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Caustiques mais avec style

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absolutely fabulous, cinéma, société, mode, frivole, politique, société, amaury watremezSi l'on n'aime pas les films à grand discours, moralisateurs et creux au fond...

 

Il y a quelques années, en 2001, les français avaient tenté sur grand écran une adaptation signée Gabriel Aghion de la série britannique « Absolutely Fabulous » de Jennifer Saunders où elle jouait également en duo avec Joanna Lumley. C'était une catastrophe presque comparable au 11 septembre. Le film avec Balasko et Baye était complètement nul, vulgaire et sans intérêt. Aucun rythme, aucun humour, aucune finesse. Il faut avouer que les anglais ont un avantage très net sur les français en matière d'élégance, ils arrivent à être très excentriques et provocateurs sans en perdre un atome. Et ils cultivent et pratiquent l'humour à froid de façon largement plus brillante que nous.

 

Dans le long-métrage sorti le 7 décembre dans notre beau pays, on retrouve Edina Moonsoon, Jennifer Saunders, son assistante un rien « à l'ouest » « Bubble », Jane Horrocks, la fille d'Edina, Saffron, Julia Sawalha, Patsy Stone, Joanna Lumley, égales à elles-mêmes, toujours largement irresponsables, toujours passionnés de rester « in » fût-ce en adoptant des modes débiles ne convenant plus en théorie à leur âge. Patsy et Edina sortent tous les soirs, boivent trop, en particulier du « Bollinger ». « Where's the Bollinger sweetie darling ? » est dans la série originelle et dans le film une question existentielle cruciale.

 

Et si l'on est frivole c'est pour échapper à la banalité d'une vie sans éclats, à l'âge, à ses misères qui ne sont que passagères.

 

Patsy et Edina, et aussi Saffron et la mère gâteuse par éclipses d'Edina, June Witfield, pratiquent l'art de la vacherie avec brio et sans avoir l'air d'y toucher. On égratigne à peu près tous les tabous politiquement corrects actuels tranquillement. Patsy et Edina allument une clope après avoir cour. Et ne serait-ce qu'en moquant régulièrement Saffron et ses lubies civiquement responsables, de développement durable, de végétalisme un temps, de commerce équitable. Edina trouve cependant qu'elle a un avantage, « Saffy » a eu une fille métisse, Lola, avec un coopérant africain reparti dans son pays depuis une dizaine d'années.

 

absolutely fabulous, cinéma, société, mode, frivole, politique, société, amaury watremezLola est pour Edina l'accessoire parfait pour aller faire la cour à Kate Moss durant une soirée de la « fashion week » de Londres.

 

Kate Moss n'a plus d'attachée de presse, ce qui tombe bien c'est le métier d'« Edie », métier qu'elle n'exerce pas souvent vivant surtout des pensions alimentaires conséquentes versées par ses deux anciens maris. Fébrile Edina bouscule la top-modèle vedette qui tombe dans la Tamise, apparement morte. C'est le début de l'histoire. Patsy et Edina sont contraintes de se réfugier dans le Sud de la France, sur la côté, après avoir balancé également « Bubble » dans le fleuve londonien. Elles sont reconnues bien entendus dés leur arrivée à Cannes dans le but de retrouver un ancien producteur de films pornos devenu richissime n'étant pas d'un naturel très discret...

 

L'âge des comédiennes n'est pas caché sous des tonnes de maquillage et de botox. Il ne devient pas prétexte à des scènes de pseudo-pathos que l'on trouve maintenant dans toutes les comédies. Il devient même un prétexte à rire. Les deux personnages principaux sont bien chargés, on montre bien les bourrelets d'« Edie » et l'on en remet souvent une couche sur l'âge de Patsy pour qui l'électricité envoyée par un « taser » est comme une drogue planante (elle n'a rien mangé de solide depuis ses vingt ans). Saunders avait trente-quatre ans quand elle a commencé « Ab Fab », Joanna Lumley, quarante-sept. La série a été diffusée de 1992 à 2004. Les vedettes anglaises mais pas seulement s'y bousculaient pour parfois s'y faire ridiculiser, ainsi Elton John que l'on peut voir donner le sein à un bébé dans le dernier épisode...

 

Il ne faut pas trop traîner pour essayer de voir ce film sorti confidentiellement en France où il est on rit surtout de Kev Adams...

 

Sic Transit Gloria Mundi, Amen, sweetie darling,

 

Amaury – Grandgil

 

Affiche prise là

illustration empruntée ici

 

Bande-annonce ci-dessous

 

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