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L'Amérique dont nous ne connaissons rien

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politique, élections présidentielles américaines, Trump, Clinton, société, Amaury Watremez, clichés, bêtiseNous croyons tout savoir des États-Unis. Nous regardons principalement ses films et feuilletons depuis des décennies. Nous singeons son mode de vie que ce fut celui d'un « redneck » obèse se détendant dans les centres commerciaux géants le samedi, ce qui est devenu le loisir principal de la majorité des gens sous nos cieux. Ou que l'on se soit tel un intellectuel new-yorkais névrosé amateur de restaurants « vegans », en « psy » constante depuis des années, mais tellement libertaire, tellement ouvert. Les bourgeois pédagogues se rêvent souvent en personnages de « Seinfeld » ou de Woody Allen. Nous sommes fascinés par ce pays-continent dans une relation d'haine/amour complexe.

 

Les « clichés » que nous croyons énormes sur les américains y sont vrais. Ils sont vraiment comme dans leurs fictions. Mais c'est infiniment plus complexe que cela, et il n'y a pas une ou deux Amérique mais quelques dizaines. On le voit même dans un reportage étonnant de l'émission de Barthès sur TMC montrant dans le Dakota du Sud des « bidonvilles » où habitent une population des plus pauvre, des plus déshéritée, de blancs votant tous pour Trump contrairement à ce que les médias français laissent entendre, ceux-ci suggérant que ce sont surtout les riches qui votent pour le milliardaire grossier candidat à la Maison Blanche.

Chacun a d'ailleurs fait son choix en France, et ailleurs en Europe, entre Trump et Hillary. Alors que nous ne votons pas ! Que personne ne nous demande notre opinion ! et que l'un et l'autre mènerait une politique agressive contre nos intérêts, ne serait-ce que par la mise en place du « TAFTA », ce désastreux traité de libre-échange transatlantique qui signerait la fin définitive de notre agriculture, de notre industrie et de notre commerce. De toutes façons les américains ne savent pas situer notre pays sur une carte, nous sommes essentiellement la contée où se réfugient leurs couples romantiques illégitimes ou non qui achètent des glaces romantiques devant des ballons de toutes les couleurs romantiques eux aussi avec le pont des Arts ou la Tour Eiffel en fond.

 

Les français y sont le plus souvent comme ces cousins bien élevés à l'éducation un peu trop appuyée encore, charmants mais « fin de race ».

 

Riches et précaires français rêvent pourtant encore d'Amérique. Ils fantasment tous sur ce pays où un illusoire renouveau personnel serait toujours possible. Au fond d'eux, on se demande souvent jusqu'à quel point ils savent bien que c'est un leurre.

 

Mais la plupart sont convaincus que la France en particulier et l'Europe en général sont des pays « finis », trop vieux pour se renouveler, à la culture ennuyeuse, à l'art de vivre « poussiéreux ». Parce qu'on se veut « simples » et « cool » quitte à régresser vers une « adulescence » pénible. Notons que à l'image des « shows » US dans les sketchs des nouveaux « comiques » français, les émissions de télévision populaires, l'intellectuel, le type cultivé est systématiquement raillé. C'est forcément un frustré, un emmerdeur, un empêcheur de bêtifier, de se laisser entraîner par la dictature de l'affectif, de l'émotion.

 

Leurs adversaires apparemment les plus farouches, le soit-disant Etat Islamique, copient les codes des « blockbusters » pour attirer les âmes perdues dans leurs filets. Et la liberté est compris dans tout l'Occident selon la définition du « premier amendement ». Les voyous lorsqu'ils sont arrêtés réclament la lecture des droits comme dans les séries policières et justement l'application de ce premier amendement propre à la Constitution des pères de la nation américaine. Les mauvais garçons, les « cailleras », la plupart des gosses s'habillent en « baggy'»s » et se vissent une casquette sur le crâne comme les membres d'un « Posse » de Los Angeles en parlant comme un rappeur en « talk over » syncopé.

 

Les adolescents et les enfants maîtrisent mieux l'histoire de la Guerre de Sécession ou celle de la Guerre d'Indépendance américaine que l'histoire de France...

 

Et le communautarisme tel que le réclame la gauche sociétale, la droite dite républicaine, les islamistes ou une bonne part des musulmans dans nos pays dits développés est finalement aussi une idée sinon anglo-saxone mais proprement américaine.

 

Nous avons oublié notre propre culture, la confondant avec celle des vainqueurs de la Seconde Guerre Mondiale. Nos gouvernants ont cru pouvoir construire une société multiculturelle à l'imitation de celle des Etats-Unis. Ils y croient encore, tous ou presque. C'est une des raisons me faisant dire que nos « primaires » elles aussi imitées des américains sont une mascarade grotesque. Mais « Show must go on »...

 

Sic Transit Gloria Mundi, Amen

 

Amaury – Grandgil

 

illustration empruntée ici

 

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