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Les « invisibles » de la campagne présidentielle

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Des personnalités dont Gilbert Montagné, Dominique Farrugia, Philippe Crozon, Grand Corps Malade, ont lancé un appel aux candidats à la Présidentielle pour les interpeller sur l'absence de la question du handicap du débat public. Il me semble que ce n'est pas entièrement la faute des dits candidats si ce problème douloureux si ce problème grave n'est pas abordé mais celle de leurs communicants. Car en France en 2017, comme on dit en termes choisis, ce n'est pas « fédérateur ». Si de temps on pleurniche, on aime les grandes fêtes sur-affectives comme le « Téléthon », le handicap laisse concrètement indifférent.

 

Au mieux.

 

Comment pourrait-il en être autrement dans une société où la différence d'avec les standards physiques, moraux et intellectuels est vécue comme insupportable ? Où les personnes hors normes sont rejetés immanquablement ? Qu'elles soient hors normes d'un point de vue ou d'un autre...

 

Apparemment dans notre société en 2017 beaucoup de choses sont faites pour les handicapés. En surface les progrès sont nombreux :

 

 

Il y a de nombreuses places de parking réservées, très souvent utilisées par des personnes valides qui estiment « qu'il y en a trop ». Combien de fois peut-on entendre ce refrain dans une journée ? Je ne parle même pas de ceux qui -pragmatiques mais immoraux- s'impriment des fausses cartes de handicap afin de se garer n'importe où. Ils savent d'ailleurs qu'ils se conduisent mal, faites le test un jour, il suffit de leur jeter un seul regard qui sera très vite interprété comme désapprobateur et suscitera leur hargne.


Les trottoirs sont dans la plupart des centre-villes aménagés avec des « bateaux » pour les fauteuils roulants et progressivement au sein des institutions sont mises en place des rampes en pente douce afin d'aider les gens pour qui la marche ou la station debout sont pénibles. Dans les gares SNCF, des « gouttières » ont été creusées pour les personnes mal-voyantes et les personnes âgées. Elles sont il est vrai surtout empruntées par tous les autres voyageurs sauf les premiers concernés. S'ils ceux-ci osent seulement élever un embryon de protestation, même timide, ils subissent immédiatement la fureur.

 

Je ne pense pas que là soit la question, dans des actes qui sont déjà posés. Elle est véritablement dans l'absence tangible de projet de société de la plupart des candidats. Un tel projet, des propositions qui ne sont pas seulement des propositions d'actes mais aussi des propositions d'idéaux et de valeurs en commun, une telle chose n'existe plus, à quelques rares exceptions près mais tellement minoritaires. Une bonne partie des candidats ont un point de vue économique, s'inquiètent avant tout de la rentabilité des mesures prises, ou de leur côté « coup de com' ».

 

Et surtout dans une société où le darwinisme social le plus dur est une réalité difficile à vivre pour les plus faibles, les « éclopés », les handicapés sont perçus comme des « inutiles », des insupportables parasites sociaux vivant sur le dos des « maillons de la chaine économique ». Quand il s'agit de faire des économies c'est sur leur dos qu'on les fait en premier. Il n'est pas rare en effet que lorsque des parents aident leur enfant handicapé celui-ci se voit retirer une partie de son allocation d'adulte handicapé, voire qu'il la perde complètement plus tard si quand ses parents disparaissent ils lui laissent un petit pécule pour vivre décemment.

 

On peut parler des nazis dont les rêves humides sont dorénavant exaucés dans les faits au nom de plus d'humanité ce qui est le plus hypocrite. Mais en fait, l'idée est surtout que les handicapés ne devraient plus être une « charge » pour la société.

 

L'eugénisme devient également une autre réalité évidente. La grossesse est non seulement traitée par les institutions comme un « risque » pour les jeunes filles mais il leur est en plus conseillé d'avorter si jamais leur enfant devait naître handicapé, fût-il minuscule voire non « visible ». Le handicap demeure tabou, qu'il soit physique, mental ou psychique, mais la différence est que dans la population on n'ose pas trop le dire même si bien souvent on le pense très fort...

 

Sic Transit Gloria Mundi, Amen

 

Amaury – Grandgil

 

illustration empruntée ici

 

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