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Mètre-étalon d'altérité

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santé, politique, société, art de vivre, vitiligo, amaury watremezEn matière de hors des normes physiquement parlant, je cumule. Je ne suis certes pas le seul mais cela occasionne des souffrances que l'on méprise un peu trop vite dans notre société. Il faut que la personne dont on se moque ne proteste pas : « c'est de l'humour, rigole ». J'ai trouvé progressivement la meilleure manière de me défendre en apprenant à avoir de la répartie, à être incisif voire caustique. Je me suis construit une cuirasse afin de me protéger, c'est ainsi...

 

J'ai entre autres différences insupportables pour certains adeptes du conformisme un vitiligo comme certaines célébrités. Mais je danse moins bien que Michael Jackson. Je ne suis pas le seul à notre époque. Cela ne fait pas de moi un monstre. Il paraît que c'est de plus en plus courant hélas. On ne sait pas trop d'où vient cette maladie de peau (voir à ce lien), seules ses conséquences en sont réellement connus : la peau se décolore car la mélanine de l'épiderme est progressivement détruite.

 

Ce serait selon l'hypothèse du moment une maladie auto-immune, une réaction psycho-somatique du sujet contre lui-même. C'est souvent ce que les médecins disent quand finalement ils ne savent pas trop diagnostiquer encore.

D'autres évoquaient des champignons microscopiques amateurs de mélanine, d'autres la conséquence de l'utilisation de trop d'additifs dans les savons, shampoings et autres gels douche.

 

Il n'y a pas grand chose à faire excepté des traitements au laser mais l'on n'est même pas certains des résultats.

 

Le vitiligo n'est donc pas contagieux. Sur la peau de la personne en souffrant apparaissent des plaques décolorées même si le sujet va au soleil, qu'il tente de bronzer. Pourtant il a des conséquences profondes sur la vie sociale de la personne l'apparence étant à notre époque le plus important dans l'apréhension d'une personnalité. Quelqu'un en étant affecté est un mètre-étalon quant à mesurer à l'altérité réelle ou l'empathie véritable de son entourage loin des belles déclarations virtuelles ou non, des « Je suis Charlie », des bonnes intentions.

 

Ce que l'on voit de lui révèle leurs préjugés débiles, leurs craintes sans fondement face à l'autre, leur incapacité crasse le plus souvent à dépasser l'enveloppe et les lieux communs leur tenant lieu d'opinions.

 

Quant à moi, j'ai été confronté à des réactions épidermiques, c'est le cas de le dire. Certains m'ont dit malade du SIDA. Des collèges dans mon milieu professionnel, refusaient de me serrer la main. D'autres suggéraient et suggèrent toujours que c'était parce que je me lavais trop les mains. Je devais nécessairement avoir des TOC (troubles obsessionnel compulsifs). Pour d'autres, c'était l'inverse j'étais, je suis, forcément trop sale, d'où les tâches dues sans doute aucun pour eux à la gale ou autre affection inavouable.

 

C'est également révélateur de notre société où sévit le pire darwinisme social, où l'individu se doit d'être le plus performant possible au sein du système quitte à perdre tout ou partie de son humanité. La personne en dehors des standards, de la standardisation des corps et des esprits, est systématiquement mis de côté. Il faudrait surtout que plus personne ne voit sa différence.

 

Sic Transit Gloria Mundi, amen

 

Amaury – Grandgil

 

illustration empruntée ici

 

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