu'est-ce que cinq euros pour eux ? (voir la réaction d'une députée LREM à ce lien). Les étudiants ne seraient qu'une corporation de paresseux « mal partis » dans la vie ? En plus à quoi ça sert franchement d'étudier les Lettres ou l'Histoire alors que tous pourraient contribuer à la dynamique du système en intégrant des écoles de commerce ou en créant leurs « start up »...

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  • Les morts-vivants descendus de l'écran

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    cinéma, Georges A Romero, société, horreur, épouvante, EC comics, amaury watremezAussi sur Agoravox

     

    Georges A. Romero est mort il y a une semaine. Il se peut que de ses zombies soient, sortis de l'écran, qu'il y en a un ou plusieurs qui l'ont mordu et qu'il les a rejoint enfin. Peut-être même était-ce à dessein car au fond les morts-vivants les vrais c'est tous les citoyens-consommateurs de notre société aux appétits très étriqués, de plus en plus restreints, aux cerveaux de plus en plus standardisés. Nous sommes pour beaucoup comme les masses apathiques et parfois violentes du film de Romero « Dawn of the dead », « Zombie » en France dans lesquels les morts revenus à la vie se précipitent au centre commercial mécaniquement. Il y eut deux versions du film, une américaine et une européenne montée par Dario Argento et agrémentée d'une musique du groupe « Goblin »...

     

    Il commença sa carrière en tournant des films commerciaux et d'entreprise à Pittsburgh avec les moyens du bord sans connaissance technique particulière, se cultivant sur l'éclairage, le cadre ou l'étalonnage grâce à sa cinéphilie boulimique depuis l'adolescence. Il préférait le cinéma à la vie banale de « teenager » sous Eisenhower, indifférent aux bals de fin d'année, aux rituels scolaires et sociaux. Comme tous les enfants et les adolescents peu doués pour la vie sociale et ses conformismes il adorait tout ce qui lui permettait d'y échapper.

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  • Ces sales menteurs d'écrivains

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    écriture.jpgAussi sur Agoravox

     

    Une jeune fille me l'a confié il y a quelques temps avec beaucoup de sincérité. Elle ne comprenait pas comment on pouvait aimer les livres de fiction alors que les écrivains n'y racontaient pas des choses vraies. Elle, elle aimait les livres n'évoquant que le réel. Qu'une petite comme elle dise cela est on ne plus excusable. C'était dit dans l'idée que les écrivains ne sont que de sales menteurs qui racontent des histoires. C'était prononcé dans un souci d'intégrité candide après avoir dû lire en classe un livre de Ray Bradbury.

     

    Par contre, quand ce sont des adultes réputés raisonnables (Nota Bene : je ne peux rédiger cette phrase sans sombrer dans un fou rire immédiat, la plupart des adultes étant tout sauf raisonnables), majeurs et vaccinés, c'est beaucoup plus insupportable, toujours à la limite du grotesque. Cela relève aussi du complexe culturel, on sait que l'on est inculte donc on se justifie en arguant que de toute manière la fiction n'est que superficialité. Cela montre également que la fiction littéraire, le romanesque sont toujours et encore considérés comme du superflu, de l'inutile, du facile.

     

    On la tolère pour se divertir à la rigueur, mais la fiction présente un risque intolérable. Elle incite le lecteur à se poser des questions sur sa vie, la société, le monde, ses joies, ses tristesses. Elle l'encourage à penser par lui-même après que des auteurs lui ait ouvert des univers entiers sous ses yeux, l'ait fait rêver, imaginer, frémir ou rire.

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  • Treize docteurs ça porte malheur ?

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    télévision, doctor who, gallifrey, treizième docteur, amaury watremezAussi sur Agoravox

     

    La bonne Science-Fiction ce n'est pas comme on le pense trop souvent en France de l'anticipation permettant de prévoir l'avenir et d'éviter les sottises. L'Histoire montre que même en sachant ce qu'il convient d'éviter l'être humain refait toujours et encore les mêmes erreurs. La bonne Science-Fiction, celle qui a le plus d'intérêt parle de nous, de nos problèmes, de notre société, de ses travers les plus criants. C'est le cas de « Doctor Who » qui a toujours été en phase avec l'actualité. Il était logique que ce soit Russel T. Davies, créateur de « Queer as folk » qui la fasse redémarrer. C'est aussi la série relevant de ce genre la plus vieille de la télévision mondiale.

