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La jeunesse c'était mieux avant

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enfants, enfance, société, politique, éducation, école, amaury watremezCela fait vingt-quatre ans que je travaille avec des jeunes et pour des jeunes. Cela fait vingt-quatre ans que le discours consistant en somme à magnifier la jeunesse d'avant pour mieux noircir celle de maintenant m'agace toujours prodigieusement. Cette jeunesse actuelle est le fruit de l'éducation que les adultes, tous les adultes, leur ont ou pas donné.Elle est le fruit de l'atomisation de la société en différentes tribus et communautés étanches les unes aux autres. Et les réacs ou pseudo-réacs n'en sont pas moins responsables que les autres menant le plus souvent leur vie personnelle, sexuelle et sentimentale de la même manière libertaire que les autres.

 

Ce n'est pas eux les gosses qui en sont responsables, ils en sont victimes. Et la plupart ont encore au cœur des aspirations élevées à un monde plus équitable, une société où la valeur principale ne serait pas juste l'argent et les moyens de le dépenser, une société sans plus aucune humanité. Devenus des grandes personnes, on me dira qu'il oublie toutes ces belles idées. A moins que ce monde et que les gosses ne finissent comme dans « Demain les mômes » de Jean Pourtalé ce qui paraît en bonne voie de réalisation.

 

Je ne les idéalise en rien ces jeunes. Ils sont tributaires des mêmes travers de leur nature humaine que tous les autres êtres humains. Ils sont soumis aux mêmes diktats très arbitraires de l'apparence, de la possession ou non de gadgets électroniques tous plus inutiles les uns que les autres mais porteurs dans notre époque de dignité sociale. Tout comme les grandes personnes réputées raisonnables ils se leurrent sur eux, sur leurs capacités, sur leur tempérament et beaucoup jouent déjà un rôle pensant ainsi se donner une contenance.

 

Et ils sont pour beaucoup d'entre eux tellement démunis de toute valeur, de toute idée du Beau ou du Bien. Pour se donner bonne conscience les adultes prétentend qu'ils veulent les laisser libre, qu'ils choisissent par eux-mêmes alors que c'est juste par refus de prendre sur eux leurs responsabilités.

 

Ces enfants sont sans moyens, manquent de tout du point de vue moral et culturel. Ils ne peuvent comprendre ce qu'est la construction d'un couple ou d'une identité personnelle voyant leurs parents se conduire sous leurs yeux en adolescents prolongés jusque cinquante ans passés. Les pères sont des boutonneux post-pubertaires prolongés incapables de maîtriser leurs hormones et les mères des midinettes décervelées. Entre deux moments tellement importants pour leur développement personnel ils n'éduquent pas leurs enfants qu'ils se contentent de vêtir, nourrir et choyer en matière de maigre consolation. De temps à autre les pires d'entre eux y voient un moyen de passer à la télévision dans des émissions de « coaching »...

 

On me dira que tous les enfants n'ont pas cette chance...

 

Les gosses savent très bien cette incurie de leurs aînés mais ignorent comment y remédier s'égarant dans des chemins de traverse sombres ou des paradis artificiels ou virtuels, y perdent l'espoir d'un monde meilleur.

 

Ces jeunes voient bien aussi que les adultes n'obéissent qu'à la loi du plus fort, la compétition la plus intense, la loi de la jungle la plus violente menant au darwinisme social le plus poussé. Ils le saisissent là encore très rapidement, excluant les faibles, les personnes hors des normes de leurs propres communautés d'intérêt. Ils ne voient pas le problème dans cette exclusion de la différence puisque leurs géniteurs se conduisent ainsi pour survivre au cœur d'un système ontologiquement inique. Ils se résignent donc au pire par instinct de survie.

 

Ces gosses seront un jour ou l'autre de celui voudra les embrigader prétextant donner de cette manière un sens à leur vie, ils le sont déjà pour certains d'entre eux se ralliant au djihadisme. On peut continuer à ergoter sur le sexe des anges, des conflits politiques picrocholinesques sans fin. Ou se réveiller...

 

Sic Transit Gloria Mundi, Amen

 

Amaury – Grandgil

 

illustration empruntée ici

 

Ci-dessous la bande annonce de « Demain les mômes »

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