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L'Esprit inspire-t-il le vote catholique ?

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politique, société, christianisme, foi, Emmanuel macron, présidentielles 2017

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Une amie catholique, bonne paroissienne elle, pas comme moi qui n'en ait cure de toutes façons, vient de m'appeler pour me dire combien elle était réjouie que Macron devienne président, "parce qu'il est jeune et que c'est bien que ce soit un jeune", "parce qu'il est beau" (à ses yeux), "parce qu'il va tout changer". Cette amie est chômeuse presque en fin de droits, je n'ai pas voulu l'effrayer mais lui ai rappeler deux ou trois choses. Et cela m'a donné envie de rédiger ce petit entrefilet... 

 

Si on posait la question aux catholiques et qu'on leur demandât de répondre avec franchise et honnêteté ne fût-ce que par correction fraternelle, on est à peu près certains des réponses malheureusement. Ils ne pensent qu'à la Charité, aux plus petits, ils ne songent qu'à protéger les pauvres, qu'à mettre en avant les valeurs évangéliques dont la présence dans notre monde est un nouveau défi. Je connais bien leurs éléments de langage. Ils évoqueraient également les migrants et leur souci d'accueillir ces populations. Et bien entendu, il est de coutume de terminer sur les discours enflammés du pape François tellement super...

 

Tout en sachant que dans les paroisses si quelques familles sont bel et bien hospitalières sans conditions, il est excessivement difficile pour les prêtres d'en trouver pour concrétiser leurs belles intentions. Il y a loin de la jolie théorie à la pratique.

 

A examiner les statistiques du vote catholique aux dernières présidentielles (voir à ce lien les intentions déclarées, voir à cet autre lien les votes aux deux tours d'avril et mai 2017), on imagine en réalité de toutes autres réponses aux questions posées. Les catholiques dans leur ensemble ont voté Macron à 71%, les pratiquants réguliers à 62%. Ont-ils seulement lu son programme ? Car ce qui ressort de tout ça est clair :

 La "Manif pour Tous" ? Une bonne blague, du superficiel !

 

Le souci de la filiation, le respect de la famille ? Des nèfles sans importance !

 

La question de la paupérisation, de la précarisation ? Sans importance aussi !

 

Le reniement de toute transmission de quoi que ce soit analysé en particulier par François-Xavier Bellamy : d'idéaux, de valeurs, de culture, d'histoire ? On s'en fiche !

 

Et je ne parle même pas de leur indifférence évidente envers les personnes les plus exposées aux pseudo réformes sociales de Macron qui relève toutes du désengagement de l'Etat sur la protection des plus faibles. Ou alors ils n'ont pas lu son programme, ou bien plus lamentable ils se comportent en midinettes ainsi que la plupart des représentants de l'"establishment" autour du nouveau président. En clair ils s'en fichent des plus fragiles, des petits...

 

Ou alors ils ont voté comme beaucoup l'affirment contre le racisme et la xénophobie supposés du FN, sur le danger de dictature de la famille le Pen, de privation des libertés. Il faut dire que la plupart des catholiques sont dans la peur panique de déplaire au reste de la société. Ce serait donc des "idiots utiles" si c'est la bonne raison. Et puis le vote FN c'est celui des "classes dangereuses" auxquelles la majorité des catholiques n'appartient pas, ou plus, la plupart faisant partie des CSP ++ à forts revenus.

 

Je les soupçonnerais ceux-là de voter essentiellement et en priorité pour la préservation de leurs intérêts matériels, il est donc bel et bon pour eux que le nouveau président soit celui "des marchés" :

 

"l'Évangile c'est bien gentil mais enfin il y a quand même notre épargne, nos investissements..."

 

Ils se donnent des alibis en participant qui à de grands rassemblements sur-affectifs où tout le monde s'aime en se tenant par la main et où tout le monde s'oublie une fois que c'est terminé, qui à des manifestations politiques. Certains s'engagent même en politique. Ils envoient leurs enfants aux scouts d'Europe, puis à l'aumônerie. Les gosses savent bien et apprennent vite qu'il suffit de jouer la comédie du bon apôtre tout en couchant à droite à gauche et en menant la grande vie comme tous les autres rejetons de bourgeois pédagogues.

 

Je me sens quant à moi un peu comme Barbey d'Aurevilly dans sa correspondance à Trébutien, sans invoquer me concernant partager de son génie. S'il ne supportait pas les bourgeois positivistes, leurs idéologies morticoles, il supportait encore moins les bourgeois catholiques, d'une sottise insondable quand il s'agit pour eux de se soucier de politique. Rien n'a changé.

 

Sic Transit gloria Mundi, Amen

 

Amaury - Grandgil

 

illustration empruntée ici

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