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Hommage à Gotlib et toute cette sorte de choses

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On pourrait pour rendre hommage à Marcel Gotlib, le maître de l'Umour (sans H) glacé et sophistiqué, le créateur de « l'écho des Savanes » ou « Fluide Glacial » écrire un texte bien sinistre et bien pompeux, genre enterrement de première classe, rappelant la vie et l'œuvre de l'auteur avec force sanglots dans la voix, l'œil humide et la bouche en cul de poule :

 

Gotlib la tendresse, Gotlib la dérision, Gotlib le libertaire, Gotlib et son psy, Gotlib le petit enfant de Montmartre triste, Gotlib le gosse inadapté etc...

 

Et puis terminer sur un « Ahlala il va nous manquer », il nous faudrait un nouveau Gotlib, tout ça...

 

gotlib1.gifGrâce à lui et les « petits mickeys » qu'il commit des années 50 jusqu'au milieu des années 80, comme de nombreux quadragénaires, j'ai découvert qu'on avait le droit d'avoir le sens de la dérision et qu'en plus c'était extrêmement drôle. J'ai appris aussi que l'humour à froid était non seulement recommandé mais indispensable contre la sottise de la plupart des pitoyables primates humains, contre la mienne aussi il est vrai en faisant partie de ces pitoyables bipèdes anthropoïdes, pitoyables mais aussi très drôles.

 

Quand je dis la plupart des quadragénaires, je veux parler aussi de la plupart des humoristes de la télévision et de la radio ou du cinéma. Ils puisent encore une bonne partie de leur inspiration dans la « Rubrique-à-brac » ou les bandes plus tardives mais sans trop le dire à quelques exceptions. « OSS 117 » vu par Michel Hazanavicius et Jean Dujardin lui doit beaucoup, ou les parodies des « Nuls ». J'évoque ces auteurs parce que eux au moins ont le mérite de reconnaitre l'héritage du créateur de « Gai-Luron », qu'ils sont ses enfants, ou plutôt ses petits enfants.

 

Gotlib également n'a jamais cessé de remercier René Goscinny de lui avoir donné sa chance et de l'avoir inspiré même si en 1972 il quitta « Pilote » pour des mensuels plus « adultes » et plus « underground ». Il mit au monde « Hamster Jovial » chef scout un rien dépassé par la libération des mœurs et le « pervers pépère » vieux saligaud adepte des blagues de mauvais goût. C'était bien souvent au dernier étage des rayonnages des bibliothèques de grandes personnes donc encore plus attirants pour de jeunes lecteurs curieux des « choses de la vie »...

 

Dans les années 70 et encore un peu dans les années 80 ami jeune qui parfois me lit les adolescents lisaient encore non seulement des l-i-v-r-e-s mais aussi des albums de bande dessinée dont les dessinateurs les plus populaires passaient à la télévision. Ainsi on voyait Gotlib très souvent dans les émissions du mercredi déguisé en Isaac Newton ou plus rarement en professeur Burp, et aussi dans « Tac o tac » de Jean Frapat dans laquelle des artistes venus souvent de la caricature devaient s'exécuter à un défi amusant durant un temps donné. A la fin la caméra montrait le résultat en « panotant » sur la longue feuille.

 

De nos jours tout cela passerait sur « Arte » à des horaires encore plus confidentiels que le reste des programmes de la chaîne, le dessin coco ça fait pas assez de parts de marché sur les cibles commerciales habituelles...

 

Moi-même ainsi que de nombreux autres boutonneux post-Baby Boom, je recopiais maladroitement des pans entiers du grand œuvre de Gotlib pendant les cours de maths ou les heures d'étude. Et l'histoire du mime dans son travail et dans la vie réelle me fait toujours autant rire ou la parodie du « surfer d'argent », « le patineur d'argent », un pleurnichard cosmique qui aime bien raconter sa vie, ou encore les aventures de « Superdupondt » le premier super-héros 100% français qui croisa dans sa lutte contre le crime un émule de Superman dessiné par Neal Adams, ou encore Bruce Lee, le seul qui vainquit Superdupondt en mettant le camembert au frigo et en buvant un excellent Bourgogne avec une palanquée de glaçons.

 

Gotlib est mort.

 

Mais non, Gotlib est toujours vivant grâce à ses bédés...

 

(Nota Bene du professeur Burp : un l-i-v-r-e cher petit lecteur assoiffé de connaissances est comme une tablette numérique en 3D et « bio ». On en tourne les pages à la main comme on le ferait d'un « powerpoint » en ligne).

 

Sic Transit Gloria Mundi, Amen

 

Amaury – Grandgil

 

illustration empruntée ici

 

(extraite de la pseudo mais hilarante autobiographie de Gotlib dans une « R.A.B »

 

 

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