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  • Buisson Sarkozy et le parfum de l'andouillette

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    Patrick Buisson, Nicolas Sarkozy, société, politique, polémique, hypocrisie, pouvoirCe petit billet sans doute taquin, sans doute abrasif pour certains lecteurs, n'a pas pour but d'être une recension du livre de l'ancien conseiller occulte de Nicolas Sarkozy, Patrick Buisson. Je ne l'ai pas lu. J'avais simplement envie de m'intéresser aux réactions que cet ouvrage suscite, des réactions que je trouve pour la plupart risibles voire grotesques quand leurs auteurs sont sincères, grossièrement cyniques quand ils ne le sont pas. Certains le sont rarement, d'autres, leurs séides et autres larbins, le sont toujours. Comme je n'ai pas un mauvais esprit, et parlant ici d'andouillette, je ne vais pas évoquer ici le cas de Christian Estrosi.

     

    Concernant Patrick Buisson je trouve cela curieux de la part d'un type d'extrême-droite n'ayant pas de mots assez durs avant, mais ça c'était avant, pour dénoncer la collusion des médias dits "officiels" avec le pouvoir le fait qu'il se répande sur son travail avec l'ancien président dans tous ses médias dits "officiels" et si "politiquement corrects" à ses yeux. On a beau avoir des rêves humides de retour à une "Révolution nationale" on n'en est pas moins homme, et faillible, et doté d'un certain ego, et on aime bien être largement entendu et plaint. Même s'il faut pour cela être interviewé par un valet du pouvoir "bobo"...

     

    Edouard Herriot nous le disait pourtant déjà il y a plusieurs décennies. Pour être bonne, la politique c'est  comme les andouillettes ça doit un peu sentir la merde mais pas de trop cependant.  La politique n'a pas à être moralisée sans cesse. Elle ne sera jamais morale de toutes façons. Le lecteur cultivé donc averti, sait où trop de vertu mène en politique : à l'arbitraire le plus dur, à quelques massacres des réfractaires à l'ordre vertueux. Le plus important c'est juste que les politiques doivent penser de temps en temps à œuvrer au Bien Commun.

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  • L'impertinence au rang des beaux arts

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    Arts, Oscar Wilde, petit palais, société, politique, amaury watremezUne exposition intitulée "Oscar Wilde l'impertinent absolu"  sur son œuvre et les remous qu'elle provoqua dans la société se tient en ce moment au Petit Palais (du 28 septembre 2016 au 15 janvier 2017). Elle exécute à partir de photographies, de manuscrits de sa main, de textes de Wilde un portrait du génial dandy expert dans l'art de la provocation et de l'impertinence sans jamais forcer, maître du mot d'esprit. Si je veux croire Jacques et Raïssa Maritain lorsqu'ils affirment que l'auteur de "la Ballade de la geôle de Reading" s'est converti de nouveau au catholicisme sur son lit de mort par leur entremise, j'aime penser que son dernier mot dans un hôtel miteux de la rue saint André des arts fût pour déplorer la laideur du papier peint de la pièce.

     

    "Ah ce papier..." aurait-il dit lors de son dernier soupir...

     

    Ce serait lui faire injure de le limiter au martyr de la "cause" homosexuelle suite à sa passion pour Lord Arthur Douglas qui le conduisit devant les tribunaux puis au bagne. Ce qui dérangeait tant la bienséance et les bons apôtres de son temps, ce qui dérange tant encore les bourgeois pédagogues, est qu'il était également un esthète au sens le plus pur du terme. C'est largement le plus subversif, le plus transgressif dans les atteintes aux bonnes mœurs qu'il n'eut de cesse de lancer. Le riche comme le pauvre, le pékin moyen issu de la classe moyenne, se fichent complètement de la beauté de ce monde, de tout ce qui peut les élever spirituellement et intellectuellement. La poésie, l'art, n'ont pas plus d'importance dans leurs existences.

