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Treize docteurs ça porte malheur ?

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La bonne Science-Fiction ce n'est pas comme on le pense trop souvent en France de l'anticipation permettant de prévoir l'avenir et d'éviter les sottises. L'Histoire montre que même en sachant ce qu'il convient d'éviter l'être humain refait toujours et encore les mêmes erreurs. La bonne Science-Fiction, celle qui a le plus d'intérêt parle de nous, de nos problèmes, de notre société, de ses travers les plus criants. C'est le cas de « Doctor Who » qui a toujours été en phase avec l'actualité. Il était logique que ce soit Russel T. Davies, créateur de « Queer as folk » qui la fasse redémarrer. C'est aussi la série relevant de ce genre la plus vieille de la télévision mondiale.

 

Elle date de 1963. Après une interruption entre 1989 et 2005 elle a repris avec un neuvième docteur car ce nouveau « Doctor Who » ne fut pas un « reboot » mais vraiment une continuation de l'ancienne série.

 

Le docteur est un « Seigneur du Temps » de la planète Gallifrey, un peuple millénaire mais décadent, figé dans des codes abscons et avide de pouvoir. Dans les premiers épisodes il vole un « Tardis », un vaisseau spatial gallifreyien bien pratique, plus grand à l'intérieur que de l'extérieur, pour s'enfuir vers la terre qu'il visite à toutes les époques essayant de temps en temps de résoudre les problèmes des êtres humains dont leur tendance à se faire envahir par des « aliens » belliqueux.

Il est caustique, vif, drôle, ne supporte pas la sottise. Il n'emploie jamais d'armes à feu, à deux trois exceptions près, avec Colin Baker et David Tennant. Il a deux-mille ans...

 

Il s'oppose régulièrement aux Daleks, des mutants tentaculaires réfugiés dans des armures robotisés, et aux Cybermen, des êtres humains ayant remplacé une bonne part de leur corps par des parties mécaniques, voire à d'autres Seigneurs du Temps que ce soit le Maître, mégalomane suave et cruel, ou la Rani, spécialiste en biologie et expérimentations amorales sur sujets vivants.

 

« Doctor Who » fait actuellement parler de lui à cause du choix du nouveau « showrunner » de faire du docteur une femme incarnée par Jodie Whittaker, actrice dans « Broadchurch ». Elle devient ainsi la treizième régénération du docteur : en effet quand l'acteur principal veut quitter la série le docteur se « régénère » en un autre interprète. Pratique. La régénération est devenue très vite un ressort dramatique important de « Docteur Who ». Des féministes ainsi que des journalistes de gauche s'en sont extasiés découvrant l'histoire de la série dont ils n'avaient pas et n'ont toujours pas vu un épisode. D'autres parmi les fans de base et quelques geeks s'en sont émus exprimant leur colère sur les réseaux dits sociaux.

 

Ils oublient que « The Doctor » en anglais est neutre, cela peut donc être une comédienne sans problèmes.

 

« Doctor Who » a eu dans sa première partie mais aussi dans la deuxième à souffrir parfois d'effets spéciaux un peu « cheap » et de monstres en papier mâché. Mais qu'importe, les intrigues étant de qualité, le spectateur oublie tout cela. Qu'importe si le plasmavore (un vampire spatial) aspire le sang de ses victimes avec une paille ! Qu'importe si les extra-terrestres déguisés en professeurs d'école anglais privée malfaisants dans un autre épisode soient représentés en images de synthèse qui ne tiennent plus la route en 2017 ! Cela s'est d'ailleurs largement amélioré avec le dixième docteur, David Tennant.

 

Russel T. Davies eut l'intelligence de laisser de côté une bonne partie de la « mythologie » autour du docteur et de ne pas s'inquiéter des pinaillages des fans. Steven Moffat, ce fut parfois son défaut, le producteur éxécutif suivant, eut cette tentation ce qui rendit certains de ses épisodes incompréhensibles pour qui n'avait pas vu la série depuis 1963 en continu. Le spectateur se perdait un peu aussi dans des intrigues bien ficelées mais un peu tordues en « eeney weeney » (méli mélo) intergalactique et temporel.

 

Il est possible que Chris Chibnall, le nouveau « showrunner », habitué de séries policières plus sombres, instille un ton plus adulte et plus réaliste. Encore que dans le cas de « Doctor Who », le « Tardis » en lui-même n'est rien de tel, ce qui n'a d'ailleurs aucune importance.

 

Sic Transit Gloria Mundi, Amen

 

Amaury – Grandgil

 

illustration empruntée ici

 

 

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