     

    Elle date de 1963. Après une interruption entre 1989 et 2005 elle a repris avec un neuvième docteur car ce nouveau « Doctor Who » ne fut pas un « reboot » mais vraiment une continuation de l'ancienne série.

     

    Le docteur est un « Seigneur du Temps » de la planète Gallifrey, un peuple millénaire mais décadent, figé dans des codes abscons et avide de pouvoir. Dans les premiers épisodes il vole un « Tardis », un vaisseau spatial gallifreyien bien pratique, plus grand à l'intérieur que de l'extérieur, pour s'enfuir vers la terre qu'il visite à toutes les époques essayant de temps en temps de résoudre les problèmes des êtres humains dont leur tendance à se faire envahir par des « aliens » belliqueux.

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  • Les soldats et les oligarques

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    armée,société,général de villiers,emmanuel macron,politiqueAussi sur Agoravox

     

    L'épisode de la démission du général de Villiers suite à un « coup de menton » du jouvenceau présidentiel jupitérien en chef m'a rappelé deux ou trois choses sur l'armée. Je nourris des sentiments contradictoires sur le sujet. En bon « anar de droite », j'en trouvais et en trouve toujours ridicule les rituels demeurant encore, la hiérarchie, le goût pour les « amitiés saines et viriles » de certains militaires. Et le service consistait surtout dans ces dernières années et pour beaucoup d'entre eux à ce que les appelés s'emmerdent dans une caserne de province en tapant le carton autour d'une bouteille.

     

    Mais j'aime ce que l'on appelait il y a peu encore la chose militaire.

     

    Cela m'évoque immédiatement la figure de monsieur B. . Monsieur B. avait été engagé dans l'armée de de Lattre à la fin de la Seconde Guerre à l'âge de quinze ans. Il avait fait l'Indochine, l'Algérie, et l'Afrique. Il avait été de tous les fronts. Il était passionnant à écouter sur la réalité du métier de soldat, loin, bien loin de l'imagerie des films. Il expliquait qu'un combat c'était simple, on discute avec son copain et cinq minutes plus tard le copain pouvait être mort. Il ne mourrait pas les bras en croix dans une expiration dramatique, il tombait comme un sac de ciment par terre.

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  • Le célibataire et les enfants des autres

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    couple chiant.jpgAussi sur Agoravox

     

    Ce qui est curieux dans notre société se prétendant tellement avancée, tellement libre, affranchie de toutes contraintes est que le couple demeure la norme d'airain et le couple AVEC enfants, y compris pour les couples homos le standard inscrit dans le marbre. Se reproduire est le devoir ultime de tout homme. Je me dis souvent que certains ne devraient jamais y être autorisés mais c'est comme ça. Celui qui est tout seul, le vieux garçon, la vieille fille n'est rien. On l'invite s'il plaît encore un peu, s'il a un réseau et un peu d'argent. Il peut aussi avoir son utilité pour rendre service, surtout s'il est solitaire et qu'il a besoin de compagnie.

     

    Finalement les couples ne font preuve que de compassion en lui demandant un peu d'assistance...

     

    Je ne parlerai pas ici des célibataires femmes, les cas de figure sont tellement multiples : laide, jolie, riche, pauvre, sublimant ses frustrations sexuelles ou pas etc...

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  • Martin Landau et la part d'enfance des « babyboomers »

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    cinéma, martin landau, télévision, amaury watremezAussi sur Agoravox

     

    Martin Landau est mort le 16 juillet à l'âge vénérable de 89 ans (voir à ce lien). Ainsi que pour de nombreux « babyboomers » c'est une part d'enfance qui s'en va avec lui. Nous le regardions dans « Mission : Impossible » où jouait aussi sa femme Barbara Bain. Elle était son élève dans son cours de comédie qu'il donnait à Hollywood. Avec eux la série gagnait en complexité et en noirceur avec un zeste de transgression.

     

    Et il était sans doute le meilleur comédien du « show ». Quand ils arrêtèrent de jouer dedans c'était beaucoup moins intéressant.

