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Réac ou réac ou pas réac

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alexandre devecchio, société, réacs, révolution, république, droits de l'homme, amaury watremezDans la nouvelle livraison de "Causeur" j'ai lu avec beaucoup d'intérêt, non feint, l'entretien que mène Élisabeth Lévy avec Alexandre Devecchio au sujet de "les nouveaux enfants du siècle" par icelui. Il y décrit le "retour de balancier" de la politique au sein de la jeune génération vers des opinions de droite décomplexée sur le plan collectif ou personnel, sur celui de la morale individuelle ou collective. L'auteur de l'ouvrage se dit lui-même réac, assume, ce qui me  le rend instinctivement sympathique bien sûr. J'apprécie que l'on sorte des rails volontairement. J'ai des faiblesses et beaucoup de lubies que l'on connaît bien hélas. Mais c'est sur la définition de "réac" que nous divergeons grandement.

 

Selon lui, être réac c'est souhaiter le rétablissement de l'autorité de la République et de ses valeurs, de la "Common Decency" y étant donc liée. Il oublie quand même une chose. Les valeurs issues de la Révolution Française sont par essence progressistes. Ce n'est pas un jugement de valeur de ma part, mais juste une constatation objective. Elles impliquent une évolution inéluctable de la société dans son ensemble et donc la disparition de l'Ordre ancien, moral et politique, pour le remplacer par un ordre, ou désordre, nouveau réputé émancipateur.

 

 La différence entre la droite et la gauche est juste que normalement, (depuis quelques décennies certes ça change), la seconde est plus radicale que la première dans le cheminement vers le progrès. Mais au fond elles partagent les mêmes convictions. Cette avance de la gauche est toujours le cas au moins sur les lois dites sociétales. On légifère pour faire changer les mentalités, pour forcer les populations à se plier à la marche progressiste. Il y a toujours cette conviction qu'un trait de plume peut faire changer les choses.

 

Le progrès continu implique ontologiquement le rejet des anciennes valeurs et traditions dont l'autorité assimilée à l'arbitraire le plus insupportable. L'individu moderne prétend avoir le choix sur tout, décider de tout par lui-même sans en référer à aucune institution. Or, la notion d'autorité n'était en rien liée à la République ou aux idées l'ayant fondée mais elle était de ces persistances issues de l'Ancien Régime tout comme le sont les réflexes finalement monarchiques des français.  Et être réac c'est précisément souhaiter le retour de tout ou partie de ces anciennes habitudes de notre peuple. Ce n'est pas forcément souhaiter le retour d'un ordre ancien à l'identique. Les rois eux-mêmes savaient bien que la monarchie devait évoluer et ils s'y employaient.

 

Et il ne s'agit en rien non plus de revenir à une moralisation à tous crins des mœurs, moralisation qui camouflait bien souvent beaucoup d'hypocrisies abjectes.

 

Et aussi, ainsi que le notait Marcel Aymé dans un texte moqueur du début des années 60, pendant l'ancien temps, même si les grandes personnes étaient moralisatrices tel le vétérinaire de "la Jument verte" les enfants avaient devant leur nez des animaux commettant souvent l'acte de chair au printemps sans aucune retenue. Les grands discours des adultes étaient donc contrebalancés largement grâce à l'innocence des bêtes.

 

C'est peut-être cela qui me différencie des réacs "purs et durs" . C'est ce qui me fait préférer l'appellation "d'anar de droite" me concernant bien qu'étant persuadé en outre que le fameux Ordre moral qui rappelle les z-heures les plus sombres de notre histoire ne risque pas de revenir de sitôt.

 

Sic Transit Gloria Mundi, Amen

 

Amaury - Grandgil

 

Illustration empruntée ici

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