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Sur les écrans plats nos vies modernes

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smartphone.jpgAussi sur Agoravox

 

Ma correctrice habituelle m'avait sermonné largement. Je calais tout le temps dans mes articles mon dégoût absolu de l'usage des « smartphones ». Elle était exigeante, quand je me laissais aller à mon « gimmick », je me faisais bien enguirlander. Mais cependant, je crois que de temps en temps, pour résister à la tentation, il est plus simple d'y céder. Je vais me gêner ! dans ce petit texte, je vais en parler en long, en large et en travers. C'est un sujet qui vous préoccupe tous les instants pourtant, il va intéresser les lecteurs. Ou pas.

 

Je lui en demande pardon par avance à ma correctrice et lui dédie les quelques paragraphes suivants...

 

...Et pourtant nous passions des heures au téléphone. Mais elle et moi ce n'était pas pareil que vous.

 

Nous vivons à une époque où les moyens de communication n'ont jamais été aussi nombreux, jamais été aussi efficaces également. Certains se demandent comment on faisait pour vivre sans il y a peine vingt ans. Ce temps où poutr téléphoner il fallait trouver une cabine publique et où l'on ne se réunissait pas virtuellement mais dans un endroit maintenant méconnu par les adolescents qui le méprisent, le dédaignant s'il n'y a pas la « wifi ». C'est le plus important, on paye un « coca » pour trois et on « textotte » et on « essèmesse », et on « maile »...

Les plus jeunes ne se posent d'ailleurs même pas la question, le « smartphone » a toujours fait partie de leur vie, il définit pour les plus « addicts » leur dignité sociale. Et l'appareil est comme greffé à leur paume en attendant de pouvoir en disposer sous la peau vingt-quatre heures sur vingt-quatre.

 

Dans la rue, dans les transports en commun, dans les musées, au cinéma, au théâtre, au concert, c'est automatique, chacun ou presque a les yeux rivés sur son plus ou moins minuscule écran. Dés que l'on se sent incommodé par le regard de l'autre, dés que l'on veut reprendre contenance, on sort nerveusement le téléphone de sa poche tel le « junkie » cherchant sa « dose » nerveusement. Il y a quelques années un sondage affirmait que plus de la moitié des utilisateurs donnant l'impression d'avoir une conversation animée dans la rue faisaient semblant plus ou moins adroitement pour avoir la paix.

 

Qui ne s'est jamais posé la question sur ces petits téléphonistes que l'on croise ?

 

J'oublierai la technique du « SMS » urgent pour éviter toute interaction sociale...

 

Les amoureux ne se parlent plus les yeux dans les yeux, ils s'échangent des photos sur « Instagram » ou « Facebook » et ils s'amusent en regardant des vidéos de petits chatons ou d'ados bourrés. Un peu partout on voit de ces couples n'échangeant que quelques borborygmes d'appréciation ou de dénégation, à peine un mot parfois quand c'est vraiment indispensable, quand il n'y a pas d'alternatives. Voilà qui réduit un peu le « vocabulaire du tendre », et sa carte.

 

La plupart reconnaîssent leur addiction grave au « smartphone » mais eux c'est pas pareil que les autres usagers, eux ils contrôlent même si comme tout le monde ils ne l'éteignent jamais. Ils prétendent qu'ils en ont besoin pour leur travail, ils ont un réseau tellement important que cela nécessite un outil technique de pointe, ou alors l'argument le moins fatiguant, de toutes façons tout le monde en a un. C'est un peu comme les automobilistes parlant des mauvais conducteurs, le mauvais, le pas doué c'est toujours l'autre. C'est comparable également aux fumeurs « accros » au tabac, celui qui est incapable de se libérer c'est encore l'autre fumeur.

 

Je vais devoir couper court à cet article, j'ai une alerte, un « SMS » urgent...

 

Sic Transit Gloria Mundi, Amen

 

Amaury – Grandgil

 

illustration empruntée ici

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