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  • Courir vers l'abîme

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    sport, running, télévision, société, politique, bâtise, hypocrisie, amaury watremezNote ami lecteur que je nie pas le fait que courir peut faire du bien pour sa santé. Mais courir en 2016 ce n'est pas seulement courir, c'est un acte politique, c'est montrer son allégeance à des règles arbitraires absurdes. C'est rèver de réussite, de célébrité, harnaché d'objets connectés pour compter ses pas, ses battements de cœur, ses gouttes de sueur coulant sur son front. On ne court plus d'ailleurs, on fait du « running », on est un « runner ». C'est presque être un « winner » en somme, à deux lettres près « Runner » c'est sans doute aller plus vite que « jogger », c'est plus efficace.

     

    Et c'est dans la même fascination de l'Amérique que tout le reste de la société, une Amérique qui n'existe pas, celle des décors en dur hollywoodiens.

     

    Le matin et le soir, on peut croiser de plus en plus un peu partout en France ces personnages étranges, tous sur le même modèle, des clones sans doute, avancer rapidement à petites foulées sur les trottoirs, au milieu de la route parfois. Les hommes ont le bras gauche tatoué de ces motifs géométriques ressemblant aux motifs que l'on dessinait distraitement lorsque l'on était au téléphone. Ils ont la barbe soigneusement taillée, le cheveu rasé sur les tempes, long au-dessus comme il se doit. Les femmes sont en collant sculptant leurs formes « travaillés » au « fitness ».

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  • Les primaires dernier réflexe du cadavre de la Vème République

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    politiqueLe régime politique français est totalement à l'agonie. Il n'est plus représentatif du peuple. Au pouvoir et dans les médias domine une caste d'oligarques et ses affidés qui ne se remettra jamais en question. Cette caste ne manque pourtant pas de lucidité, elle sait bien qu'elle est complètement déconnectée du pays. Afin donc de se donner bonne conscience et de laisser l'impression qu'elle est toujours soucieuse de démocratie, elle organise des événements prétextes telles ces primaires pour lesquelles le citoyen peut choisir "son" candidat. On lui laisse l'illusion de la démocratie.

     

    Mais cependant, on se demande bien dans quel but puisque le résultat voulu par les oligarques est déjà annoncé largement, comme s'il était déjà pleinement acquis, à savoir Alain Juppé comme candidat de la droite dite républicaine, du centre, y compris du centre gauche. On se demande bien pourquoi on demande encore au peuple de se déplacer puisque tout est déjà donc plié. Ces "primaires" imitées vaguement des Etats Unis sont un des derniers râles du mourant en soins intensifs qu'est notre système politique. Il se soulève un peu sur son flanc, mais il a déjà trop d'escarres.

     

    Il ne se remettra jamais debout. Trop d'acharnement thérapeutique.

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  • Les contradictions de l'auteur politiquement incorrect

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    politique, société, médias, télévision, politiquement incorrect, hypocrisie, amaury watremezInternet est une providence pour les auteurs politiquement incorrects de gauche et de droite ou du moins se prétendant tels, plus lucides, plus raisonnables, plus fins, plus ceci, plus cela. L'auteur politiquement incorrect n'a de cesse de dénoncer le système et les oligarques, de se donner une image de justicier courageux, sans peur et sans reproches. Il ne devrait donc pas se plaindre de rester dans l'ombre car finalement cela demeurerait logique dans son optique d'indépendance politique. Etre un redresseur de torts masqué est son destin et son horizon.

     

    Seulement voilà...

    Parfois il arrive qu'un de ses articles parvienne au regard d'un "pipeaule" quel qu'il soit et que ce "pipeaule" lui réponde. Le "lone ranger" du clavier, le "zorro" de l'azerty, ne pourra alors s'empêcher de se sentir flatté. Voilà qu'il entre dans l'intimité d'une vedette, d'un des "grands" de ce monde. L'un d'eux s'adresse au petit littérateur du net qui n'en revient. Ébloui, voilà qu'il trouve des qualités à la célébrité que quelques jours plus tôt il s'évertuait à descendre en flammes.