     

    Nous l'avions suivi dans « Cosmos 1999 » qui passait après l'école. Il s'était exilé avec sa femme en Grande Bretagne y cherchant des premiers rôles. Je m'étonne encore que les censeurs de programmes pour la jeunesse aient laissé certains épisodes légèrement horrifiques être montrés aux enfants qui n'en étaient pas traumatisés. Sans doute considéraient-ils que comme c'était de la Science Fiction, c'était sans grandes conséquences.

     

    Je préfère et de loin « Cosmos 1999 » à « Star Trek » qui sous sa forme télévisuelle m'ennuyait prodigieusement...

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  • Plus jamais de « Vel d'Hiv » ?

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    Vel d'hiv, Emmanuel macron, histoire, politique, mémoire, amaury watremezAussi sur Agoravox

     

    Depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale, deux visions de l'attitude des français durant cette période dominent, une angéliste : les français étaient tous résistants de cœur, une à l'inverse : ils étaient tous collabos. La vérité se situe sans doute entre les deux. Selon Robert Paxton qui écrivit un ouvrage de référence sur Vichy, il semble qu'il n'y ait eu que 100 000 résistants tout au plus et autant de collaborationnistes de conviction. Et quarante millions d'attentistes, quarante millions de personnes songeant surtout à sauver leur peau, quitte pour cela à oublier toutes valeurs morales, toute humanité.

     

    Et parmi eux quelques héros méconnus dont on ne parle jamais. Quand il arrivve que l'un d'eux soit connu, il avoue généralement qu'il ne voit pas d'héroïsme dans ce qu'il a fait, et que cela lui semblait aller de soi. De tels êtres humains sont rares, voire rarissimes...

     

    Il y en eut pendant la rafle du « Vel d'hiv ».

     

    Il y en eut en effet parmi les policiers français pour prévenir les familles juives allant être raflées la veille et leur éviter un sort funeste. Beaucoup ne purent le croire et furent déportées.

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  • Des chercheurs d'or dans Paris

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    Paris, paris souterrain, société, politique, hypocrisie, invisibles, amaury watremezIl y a ceux qui voient Paris comme dans les photos de Robert Doisneau et qui auraient souhaité que rien ne change depuis les années 40 et un pittoresque évoquant une ville n'ayant en somme jamais existé (NB: je n'aime pas du tout Doisneau). Ce Paris là n'était pas des plus agréables non plus, il sentait la pisse des clochards, les odeurs de choux brûlé. On entendait les gueulements des voisins et les moins fortunés pouvaient s'entasser à sept dans une trentaine de mètres carrés.

     

    Il y avait certes des compensations, les milieux se mélangeaient, les parisiens riches et bourgeois, les précaires et le « populo » se croisaient parfois. Les mêmes ne voient qu'un Paris patrimonial, des « vieilles pierres » qui dans la capitale ne le sont pas tant que ça datant pour leur majorité d'Haussmann et dont le but premier était déjà d'éloigner le petit peuple du centre-ville.

     

    Ce à quoi la « bobolisation » arrive tout aussi bien à faire, elle est dans la stricte continuation de l'haussmanisation censée domestiquer ce Paris si turbulent...

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  • Migrants : ce n'est que le début

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    migrants.jpg

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    A gauche, enfin la gauche sociétale, on a depuis longtemps « ses » pauvres attitrés comme les dames patronnesses d'autrefois, ce sont les migrants en général, les musulmans en particulier. Les autres pauvretés, les autres précarités n'existent pas, voire pire encore on les oppose. De toutes façons un pauvre qui ne serait que français, « de souche », est forcément un plouc. Ces migrants, ces musulmans on les aime bien car leur pauvreté est lointaine. Elle est exotique. Elle rappelle ses voyages que l'on a fait en Méditerranée, les rares fois où l'on est sorti de l'hotel pour aller s'acheter une babiole dans les marchés à touristes.

     

    Ainsi, en se paysant quelque colifichet, le bourgeois pédagogue se déculpabilisait. Il n'était pas si égoïste puisqu'il avait fait l'aumône de son temps et de son argent. Depuis quelques années, il rajoute un « selfie » effectué avec l'autochtone afin d'apporter une preuve et de montrer combien il est humaniste.

