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Contestataires et oligarques au G20 : la même idéologie ?

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Dans les fameux « Souvenirs littéraires » de Léon Daudet réédités il y a peu dans une version expurgée des considérations politiques pouvant choquer les chastes oreilles des bourgeois pédagogues, on trouve quelques paragraphes croustillants sur les « anarchistes » de son époque : les vrais et les mondains, les sincères qui finissent mal comme Bonnot et les malins voyant là un bon moyen de piquer de l'argent aux bourgeois en leur promettant le fameux grand soir un de ces quatre matins, en leur procurant quelques frissons.

 

Léon y remarque quelque chose de très juste, ces contestataires n'ont finalement qu'une vision juste un peu plus radicale que les bourgeois positivistes de la politique mais c'est exactement la même idéologie. Il avait aussi de la sympahie pour Bonnot qui terrifiait tant les nantis positivistes de l'époque qu'ils envoyèrent 300 flics pour l'abattre comme un chien.

 

Cette idéologie mène directement à la destruction de toute espèce de vie intérieure, de tout ce qui reliaient traditionnellement les êtres humains jusqu'à faire de la société un empilement d’individus coupés non seulement les uns des autres mais aussi de leur milieu naturel. Les anarchistes ne faisaient au fond que réellement appliquer les préceptes des progressistes, des modernistes, pensée dominante au sein de la classe dominante.

Il en est exactement de même pour les « gauchistes », « black blocks », pseudo-contestaires, « zadistes » et autres « autonomes » qui sont allés se rappeler au bon souvenir des oligarques au G20. Ce n'était rien de plus qu'un « monôme » un peu turbulent, un peu plus dur que les autres, faisant partie du grand « Barnum » spectaculaire qui engendre sa propre contestation interne. Ces membres de la caste veulent amener les mêmes changements pour la société, y compris quant à la famille, à l'amour, aux liens humains, mais ils voient ça à plus long terme.

 

Adam Smith, un des théoriciens originels du libéralisme, l'a écrit, la suite logique de la mondialisation dite heureuse c'était ni plus ni moins qu'un autre genre de socialisme utopique valant bien celui de Proudhon...

 

Et bien entendu, ce qui importe surtout aux dirigeants du G20 c'est que leurs vrais maîtres conservent le plus longtemps possible leurs privilèges et par ricochets assurent les leurs.

 

Dans « Cosmopolis », quand le « businessman » personnage principal de l'histoire croise une manifestation de ces « anarchistes » il sait que tout cela fait partie du jeu. Laisser entendre que comme la contradiction est autorisée, même durement, nous vivons dans un monde malgré tout libre. Ensuite il suffit de bien insister sur les « débordements » causés afin de dégouter malgré tout les petits bourgeois désœuvrés qui auraient ensuite des velléités de rébellion de s'y adonner en nombre.

 

C'est très pratique également. Dans une société aussi surveillée que la nôtre, cela permet de compter les mécontents et de les cadrer en leur donnant l'impression d'être toujours à l'avant-garde. Cela permet aussi de les occuper en attendant que lassés ils ne réintègrent leurs milieux d'origine et ne rentrent bien sagement dans les rails pour faire qui de la pub qui du droit international. Comme tout le monde dans leur milieu social, pour se déculpabiliser et par nostalgie ils achèteront « équitable » et mangeront « bio ».

 

Et puis ça détend les policiers de taper sur des fils à papa et des petites filles riches révoltées contre leur Oedipe capitaliste, en rupture de ban...

 

Car ces contestataires sont pour la plupart de bons milieux. Cela ne veut pas dire qu'ils soient moins sincères, moins soucieux de générosité, moins capables d'empathie, mais c'est un fait. Mais ces sont par définition des privilégiés, culpabilisés par leurs richesses, ayant perdu tout repères, essayant d'en retrouver et d'y réacquérir aussi leur propre humanité. Ne leur manque que de couper définitivement avec les idéologies...

 

Sic Transit Gloria Mundi, Amen

 

Amaury – Grandgil

 

illustration empruntée ici

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