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Indigestion de primaires

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On constate sur la photo à quel point les trois candidats principaux des primaires étaient antagonistes...

 

Cette nuit, je me suis réveillé en sueur, fébrile. Je me sentais ballonné, j'avais un peu mal au ventre, une légère nausée aussi. J'ai essayé de comprendre pourquoi. La tête me tournait un peu, et je n'arrivais pas à me rendormir quand soudain j'ai saisi, j'avais une belle indigestion de primaires, celles de la Droite et du Centre. Cela fait déjà plusieurs mois que comme tout le monde que ce soit en écoutant la radio, en regardant les informations, en parcourant les sites politiques, ceux suivant la ligne officielle et les autres, j'absorbais à la file, sans prendre le temps même de les faire mijoter ou de les déguster, des articles, des éditoriaux sur les primaires.

 

Mais à force de toujours absorber les mêmes choses, de les gober, on manque du reste, et on finit par être complètement dégoûté. En politique aussi on a besoin de vitamines. Ou alors on souffre d'une addiction ce qui est tout aussi grave. Et en France on est « addict » à « l'homme providentiel », au « père de la nation » qui vient sauver le pays et prendre les décisions difficiles à la place du peuple, ou qui prétend les prendre. De belles âmes s'y laissaient prendre et c'était le pire car que de bonnes volontés déçues plus tard, fichues en l'air !

 

A se demander quand ce pays atteindrait une réelle maturité démocratique....

 

Il faut dire aussi que le citoyen-consommateur « adulescent », infantilisé constamment par les émissions « d'infotainement », par le flot d'informations toutes plus anodines les unes que les autres déversé en continu sur le net, n'a plus très envie de réfléchir par lui-même. C'est fatiguant et puis en plus cela peut amener à se poser des questions sur les finalités de ce monde et de cette société. Il abandonnait toute réflexion politique à des « think tanks » de nantis, des groupes de réflexion issus de l'oligarchie, tout en déplorant paradoxalement la déconnexion des élites d'avec le peuple.

 

Chacun, moi le premier je l'avoue, avait cru bon d'y aller de sa remarque, de sa petite ou grand pique, on ne se refait pas, de son compliment également. Il faut dire que cette comédie de démocratie qu'étaient les primaires appelaient la raillerie et la dérision. Depuis dimanche 27 novembre, la Droite « républicaine » et le Centre ne l'étant pas moins avaient cependant trouvé leur « champion », un oligarque tout ce qu'il y a de plus classique, François Fillon. C'était sans doute une personne honnête, peut-être même sincère mais n'était guère différent sur le plan des convictions quant à la politique économique à suivre de ses confrères et consœurs.

 

Cependant le gavage intensif continuait et le citoyen tel une oie nourri au grain de devoir avaler encore et toujours plus d'articles, de reportages élogieux ou non, de portraits idéalisés ou pas....

 

...Tout cela avait chargé mon foie et celui des citoyens. Mon reflet me renvoyait mon visage un peu pâlot, son teint un rien jaunâtre. Trop de mauvaise graisse s'était accumulé à mon insu à lire les « papiers » des uns ou des autres sur les « primaires ». Des revues, des magazines de droite, ou politiquement incorrects, mal-pensants, n'en pouvaient plus de ressasser ce qui était pour eux comme une revanche. Leur heure était enfin venue.

 

Telle publication « roulait » pour Fillon, telle autre pour Juppé. On se félicitait, on se congratulait chaleureusement, on s'auto-flagellait sans cesse depuis les résultats du premier et du second tour. On se prenait en « selfie » avec l'homme providentiel, le prochain sauveur. C'était la revanche des « réacs », des « mal-pensants », des méprisés. A eux la lumière des projecteurs !

 

La France était déjà sauvée, le prochain président déjà élu !

 

Sans rire...

 

Il ne fallait pas que je ris d'ailleurs, car en pensant à cela, à cette mascarade, ma nausée s'aggravait et j'avais légèrement envie de vomir. Quand je pensai que bientôt, nous aurions droit aux primaires de la gauche et des « verts », je n'y tins plus...

 

Sic Transit Gloria Mundi, Amen

 

Amaury – Grandgil

 

illustration empruntée ici au site de « le point.fr »

 

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