     

    Un précaire de cet acabit, et moi le premier il ne s'agit pas non plus de nier leur précarité matérielle, est à peine un être humain. Ce n'est qu'une pauvre chose, un pauvre hère sans cervelle et sans cervelle qui ne sert qu'à se donner bonne conscience. Quand il fait preuve de violence ou d'agressivité, cela ne peut pas être sa faute. Jamais. Il sera excusé par la confrontation de sa culture avec la nôtre, par son ignorance, par sa naïveté. S'il violente les femmes c'est par pure candeur, et non par perversité. Et puis ces filles qu'il a parfois brutalisées n'avaient pas besoin de s'habiller aussi court, aussi léger...

     

    C'est ce que l'on entend régulièrement de la part de politiques ou de militantes se prétendant pourtant féministes radicales. C'est encore la faute de l'Occident corrupteur. Il est plus simple pour elles comme pour le bourgeois pédagogue de présenter Mohamed Merah en victime par exemple, victime du racisme, des préjugés, raison pour laquelle il s'est mué en monstre (en ce moment au Festival d'Avignon, voir à ce lien).

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  • Contestataires et oligarques au G20 : la même idéologie ?

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    politique, G20, société, économie, contestation, amaury watremez

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    Dans les fameux « Souvenirs littéraires » de Léon Daudet réédités il y a peu dans une version expurgée des considérations politiques pouvant choquer les chastes oreilles des bourgeois pédagogues, on trouve quelques paragraphes croustillants sur les « anarchistes » de son époque : les vrais et les mondains, les sincères qui finissent mal comme Bonnot et les malins voyant là un bon moyen de piquer de l'argent aux bourgeois en leur promettant le fameux grand soir un de ces quatre matins, en leur procurant quelques frissons.

     

    Léon y remarque quelque chose de très juste, ces contestataires n'ont finalement qu'une vision juste un peu plus radicale que les bourgeois positivistes de la politique mais c'est exactement la même idéologie. Il avait aussi de la sympahie pour Bonnot qui terrifiait tant les nantis positivistes de l'époque qu'ils envoyèrent 300 flics pour l'abattre comme un chien.

     

    Cette idéologie mène directement à la destruction de toute espèce de vie intérieure, de tout ce qui reliaient traditionnellement les êtres humains jusqu'à faire de la société un empilement d’individus coupés non seulement les uns des autres mais aussi de leur milieu naturel. Les anarchistes ne faisaient au fond que réellement appliquer les préceptes des progressistes, des modernistes, pensée dominante au sein de la classe dominante.

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  • La France est une "couguar" BDSM

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    politique, société, emmanuel macron, assemblée, démocratie

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    Que l'on coupe les cheveux en quatre, que l'on se lance dans des calculs d'apothicaire sur les votes exprimés, les bulletins blancs et l'abstention, le fait est là. Que l'on suggère des votes truqués (certains n'ont pas peur du ridicule). Emmanuel Macron a été légalement élu, en grande partie par défaut, après matraquage de multiples sermons sur le risque de retour des z-heures les plus sombres de notre histoire, grâce au "storytelling" sur son couple et son parcours.  Je soupçonne de nombreuses personnes d'avoir voté pour lui car il est "tellement beau"...

     

    Pourtant à l'entendre la France est morte depuis longtemps, ce ne serait plus qu'un "espace". Il se fiche complètement de protéger notre modèle sociale qui préservait les plus précaires des français encore un petit peu. Il a également montré à plusieurs reprises en quelle basse estime il tient ce pays...

     

    Mais la France est un peuple masochiste, elle aime bien que ses dirigeants lui fassent mal. Elle vénère de la droite à la gauche radicale le général De Gaulle qui traitaient les français de "veaux". Certes il n'avait pas entièrement tort .Et  elle adule encore incompréhensiblement la légende de Napoléon qui emmena à la mort une ou deux générations de jeunes hommes de son temps. Et en ce moment, elle boit les paroles d'un type, Emmanuel Macron, pour qui si on n'a pas fait "Normale sup", si on ne s'est pas enrichi à trente ans sur le dos des autres on n'est littéralement "rien" (voir la vidéo à ce lien).

