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La vieille gauche et la jeune droite

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J'ai de la sympathie pour ces jeunes auteurs de plus en plus nombreux se réclamant de la "Réaction", se réclamant de maîtres de gauche comme de droite. C'est il est vrai déjà courageux en soi à une époque où le cadavre de la gauche bourgeoise pédagogue bouge encore et est encore nuisible et puissant. Il faut bien entendu savoir ce que l'on entend par ce que cela signifie être réactionnaire, et ce n'est pas seulement souhaiter le retour des 'hussards noirs", des instituteurs à manches de lustrine, ou de l'autorité perdue de la République. Ils évoquent une "common decency" selon le terme d'Orwell qui me semble rêvée et idéale, magnifique et utopique ontologiquement.

 

Ils semblent oublier également que l'idée d'un progrès continu est consubstantielle aux idées issues de la Révolution française, que ces idées ont mené  tout à fait logiquement à la crise morale et de Raison que ce pays traverse en ce moment, crise morale où d'autres voient une crise de transition vers une société selon leurs vœux progressistes. La jeune droite n'ose pas d'ailleurs remettre réellement cette Révolution mythifiée en perspective. C'est leur droit le plus strict. Mais réclamer le retour de l'autorité dans la République est déraisonnable puisque cette autorité était en somme une survivance de l'Ancien Régime qui a tout à fait disparu depuis que les dernières scories de la Monarchie se sont évaporées en France.

 

 Ce qui m'étonne toujours c'est l'entêtement de cette "jeune droite" à aller se chercher des cautions de gauche, l'"imprimatur" d'intellectuels qui sont pour certains des gardiens du temple étroits et abscons pour justifier ses idées réactionnaires comme s'ils n'étaient pas encore tout à fait libérés de la gangue idéologique dominante depuis la Libération. On a l'impression qu'ils manquent encore d'un tout petit peu plus d'audace.

 

 Pourquoi chercher même s'il est par ailleurs souvent pertinent sur notre société Jean-Claude Michéa alors qu'il existe déjà des auteurs antilibéraux et antimilitaristes comme Bernanos ou Bloy ?

 

Pourquoi tellement hésiter à se dire de droite ? Avoue-t-on alors une tare honteuse, un secret de famille ? Pourquoi a-t-on besoin de toutes ces protestations à s'affirmer forcément dans la dégoutation de la famille le Pen ?

 

Parmi les auteurs de cette "jeune droite" on a tendance se dire ni de droite ni de gauche, ce qui est un cliché de langage de droite. On veut dépasser les clivages de la droite à la gauche en oubliant une chose, quand on échange avec des personnes de gauche, littérateurs, journalistes, éditorialistes, eux, ils veulent bien que la droite dépasse les clivages mais ils demeurent de gauche et dogmatiques. Loin de moi l'intention ici de les critiquer, ce n'est qu'une constatation facile à vérifier tout au long de l'histoire politique française depuis des décennies. C'est un défaut de jeunesse de la "jeune droite" je suppose, une certaine naïveté encore, un rien de candeur.

 

Cela leur passera quand la vieille gauche cacochyme se contentera de continuer pour quelques années encore en maison de retraite de baver en radotant quelques lieux communs splendides par leur sottise même en attendant le "flamby" de 16h. Enfin il serait bon que cette jeune droite laisse tomber la vieille, encore "louis-philipparde", se prétendant soucieuse des valeurs morales éternelles et envoyant ses gosses en "prépa HEC".

 

Patience, patience...

 

Sic Transit Gloria Mundi, Amen

Amaury - Grandgil

illustration empruntée ici sur le site de le Figaro

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