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Vieux chevaux de retour

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politiques, primaires, fillon, juppé, société, élection, démocratie, amaury watremezL'auteur de ces lignes ne milite pour personne, il n'a pas la carte de Les Républicains, ni celle du Parti Socialiste, encore moins du Front National ou d'autres partis. Et le fait que des électeurs votent et se passionnent pour les primaires le conforte dans son « anarchisme de droite » et ce que l'effrayante « sottise démocratique » peut amener. Car être un « anar de droite », ce n'est pas seulement être le type rigolo balançant des gros mots faisant rougir les dames et donnant le sentiment aux petits garçons sages d'être des « affranchis ».

 

En France, les vieux chevaux de la politique courent jusqu'à l'épuisement, et le pire est qu'ils font ça volontairement par addiction au pouvoir. Et l'encore pire est qu'ils aiment cette souffrance et que le public en redemande à chaque fois. Ils tournent encore et encore autour de la piste, et autour du paddock. De temps à autre, l'un d'eux crève malgré tout sous son cavalier et les huées du public, et on l'achève aussi sec où il fait la besogne lui-même. Il arrive également que des pur-sang soit mis sur le circuit mais ils se révèlent bien souvent aussi tocards que les autres, ils ne tiennent pas sur la durée, sont peu endurants.

 

Dans les pays anglo-saxons les vieux chevaux de retour ont la décence de rentrer au box lorsqu'ils commencent à décevoir le public ou qu'ils ne sont pas sur la « photo-finish ». Ils le font même lorsqu'ils avalent un peu trop de « picotin » sans le payer, profitant d'un ou deux privilèges. En France, ils peuvent prétendre en avoir fini avec la compétition mais la plupart finit toujours par revenir malgré tout d'une manière ou d'une autre. Il faut dire que le procédé pourtant grossier fonctionne car le public continue à se passionner pour leurs courses essoufflées.

 

Décence ? Quelle décence en France ?

 

Plus c'est gros, plus ça passe, ainsi Alain Juppé, après avoir été dûment condamné dans l'affaire des emplois fictifs, après l'affaire du loyer de son fils profitant le pôvre d'un logement social de la Ville de Paris, et s'être exilé comme professeur au Canada prétendant renoncer à toute vie politique, est revenu dans la compétition, se haussant du col en homme nouveau de la politique. On passera pudiquement sous silence l'affaire de la mosquée de la ville de Bordeaux et les accointances du maire de Bordeaux avec les pires salafistes.

 

Passant pour moins réactionnaire que Fillon adoubé par quelques membres naïfs de LMPT, il plaisait à la gauche, enfin, la gauche sociétale libérale-libertaire avec qui il prévoyait déjà de s'allier (donc avec Hollande et la plupart de ses ministres...). Juppé est le candidat de l'oligarchie, le candidat du « pays légal » totalement déconnecté du peuple, le candidat de l'union de tous les nantis de ce pays. D'ailleurs, se déplacer les 20 et 27 novembre ou en avril et mai 2017 était en somme une formalité à peine utile, il était déjà élu dans l'esprit de ses partisans.

 

Malgré le matraquage quotidien en sa faveur, il n'est que second, c'est déjà une consolation...

 

François Fillon lors des primaires de la droite et du centre a été promu le champion de Les Républicains. On le présente lui aussi comme un homme neuf, le « Thatcher français », qui se révèlèrait maintenant après avoir été sous l'éteignoir sarkoziste depuis des années. Il a pourtant été le premier ministre de Nicolas Sarkozy sans trop regimber. Ce n'est donc pas qu'il y ait eu entre eux l'épaisseur idéologique, si tant est qu'une idéologie puisse avoir une épaisseur, d'un papier à cigarettes. Fillon appliquait consciencieusement la politique de son président.

 

Au moins ne sera-t-il pas soutenu par les « bourgeois pédagogues », il a commis le crime suprême à leurs yeux, dire que « à titre personnel » il était opposé à l'avortement et au mariage homosexuel. C'est risquer l'excommunication des bons apôtres sortir une chose pareille ! Au moins est-ce une consolation, minime...

 

Sic Transit Gloria Mundi, Amen

 

Amaury – Grandgil

 

illustration empruntée ici

 

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