     

    Comme celle-ci est magnanime, elle peut même faire de l'écriveur du web un "bon client" de la télé, un de ceux qui font le "beuze", une des "grandes gueules" prétexte afin de laisser entendre que le pluralisme est toujours une réalité dans les médias. L'auteur politique correct ne se sent alors plus de joie, il est transporté et les cuisses de l'attachée de presse dans sa mini-jupe en cuir lui semblent bien attirantes. Il commence alors à mettre de l'eau dans son vin. Pas trop, un peu, tout doucement, progressivement son foie s'amollit, s'engourdit ainsi que ses tripes...

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  • Mémoire des harkis

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    politique, Algérie, harkis, souvenir, nation, gaullisme, De Gaulle, Amaury watremezJe pourrais réécrire ici un énième énonçant encore une fois les malheurs qui sont advenus aux harkis lors du départ des français en 1962 après les accords d'Évian. Leur tragédie est en 2016 connue et documentée, sans parler des quelques assassinats de pieds noirs dont la fusillade de la rue d'Isly. Il suffit d'effectuer sur Google une recherche qui prend quelques secondes. il y eut 220000 morts massacrés le plus souvent de manière ignoble :

    écharpés, éventrés, crucifiés etc....

     

    Cependant, ces faits pourtant établis, personne ne veut vraiment les entendre, les admettre ou les reconnaître ou sans doute est-ce aussi une profonde indifférence qui domine ainsi qu'envers les chrétiens orientaux.

     

    Les harkis, ces supplétifs de l'armée française en Algérie, ils avaient choisi la France, ont fait les mauvais choix. Aux yeux de la mémoire collective, tout est de leur faute. Comment avait-il pu être autant voire plus patriotes que les français pour qui la nation est une idée morte ? Tant pis pour eux s'ils ont été logé des décennies dans des camps sans eau courante ni électricité rappelant de forts mauvais souvenirs. Dans leur cas, les indignés professionnels ne s'émeuvent pas vraiment. Ils s'en fichent même complètement.  La journée nationale d'hommage aux harkis c'est un os donné à ronger aux "franchouillards", aux ploucs nostalgiques...

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  • Aux amis dont je n'ai pas sauvé la vie

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    politique, société, témoignage, solitude, nostalgie, amitié, amaury watremezCe n'est pas seulement mon scepticisme qui m'enjoint de ne pas croire et encore moins suivre les idéologies globalisantes. Faire mon bonheur contre mon gré et selon des modalités insupportables qui passent toujours par quelques massacres préliminaires n'est pas exactement ma tasse de thé. Mais c'est aussi l'expérience de la vie et de la tragédie qui m'encourage à être beaucoup plus méfiant si c'est possible envers toutes ces théories le plus souvent fumeuses, et aussi à détester encore un peu plus profondément cette époque tellement médiocre.

     

    Je suis loin d'être le seul à avoir perdu des proches dramatiquement. C'est même le lot commun de la plupart de mes semblables. Tout le monde subit de telles pertes. On continue pourtant à se croire très fort, plus que tout le monde, à se dire qu'on réussira à sauver ceux qui ne le veulent pas, qui sont déjà trop blessés pour être secourus, qui ont d'ores et déjà trébuché au fond de l'abîme. Personne n'est assez fort pour porter les souffrances des autres, leur joug. Et puis avant de sauver les autres, il conviendrait

    aussi de se sauver soi-même, de savoir raison garder.

     

    Mais la nature humaine est ainsi faite que l'on oublie tout cela constamment, moi le premier.

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  • La fachosphère pour les nuls

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    Article également sur Causeur

     

    À propos du livre «  La fachosphère - Comment l'extrême droite a remporté la bataille du Net » de Dominique Albertini et David Doucet chez Flammarion

     

    fachosphère.jpgLes deux auteurs sont pour Albertini journaliste à « Libération » et Doucet aux « Inrockuptibles ». Ils prétendent avoir effectué une enquête objective et dépassionnée sur ce que l'on appelle la « fachosphère ». On peut légitimement avoir envie de rire à gorge déployée rien qu'en relisant la première phrase de paragraphe qui contient un oxymore de bonne taille : journaliste à « Libé » ou aux « Inrocks » « objectif ». Pour les deux auteurs, leur parole est forcément objective. Néanmoins, reconnaissons qu'ils ont malgré tout fait l'effort d'aller rencontrer les auteurs des blogs et sites estampillés « fachos » et d'essayer de comprendre leur parcours intellectuel et politique, la construction de leurs convictions.

