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Les soldats et les oligarques

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L'épisode de la démission du général de Villiers suite à un « coup de menton » du jouvenceau présidentiel jupitérien en chef m'a rappelé deux ou trois choses sur l'armée. Je nourris des sentiments contradictoires sur le sujet. En bon « anar de droite », j'en trouvais et en trouve toujours ridicule les rituels demeurant encore, la hiérarchie, le goût pour les « amitiés saines et viriles » de certains militaires. Et le service consistait surtout dans ces dernières années et pour beaucoup d'entre eux à ce que les appelés s'emmerdent dans une caserne de province en tapant le carton autour d'une bouteille.

 

Mais j'aime ce que l'on appelait il y a peu encore la chose militaire.

 

Cela m'évoque immédiatement la figure de monsieur B. . Monsieur B. avait été engagé dans l'armée de de Lattre à la fin de la Seconde Guerre à l'âge de quinze ans. Il avait fait l'Indochine, l'Algérie, et l'Afrique. Il avait été de tous les fronts. Il était passionnant à écouter sur la réalité du métier de soldat, loin, bien loin de l'imagerie des films. Il expliquait qu'un combat c'était simple, on discute avec son copain et cinq minutes plus tard le copain pouvait être mort. Il ne mourrait pas les bras en croix dans une expiration dramatique, il tombait comme un sac de ciment par terre.

Et pourtant, il s'était dévoué sans compter pour son pays. Arrivé à l'âge de la retraite il attendait un peu de gratitude et d'être promu à un grade lui permettant de bien terminer sa carrière. Ce fut un jeune pignouf qui fut promu. Ledit pignouf avait fait une grande école, n'avait jamais combattu, jamais été d'active. Il avait eu sa promotion en bûch ant comme pour une entrée en « prépa ». Sortant d'un « bon » milieu il estimait également sans doute être plus légitime qu'un « prolo » comme monsieur B. n'ayant même pas le bac.

 

Celui-ci jeta tout ce qu'il avait conservé, uniforme compris, ne conservant que ses « Rangers » bien utiles pour la marche.

 

Nous avions déjà changé d'époque, et celle-ci ne pouvait déjà plus saisir clairement ce qu'est l'esprit de sacrifice pour les autres. Et cela monsieur B. ne l'avait pas assimilé. C'était le début du triomphe des oligarques. Et encore en 2017, de ces gosses du peuple, de ces petites gens engagés par amour de la patrie puis abandonnés ensuite on en trouve encore quelques uns.

 

Ils sont toujours sacrifiés au nom de la paix qui serait dorénavant universelle, se désarmer la favoriserait, on a du mal à comprendre comment ? Et il faut dire aussi que des idéaux comme l'esprit de sacrifice dans une société comme la nôtre, ça gêne, ça culpabilise, c'est donc insupportable...

 

Je me souviens également de ce débat dans une émission de Dechavanne entre le professeur Choron (voir la vidéo ci-dessous), venu en « para », ce qu'il avait été authentiquement, et un de ces « bons élèves » sur l'armée. Face à Choron le petit jouvenceau pérorait sur la nécessité des « classes » et j'en passe et des meilleurs, mais, attention, pour les autres, pour la piétaille car lui bien entendu n'avait pas fait son service. Je me demande si ce n'était pas Eric Ciotti. Il était de l'élite, il n'en avait pas besoin. Comme il avait une carrure d'ablète, il portait une veste à épaulettes lui donnant une carrure de lutteur ridicule, d'autant plus grotesque que les épaulettes se soulevaient à chacun de ces gestes révélant la tricherie.

 

Ces oligarques méprisaient les soldats, les méprisent toujours. Un soldat n'a pas leur cursus universitaire. Un soldat n'a pas leur culture ni leurs réseaux. Et pire encore un soldat quand il pense à sa carrière y songe aussi dans une optique de service pour l'ensemble de la Nation. L'oligarque rigole, la carrrière c'est d'abord pour soi et rien que pour soi. Quand d'aventure il n'arrivait pas à échapper à ses obligations citoyennes, il adorait la discipline et la hiérarchie, les grades, le sien surtout. Se faire saluer par des « beaufs » cela l'aurait presque excité. L'oligarque aime ça l'autoritarisme, les coups de menton.

 

Il se trouvera toujours hélas des larbins pour aimer se faire dominer mais aussi des esprits libres pour lui tendre un miroir.

 

Sic Transit Gloria Mundi, Amen

 

Amaury – Grandgil

 

illustration (soldats de l'armée de De Lattre)

empruntée ic

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