Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

La compagnie des femmes

Imprimer Pin it!

femmes, séduction, féminisme, politique, sexe, amour, amaury watremezDepuis ma petite enfance, ce qui ne nous rajeunit pas, j'ai toujours préféré, et de loin, la compagnie des femmes à celle des mâles, mes semblables, mes frères. Et ceci à un point tel que j'ai souvent été soupçonné par des personnes peu capables de nuances d'homosexualité latente, comme si la sensibilité à l'art et au monde, à la beauté, l'attrait pour la féminité étaient pour un homme, pour un garçon, une tare indigne. Ce n'est pas que j'idéalise les femmes, je sais parfaitement combien elles peuvent être triviales, voire grossières. Elles peuvent être retorses, malignes, moqueuses. Elles peuvent même être hélas, ainsi que les hommes, complètement idiotes et conformistes.

 

Ou hommasses, ce qui est pire que tout...

 

Cependant, une femme, même celle qui se croit laide, même celle qui se croit sans charmes, sans séductions, aura toujours un moment où croyant échapper aux regards inquisiteurs elle s'abandonnera à être elle-même, et ce tellement plus que l'autre sexe. Elle sera alors infiniment émouvante, étourdissante de beauté sans le savoir, sans s'en rendre tout à fait compte elle-même. Car si toutes les femmes ne sont pas toujours belles, elles peuvent l'être...

 

Les femmes les plus élégantes, celles que j'admire le plus, sont capables d'être à leur aise aussi bien dans un café interlope, ainsi que l'on disait avant, que dans un restaurant chic. Elles ne sont jamais dupes des prétentions, des vanités, des ridicules des hommes s'imaginant irrésistibles. Elles ont alors sur les lèvres un léger sourire et le regard moqueur. Il arrive aussi, hélas, qu'elles s'y laissent prendre, par peur de finir seules, par peur de l'ostracisation sociale.

 

Je croyais aussi, naïf que j'étais, que sous les jupes des jeunes femmes bien sages se cachait une énigme, qu'elles étaient différentes, inaccessibles. Je voulais comprendre. Je voulais aussi vivre une passion comme dans les livres. Je voyais cela également comme dans les films hollywoodiens de la grande époque, ceux de la MGM décorés par Cedric Gibbons. Je désirais vivre de grandes amours contrariés comme dans les « screwball comedies » des années 30 dans lesquels le jeu de la séduction se traduisait par des échanges de dialogue tellement spirituels et bien entendu toujours à doubles sens. J'ai été exaucé au délà de mes espérances mais il arrive qu'il n'y ait rien de plus dur à vivre que les prières exaucées.

 

Il me faut avouer qu'enfant, ma mère m'emmenait avec elle lorsqu'elle allait faire du « shopping » pour elle. Les jambes des dames m'entouraient, les effluves de leurs parfums m'enivraient un peu, me tournant la tête, et le doux bruit des tissus légers était une douce musique. C'était tellement plus agréable qu'un vestiaire d'hommes, de vrais hommes, des durs des tatoués, tellement plus sensuel aussi même si je ne savais pas le définir à l'époque. J'étais persuadé que toutes les femmes étaient belles, soucieuses de leur féminité. J'étais convaincu qu'elles étaient toutes élégantes, éblouissantes comme les modèles largement illuminés dans les vitrines des grands coiffeurs.

 

J'aimais déjà le son des talons des femmes, un son bien particulier, toutes ne connaissant pas l'art de marcher hautes perchées. Je le compris plus tard. Trop souvent, cela ressemble encore à celui des sabots d'un cheval. Elles ne savent plus pour la plupart se maquiller non plus, beaucoup parmi elles sont violemment peinturlurées, belles comme des camions, à l'exemple des adolescentes à peine post-pubères. Elles montrent trop de chair telles le boucher exposant la viande à l'étal.

 

L'art de la séduction faisait partie de leur apprentissage mais après quelques décennies d'études du Genre, de féminisme, de gymnastique obligatoire et d'hygiénisme imposé, elles ont tendance à l'oublier. Elles aussi, il faut que leurs corps soient performants, qu'elles ressemblent la trentaine passée à ces adolescentes névrosées que l'on fait défiler sur les podiums des défilés de mode. Elles veulent absolument avoir le même « drop tights » que des gamines anorexiques.

 

Tu noteras en passant, ami lectrice, ami lecteur, que les prophétesses de cet hyper-féminisme, les passionarias condamnant la féminité, la vouant aux feux de l'enfer, en sont pour la plupart dépourvues. Judith Butler est un laideron, selon moi ceci explique cela en grande partie mais de doctes intervenant-e-s me diront que c'est plus compliqué que cela. Je pense quant à moi que l'humain explique toujours beaucoup plus de choses que les bonnes intentions, les grandes déclarations grandiloquentes. Les femmes en ont parfois. Le regard triste, sans espoir, elles parent leurs malheurs d'une vocation de nouvelles Jeanne d'Arc, de libératrices du genre humain faisant la leçon aux philosophes.

 

Au fond, certaines parmi elles rêvent encore du prince charmant selon leurs vœux, du grand amour. Elles rêvent aussi d'enfants, de maternités sans oser l'avouer aux autres ni se l'avouer à elles-mêmes. Leurs yeux se perdent au loin, elles redeviennent des petites filles perdues, elles sont alors tellement mélancoliques mais cela ne durera pas...

 

...L'on aimerait pourtant les consoler.

 

Sic Transit Gloria Mundi, Amen

 

Amaury – Grandgil

 

illustration empruntée ici

 

Ci-dessous, petit hommage à un joli film de Truffaut

 

Commentaires