     

    Cela partait d'une bonne intention, mais c'était peine perdue car les deux auteurs partent d'un paradigme faux : tout ce qui contredit le discours des élites qui est aussi le leur relève d'une nostalgie des heures les plus sombres de notre histoire, et par conséquent de la « fachosphère ».

     

    Cette « France d'en haut » crépusculaire décrite par Christophe Guilluy dans son dernier ouvrage ne peut admettre que son éloge de la mondialisation réputée heureuse et de l'avènement merveilleux pour elle de la société multiculturelle soient contredits. Cette « France d'en haut » pratique donc par commodité intellectuelle et quoi qu'ils en disent l'amalgame de Soral,Zemmour et Henry de Lesquen, « Civitas » et « La Manif pour tous », Escada et Frigide Barjot. Pour ces prétendues élites de plus en plus coupées du peuple, les deux auteurs en font partie comme on l'a vu, leur réflexion va de soi, elle ne peut être remise en cause, a valeur de dogmes.

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  • Tous chiraquiens

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    politique, jacques chirac, société, présidents, France, nostalgie, histoire, amaury watremezDepuis quelques années déjà en France tout le monde se réclame du général de Gaulle y compris ses adversaires acharnés quand il était encore vivant. Ces héritiers se voulant gaullistes que le général ne reconnaîtrait sans doute pas devant notaire sont un peu comme les pigeons qui défèquent sur les statues du grand homme. Les volatiles se perchent sur les épaules de bronze du fondateur de la Vème République pour se protéger des prédateurs disent-ils. Mais ils ne voient cependant pas pourquoi celui-ci verrait un inconvénient à ce qu'ils fassent leurs besoins sur lui.

     

    Ils continuent cependant à roucouler comme si de rien n'était devant les micros se haussant tous du col pour garder le pouvoir coûte que coûte quitte à en passer pour tous les compromis, tous les renoncements.

     

    Depuis son malaise Jacques Chirac n'a que des amis, et moult disciples politiques, y compris à gauche. Tous ces pigeons attendent avec impatience de pouvoir se soulager sur ses statues. Chirac est soudain devenu un grand homme d’État. Tous ces pigeons pratiquent ainsi qu'il est coutume de nos jours une révérence littéralement abyssale, il ne faudrait surtout pas critiquer ni ironiser. On ne va certes pas moraliser, de grands hommes d’État ont profité de leur position pour faire fortune, se construire une collection d’œuvres d'art et que sais-je encore.

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  • A qui appartiendra l'avenir de la France ?

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    France, politique, société, nation, hypocrisie, inculture, paresse, vieux pays, islam, enquête Montaigne, amaury watremezPetit questionnement après l'enquête de l'institut "Montaigne"...

     

    Dédié à Myriam

     

    Vivant à Jérusalem, j'ai pu observer deux peuples très jeunes quotidiennement, des nations vivantes encore au berceau. Leur jeunesse n'était pas seulement dans celle de leurs populations, mais aussi dans leur dynamisme, leur fraîcheur d'âme que les vieux pays européens, tel la France, ont peut-être irrémédiablement perdue. Même antagonistes, même dans des « camps » supposés différents, la discussion et l'échange étaient toujours paradoxalement possibles et on refaisait le monde avec enthousiasme selon des idéaux que chacun avait, implantés profondément, au cœur et à l'esprit. Il était aisé de constater que l'avenir de ces peuples était largement ouvert, qu'il pourrait être sans doute plus serein un jour.

