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Martin Landau et la part d'enfance des « babyboomers »

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Martin Landau est mort le 16 juillet à l'âge vénérable de 89 ans (voir à ce lien). Ainsi que pour de nombreux « babyboomers » c'est une part d'enfance qui s'en va avec lui. Nous le regardions dans « Mission : Impossible » où jouait aussi sa femme Barbara Bain. Elle était son élève dans son cours de comédie qu'il donnait à Hollywood. Avec eux la série gagnait en complexité et en noirceur avec un zeste de transgression.

 

Et il était sans doute le meilleur comédien du « show ». Quand ils arrêtèrent de jouer dedans c'était beaucoup moins intéressant.

 

Nous l'avions suivi dans « Cosmos 1999 » qui passait après l'école. Il s'était exilé avec sa femme en Grande Bretagne y cherchant des premiers rôles. Je m'étonne encore que les censeurs de programmes pour la jeunesse aient laissé certains épisodes légèrement horrifiques être montrés aux enfants qui n'en étaient pas traumatisés. Sans doute considéraient-ils que comme c'était de la Science Fiction, c'était sans grandes conséquences.

 

Je préfère et de loin « Cosmos 1999 » à « Star Trek » qui sous sa forme télévisuelle m'ennuyait prodigieusement...

C'était l'époque où les héros portaient des sous-pulls en acrylique marron ou orange sans que personne n'y trouve à redire. Les enfants goûtaient de chocolat « Poulain » et allaient jouer en bas de chez eux juste après avoir vu le commandant Koenig tenter vainement d'abattre avec son laser un zombie horriblement défiguré se nourrissant selon lui et le docteur Russel, Barbara Bain, de « l'énergie vitale » des êtres humains.

 

Moi je trouvais que le commandant Koenig ressemblait à un de mes oncles, grand mince, brun, portant des « pattes d'eph » et des pantalons taille basse en tergal. Il faut dire que les petits écrans des « communicateurs » de la base lunaire ressemblaient au téléviseur de cet oncle. Il avait aussi la même coiffure.

 

On peut avoir envie d'être bloqué dans la nostalgie des années 70, la nostalgie d'une période moins cynique...

 

Après les tribulations de la base lunaire Alpha on le retrouva très souvent en méchant cauteleux et redoutable dans de très nombreux épisodes des séries américaines populaires de l'époque, des plus avouables jusqu'au moins honorables. Il était par exemple un néo-nazi souhaitant créer une nouvelle humanité à l'image de Steve Austin dans « l'homme qui valait trois milliards ». Il est aussi un des assassins mondains sûr de lui dans un épisode de « Columbo » où il incarne des jumeaux. Et puis petit à petit on le voyait de moins en moins. De temps en temps à peine faisait-il un « caméo » à la télévision ou dans un film d'horreur « d'exploitation » dont le réjouissant « Terreur extraterrestre ».

 

Tout le monde semblait avoir oublié qu'il avait quand même tournée pour Hitchcock dans « North by northwest » (« la mort aux trousses ») et dans le « Cléopâtre » de Mankiewicz avec Elisabeth Taylor. Chez Hitchcock il faisait pourtant merveille en homme de main suave, cruel et sans pitié de James Mason. Il en avait fait un homosexuel dont il était suggéré qu'il était amoureux de son patron.

 

Grâce à Tim Burton qui connaissait bien son parcours, y compris celui que les cinéphiles distingués méprisent, le choisit pour incarner Bela Lugosi dans « Ed Wood » hymne au cinéma, à tous ces fous de vrai cinoche qui parfois ont moins de moyens que les autres. Il était aussi dans « Crimes et délits » de Woody Allen. Il commençait à retrouver la « carte »...

 

...On le rangea alors parmi les acteurs légendaires oubliant sa filmographie conséquente. Il est plus intéressant pourtant d'éviter aux films ou aux séries, quand elles sont bonnes, de prendre la poussière...

 

Sic Transit Gloria Mundi, Amen

 

Amaury – Grandgil

 

illustration empruntée ici

 

Ci-dessous bande-annonce de Ed Wood, « La mort aux trousses » et le générique de « Cosmos 1999 »

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