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Les élites hier et aujourd'hui

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politique, société, héritiers, économie, école, amaury watremez, élites, trumpLes élites sont aujourd'hui contestées de toute part. Pour une raison simple, elles s'auto-entretiennent et sont parfaitement étanches au reste du peuple. De toutes façons le peuple les indiffère, un ramassis de ploucs sans éducation ni revenus conséquents et encore moins de réseaux. Il a un défaut ce peuple, il ne vote plus ce qu'on lui intimait de voter auparavant et conteste les élites et les institutions dans leur ensemble. Il est vrai que bien souvent ceux qui contestent le pouvoir des élites en sont clairement issus. On ne peut leur reprocher d'être lucides et de désirer un monde plus équitable.

 

J'ai toujours eu beaucoup de mal à comprendre  ce reproche. Moi-même qui écrit ce texte j'ai fait des études supérieures et fait objectivement partie des professions que l'on pourrait classer dans ces "bourgeois pédagogues" que je brocarde allègrement par ailleurs. J'ai du mal à l'écrire sans rire mais je fais partie de ces "élites" indubitablement...

 

La reproduction sociale des privilèges a toujours existé sous tous les cieux et tous les régimes politiques car "là où il y a de l'homme il y a de l'hommerie" et donc des injustices. Cependant, la société a toujours prévu un ascenseur social, une méritocratie afin de s'élever selon son travail et les services rendus aux autres pour le Bien Commun. Cela existait déjà sous l'Ancien Régime à travers la noblesse dite "de robe". Le chancelier Séguier sous Louis XIV est un exemple de cette méritocratie. Il est arrivé au sommet de l'État de par son travail. Rappelons que ses parents étaient épiciers en somme...

 

 Si cet ascenseur social fonctionnait encore réellement, ne serait-ce que par à coups, la remise en question généralisée des élites et de l'oligarchie n'aurait strictement aucun sens. Mais, et c'est là que le bât blesse lourdement, il est en panne depuis déjà plusieurs décennies. Il suffit pour s'en convaincre d'observer simplement l'origine sociale des représentants du peuple, tous "héritiers", tous ayant bénéficié de réseaux, de facilités inaccessibles en 2016 à des gosses de prolos ou de paysans.

Et ce même si ceux-ci sont de gros travailleurs.

 

Il y a encore quelques années si on pouvait voir un Pierre Bérégovoy ou un René Monory originaires d'un milieu simple atteindre aux plus hauts sommets de l'État, c'est dorénavant complètement inconcevable. Ne parlons pas de l'abîme se creusant scolairement et culturellement de plus en plus entre les gosses de milieux populaires et les plus favorisés. Les uns n'auront plus que la télévision et "l'infotainement" pour s'informer et se cultiver, et le net, si l'on peut dire, les autres disposeront du "background" des parents et de leur "expertise". Chez eux on trouve encore quelques bibliothèques, on va au théâtre, au concert...

 

Les élites d'aujourd'hui si elles sont suffisamment lucides savent bien qu'elles sont finalement consanguines de fait. Mais reconnaître leur endogamie apparaît comme quasiment impossible. Faudra-t-il attendre pour cela qu'elles finissent comme les restes de l'Empire byzantin, encerclées, décadentes dans des palais somptueux complètement vides à disserter sur le sexe des anges ?

 

Sic Transit Gloria Mundi, Amen

 

Amaury - Grandgil

 

illustration empruntée là

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