     

    A l'inverse on peut sérieusement se demander, non sans inquiétude, à qui appartiendra l'avenir en France, surtout quand un tiers des musulmans de France dit ne pas se reconnaître dans les valeurs nationales (selon la grande enquête de l'institut « Montaigne »). On peut répondre à ce questionnement sans être pour autant fakir extra-lucide ou voyant et sans risquer le ridicule immédiat. Le futur appartient généralement aux populations dont les valeurs sont solides, ainsi que leur identité. On peut donc raisonnablement douter de l'avenir de la France et des français.

     

    Dans la rue, la plupart des « souchiens » , des autochtones, montre cet essoufflement chronique d'un pays ne se connaissant plus, se reniant, haïssant ce qu'il est et ce qu'il a été. Leur mal-être profond se voit à l’œil nu, conséquence de la crise morale sans précédent que le pays traverse.

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  • Coucheries bourgeoises

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    coucheries.JPGAi eu vent de nombreuses histoires de coucheries bourgeoises dernièrement, d'aucuns croyant me révéler des comportements cachés que je n'aurais su voir en tant que catholique un peu vieille France psychorigide :

     

    De cette fille des beaux quartiers qui ne couche qu'avec des types de "basse" extraction pour se punir de sa "bourgeoisitude" à cette autre qui avait eu un gosse avec deux ou trois de ses amants, enfuis durant les grossesses. Idéalisé au cinoche, cela m'a toujours fait largement suer, ces histoires de matelas intellectualisées fonctionnant sur l'identification des spectateurs aux personnages afin qu'ils oublient pour les unes les seins qui tombent et pour les autres la brioche qui menace leur ceinture herniaire.

     

    Que c'est donc ridicule et petit !...

     

    Que c'est étriqué du point de vue de la cervelle !...

     

    Et jamais assumé totalement, toujours caché derrière des oripeaux de pseudo liberté selon la « modernitude ». Pour se consoler ils s'imaginent juste pendant leur « cinq à sept » un peu crapuleux, leurs ébats hâtifs et fébriles, en personnages de Claude Sautet ou Desplechins. Ils ont l'air tout au plus de clients de « Jacquie et Michel », ils se perçoivent finalement en bourgeois selon les films de Marc Dorcel.

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  • Le FranC C désué

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    appauvrissement du français, langue, société, politique, amaury watremezIl y a quelques jours le présentateur « bobogénique » de « Quotidien » sur TMC Yann Barthès a raillé pendant quelques minutes Hervé Mariton pour son français qui serait à entendre l'animateur « désuet ». En effet, Mariton utilise des termes élégants, use d'une syntaxe riche et varié. Pire encore, il n'emploie aucun des tics de langage à la mode, par exemple « du coup » à toutes les sauces, « en fait » en début de chaque phrase ». Je ne suis pas spécialement un soutien de ce candidat aux primaires de la droite mais je ne vois pas trop l'intérêt de se moquer d'une langue plus riche que celle entendue partout à la télévision et dans la rue.

     

    C'est ce qui fait pourtant la beauté du français à laquelle il semble apparemment insensible, par cynisme (il flatte ses spectateurs dans leurs bas instincts) ou par sottise. Mais il est loin d'être le seul...

     

    Derrière Barthès le public s'est mis à ricaner après sa blague. Parler français correctement, avec style, ce n'est pas « cool », ce n'est pas « sympa », ce n'est pas très moderne. C'est une lubie de prétentieux ou de vieux con. Et il convient même pour les gosses des beaux quartiers de parler comme les « racailles » des cités en plaçant quelques termes de « verlan » qui placent son homme (ou sa femme). Un « chelou » par ci, une « meuf » par là et on peut se faire passer pour un affranchi. C'est toujours à la fois cocasse et pathétique de les entendre massacrer la langue française par haine de leur éducation, par haine d'eux-mêmes.

