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Les catholiques et les « cathos »

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jcathos.jpgCe sont deux groupes très différents. Un catholique n'est pas forcément un « catho » et un « catho » n'est plus très catholique. C'est Fabrice Hadjaj, philosophe chrétien, qui a évoqué en premier les « cathos » les assimilant à une nouvelle forme de pharisianisme. Ce sont ces croyants, pratiquants qui vivent selon une logique minoritaire, communautaire et qui ont oublié depuis longtemps le sens du mot catholique.

 

Il est censé nous rappeler que la Foi chrétienne doit tendre vers l'universel et non uniquement vers ceux qui nous ressemblent socialement. Or bien souvent la foi catholique n'est plus qu'un prétexte permettant la mise en place d'un conservatoire social dans lequel on se retrouve entre personnes réputées bien élevées, de milieu semblable.

 

La définition de ce milieu souvent dit « bourgeois » est de plus en plus restreinte. Elle désigne maintenant surtout des familles disposant de revenus conséquents et rien d'autres.

 

Les « cathos » sont souvent dans leur vie des « cathos de service », de ceux mettant en valeur leurs comparses dans la vie quotidienne, de ceux que l'on remet à leur place dés qu'ils ouvrent la bouche. Ce sont les naïfs, les candides qui se doivent de tendre l'autre joue lorsqu'on les agresse verbalement ou que l'on moque leurs croyances. Ils n'existent que pour mettre en valeur le progressisme des autres. Ils tiédissent rapidement, certes comme la plupart des croyants, moi le premier, mais il en est chez qui c'est beaucoup plus rapide. Ils sont toujours prompts à renoncer, à ne pas demeurer fermes sur la foi, à abandonner le terrain aux autres. Ils sont déjà vaincus.

 

On pourrait croire qu'ils font tout pour correspondre aux clichés sur les catholiques issus des films comme « La vie est un long fleuve tranquille ». On dirait qu'il faut absolument qu'ils ressemblent aux Le Quesnoy sous peine d'être rejetés.

 

Je suis convaincu aussi que la psychologie explique beaucoup de choses et que ces « cathos » sont surtout des personnalités frustrées, complexées, incapables de s'affirmer telles qu'elles sont réellement. Un indice étayant ma conviction est leur appétence pour les cérémonies collectives sur-affectives bruyantes et pleines de bons sentiments.

 

L'on s'y aime tous pour le temps du rassemblement.

 

L'on communie tous dans une ferveur bien ponctuelle sans grande profondeur sublimant selon le terme exact ses carences, ses manques, ses complexes.

 

Des vieilles filles sans grand charme y voient une chance d'enfin briller aux yeux de leur entourage, des vieux garçons se sentent renaître dans leur masculinité de coq, des couples mal assortis se croient enfin couples modèles, ne serait-ce que pour quelques minutes. Le tout est que l'illusion perdure ensuite afin d'oublier ce qui ne va pas dans sa vie, ce qui explique le succès des communautés charismatiques où cette sur-affectivité est la norme. Je suis toujours effaré de constater que dans ces communautés, les personnes censées accueillir sont toujours celles les moins qualifiées pour le faire, que beaucoup y voient juste une possibilité de revanche sur une vie médiocre, des dons moins importants que chez d'autres.

 

Étant il est vrai parmi les rares personnes dans notre société à vivre plus ou moins profondément selon des valeurs morales les « cathos » sont persuadés qu'ils sont meilleurs que les autres, au-dessus du lot. Ils éduquent mieux leurs gosses, ils sont plus exigeants. Leurs filles et leurs garçons sont des jeunes gens bien comme il faut que l'on ne pourrait suspecter de rébellion, de révolte, voire pire encore de sensibilité. Les « cathos » d'ailleurs encouragent les unions endogames. Il s'agit de demeurer dans le même milieu, de ne pas subir de mésalliance.

 

D'un certain point de vue, on peut les comprendre, c'est humain de vouloir protéger sa progéniture d'une société de plus en plus dure, de plus en plus marquée par le darwinisme social, sans aucun repère, sans aucune transmission de quoi que ce soit entre les générations : des idéaux plus grands que l'avidité de l'argent par exemple, une culture. Ils subissent aussi une persécution larvée, « blanche », de tous les instants. Il est plus facile de conchier les catholiques qui ne risquent pas de répliquer par la violence et la haine. Ce sont des cibles faciles. Mais cela a pour conséquence un repli sur eux-mêmes des catholiques qui ne sont plus qu'une « communauté » avec ses revendications particulières parmi d'autres.

 

Enfin, ils imposent leur perception exclusivement sociétale de la foi catholique au reste de l'Eglise de France. Je ne comprends pas qu'ils s'étonnent de faire fuir par leur comportement, par leur étroitesse d'esprit et leur condescendance sans doute inconsciente, des personnes qui reviendraient à la foi dans le cas contraire. Ce n'est bien sûr pas eux les seuls responsables du marasme moral et spirituel. Beaucoup deviennent également des consommateurs spirituels et religieux ne voulant surtout pas que cela implique de leur part des obligations envers les autres.

 

Je ne me place pas quant à moi sur un plan supérieur à ces « cathos ». Comme eux je suis pêcheur, comme eux je suis marqué par mes failles. J'écris juste ce petit texte dans un esprit de correction fraternelle parce que ce repli communautaire des cathos ne me satisfait pas tout comme beaucoup d'autres catholiques s'inquiétant à juste titre de l'avenir. Curieusement, parmi ces « cathos » l'on n'évoque que rarement les chrétiens orientaux, les rares fois où cela arrive l'on pleurniche quelques larmichettes et l'on oublie bien vite, l'on n'est pas concernés...

 

...Pas encore.

 

Sic Transit Gloria Mundi Amen

 

Amaury – Grandgil

 

illustration empruntée à ce site de jeunes "cathos »

 

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