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  • Lieux de plaisirs prolétaires en voie de disparition

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    cafés, précaires, société, politique, art de vivre, moralisation hypocrisie

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    J'aime bien l'ambiance des cafés, particulièrement celle des cafés parisiens. Tous les milieux se mélangeaient, le prolo pouvait croiser le bourgeois. Entre deux commentaires météorologiques ou politiques on fumait un clope ensemble au comptoir. Les petites dames âgées du quartier échangeaient avec les plus jeunes. Bien sûr ce n'était pas idéal mais il existait quelque chose pour relier les couches de la société. Il en reste quelques uns de ces endroits, rades et autres bistrots mais ils sont de moins en moins nombreux.

     

    J'aime bien y écouter les conversations, les mots d'esprit, le parler populaire survivant encore un peu, les formules rapides et incisives, j'ai toujours eu « l'oreille à Toulouse » selon l'expression...

     

    ...Et il est encore mieux d'y participer, de ne pas avoir peur d'en faire trop, de faire un peu de comédie pour s'amuser avec les autres.

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  • Une photo réveillant les vrais clivages

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    Simone Veil, la manif pour tous, IVG, contraception, loi Veil, société, politique, amaury watremez

     

     

     

    Depuis quelques jours circule sur les réseaux sociaux une photo de Simone Veil à « la Manif pour tous » . Je l'ai moi-même relayé et les réactions -diverses- ne se sont pas fait attendre :

     

    Il y a les personnes que cela choque sincèrement, des « purs », car elles se sentent solidaires de la famille de madame Veil pour qui celle-ci était en état de faiblesse à ce moment-là, souffrant d'Alzheimer. Les enfants de la mère de la loi sur l'IVG étaient allés jusque porter plainte pour harcèlement contre entre autres Frigide Barjot. On peut après tous les comprendre, ils avaient le souci de leur mère. Et quand sa mère est malade et fragile il est normal de la protéger.

     

    Il y a aussi ceux beaucoup plus nombreux que cela dérange de voir une de leurs icônes prétendûment libertaires défiler pour une cause qu'ils ne supportent pas. Je me demande ce qu'il en aurait été si madame Veil eût défilé pour une autre cause, plus « acceptable » ?...

     

    On touche ici au coeur d'un des deux ou trois réels clivages profonds agitant ce pays car les clivages sont encore bel et bien présents. Il existe une toute petite classe de nantis (décideurs, politiques, intellectuels, journalistes) profitant de leurs privilèges matériels leur permettant de consommer à haute dose les biens et les personnes tant que cela leur est physiquement possible, et tant que la pharmacopée moderne les y aide. Ils n'entendent absolument pas que cela change, et ne supportent pas que l'on remette en question cette perception. Ils disposent encore de toutes les manettes du pouvoir et n'ont aucun désir de les partager.

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  • Icône libertaire malgré elle

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    simone veil,société,politique,ivg,avortement,amaury watremez

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    Simone Veil, entre autres ministre de la Santé de Giscard, première présidente du Parlement Européen (je ne trouve pas cela forcément glorieux) est morte à 89 ans. Elle est saluée partout surtout pour la loi autorisant l'IVG (ou interruption volontaire de grossesse) en France. Elle est devenue une icône féministe et libertaire bien malgré elle. Comme si tout ce petit milieu ultra-libertaire avait encore besoin de figures tutélaires pour justifier sa conception de la sexualité. Quitte pour cela à simplifier à l’extrême ce qu'exprimait ces figures pour s'en servir d'alibi.

     

    Ce n'est pas elle qui est véritablement en cause dans ce texte mais ce que certains font d'elle, se fichant concrètement de la réalité de sa pensée. On ne peut qu'avoir pourtant du respect pour les horreurs de la déportation qu'elle a subies pendant la Seconde Guerre. Elle en retira « de facto » un grand souci de compassion envers les plus faibles...

     

    L'IVG a fini par devenir un droit alors que le but premier de la loi était surtout d'encadrer des cas particuliers d'avortement afin que les femmes et jeunes femmes, des adolescentes pauvres en particulier puissent le faire sans risquer de mourir sous les aiguilles des « faiseuses d'anges ». Pour celles de « bonnes » familles, elles partaient quelques mois se reposer en Suisse ou en Grande Bretagne. C'était une loi de compassion pour des personnes en souffrance et risquant de tout y perdre. Elle a toujours craint sa banalisation. Cela devait rester l'exception ainsi qu'elle le rappelait dans son discours du 26 novembre 1974.

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