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  • La décadence des élites françaises

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    À propos de « Le Crépuscule de la France d'en haut » paru le 14 septembre 2016 de Christophe Guilluy chez Flammarion

     

    christophe guilluy, fracture sociale, france d'en haut, société, privilèges, hypocrisie, amaury watremezChristophe Guilluy est déjà l'auteur des passionnants et indispensables « Fractures françaises » et de « la France périphérique » décrivant la rupture dorénavant presque définitive entre le pays et ses élites. L'intérêt de ces ouvrages et du dernier est que leur auteur n'est ni éditorialiste, ni journaliste politique, ni militant. On ne peut lui reprocher d'avoir un point de vue biaisé ou partisan. Il est géographe et analyse de manière scientifique les cartes démontrant la coupure des oligarques d'avec les petites gens, en particulier avec ces français dits ruraux, les habitants des petites villes de province méprisées, considérées avec hauteur et condescendance :

     

    Tous les « franchouillards », les « ploucs », les « prolos » ainsi que les nomment avec mépris les bourgeois pédagogues.

     

    Ce n'est pas un livre contre les élites qui verserait dans le discours démagogique -et l'anti-intellectualisme- mille fois entendus. L'auteur rappelle juste que dans un pays dont le fonctionnement serait sain et réellement démocratique, elles seraient issues du peuple dans leur plus grande part. Or, en France elle s'entretiennent par la cooptation. les réseaux et la reproduction sociale. La « France d'en haut » et ses séides, et ce de plus en plus, sont totalement étanches, aveugles et sourds au reste de la population tout en prétendant la guider sur la voie du progrès. La « France d'en haut » et ses obligés ne veulent pas entendre la colère qui monte, ne s'inquiètent pas de la remise en cause générale de leurs desiderata.

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  • Réchauffement quel réchauffement ?

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    rechauffement.jpgIl fait 36 degrés un peu partout en notre beau pays de France et nous sommes déjà le 12 septembre 2016. A Toulouse place Jean Jaurès on déguste un peu plus de glace que d'habitude chez « Octave » ainsi qu'à « Berthillon » à Paris.. Il fait 36 degrés et les déclinistes qui trouvent toujours à redire à tout, les réactionnaires, les malveillants caractériels, des hyper-sensibles inadaptés à la société, qui n'aiment pas la modernité vont s'en frotter les mains vous allez voir. Ceux pour qui le réchauffement n'est pas qu'une légende vont critiquer, railler, alerter, ils le font toujours. Il est midi tout le temps, le ciel est presque constamment bleu piscine.

     

    Ils vont évoquer la pollution endémique, les ravages des l'industrie et gnagnagna, ils vont reprocher la hausse des températures à la pollution automobile et gnagnagna, le progrès qui permet à n'importe quel pékin de rouler en S.U.V ou en 4x4 dans Paris. Ce n'est pas rien quand même.

     

    Mais ne s'aperçoivent-ils pas qu'en ces jours de canicule, certes, le plus important est qu'il fait quand même super beau ?

     

    On peut tout de même encore se baigner au bord de la mer et les touristes sont tous rentrés ?

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  • Pédagogie de la réforme du collège

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    politique, école, éducation nationale, société, najat vallaud belkacem, collège, amaury watremezLa réforme du collège produit de nombreuses turbulences ces derniers mois parmi les enseignants et les parents d'élèves, sans que ceux-ci ne soient vraiment écoutés, sans que leur anxiété exprimée en particulier dans des grèves ne soit prise en compte. Encore une réforme ne servant à rien selon la plupart des observateurs. A droite on l'imagine parfois construite dans les cabinets noirs de l'anti-France, désirant la détruire par plus de laxisme et un nivellement par le bas de l'instruction publique assortis d'une pédagogie qui s'inspirerait de doctrines infernales et cosmopolites. A gauche d'aucuns accusent les financiers, les plus riches, les réactionnaires, les cibles habituelles.

     

    Les professeurs sont chargés de mettre en place à marche forcée une réforme que pour la plupart ils n'approuvent pas et sur laquelle ils n'ont pas été consultés alors qu'étant les premiers concernés. Ils se doivent de mettre en place les fameux EPI (ou Enseignements Pratiques Interdisciplinaires) censés favoriser la synergie entre les enseignants sans en comprendre le contenu, sans avoir été réellement formés excepté ceux sortant des ESPE (ex-IUFM) et encore.

     

    Et Najat Vallaud-Belkacem est chargée de tous les maux alors qu'elle n'est ni décisionnaire ni responsable de la réflexion menée en amont. Généralement on oublie également que la politique menée par l’Éducation Nationale est essentiellement budgétaire. Elle a pour but de diminuer les dépenses en pratiquant un « turn over » du personnel que Pierre Gattaz lui-même n'oserait rêver, en les payant des salaires parmi les plus bas d'Europe, en leur déniant la moindre reconnaissance. Certains professeurs contractuels (remplaçants) cumulent ainsi jusqu'à quarante-deux CDD en une quinzaine d'années sans que cela ne choque les syndicats ou les représentants du gouvernement.

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  • La légèreté contre la barbarie

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    sérieux.pngL'époque se pique de gravité, celle qui est « le bonheur des imbéciles » déjà évoquée par Nietzsche. Elle est aussi au pire esprit de sérieux quitte à verser régulièrement dans la lourdeur la plus insupportable. Les esprits en général se chaussent de semelles de plomb par peur d'être déconsidérés, pour donner d'eux une image flatteuse. L'époque affectionne également cette perception complètement faussée du respect consistant à laisser dire n'importe quelle sottise sous prétexte de tolérance, de circonspection afin de ne pas blesser les certitudes, les convictions. C'est la dictature de l'émotionnel immédiat, du dramatique, à coups de « tweets » et, ou de « statuts » facebook....

     

    Les individus de l'ère du 2.0 ont tellement peur de perdre leur dignité en passant pour futile, pour léger et désinvolte. Et ce fussent-ils croyants, incroyants, agnostiques, indifférents. Et l'accusation de dilettantisme reste la pire injure au fond pour les « salauds de pauvres » laborieux et soumis aux pires diktats du conformisme social, contre tous ceux qui ne veulent pas suivre cette posture sérieuse, raisonnable. Les supposés « amuseurs », les rigolos assermentés ne veulent plus faire seulement rire, ils se sentent concernés par la société, leur dérision a des limites qui sont les certitudes, même les plus abjectes, mêmes « celles qui rendent fous ».

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  • La sainteté et la calomnie

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    mt.jpgMère Thérésa a été canonisée par le Pape François pour ses actions en particulier en faveur des plus pauvres, et aussi pour ce qu'elle a apporté à la spiritualité chrétienne. Un saint pour l’Église Catholique n'est pas un « parfait », un être irréprochable. Un saint est aussi un pécheur, un être humain faillible, et chacun d'entre nous est appelé à l'être.

     

    La différence entre le saint et le reste de ses semblables est qu'il a conscience de sa faiblesse et s'élève en se conduisant véritablement selon son humanité. D'ailleurs rappelons que l’Église a été confiée dans l’Évangile par le Christ lui-même à des hommes très imparfaits dont Pierre, un imbécile tel qu'il est décrit dans le livre saint des chrétiens qui alla jusqu'à renier le Sauveur lui-même par lâcheté. Mathieu était un type un peu louche comme Zachée, et les autres disciples étaient des hommes qui n'étaient pas forcément recommandables. Quant à leur « rabbi » un légat romain l'appellait « le glouton » car soupçonné de fréquenter trop de fêtes pour un maître religieux...

     

    On a pu voir depuis cette canonisation fleurir tel du chiendent sur des sites de bourgeois pédagogues, des élites perdues dans les nuées heureuses du progrès, des articles à la fois orduriers et abjects, un genre de record, à charge contre Mère Thérésa. Tous ces articles à charge (par exemple celui-ci) ne sont que des tissus d'allégations sans fondement, de calomnies déjà largement entendues, de racontars divers et variés, sans qu'aucune preuve concrète ne soit jamais apportée. Mais notre époque étant ce qu'elle est, on leur prêtera foi, on les relaiera, pourquoi chercher à vérifier une rumeur...

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  • Le Mammouth a le dos large

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    éducation nationale, société, politique, école, rentrée scolaire, parents, enfants, élèves, amaury watremezLes mammouths étaient des animaux un peu lents, à poil long car frileux. Il était très difficile pour les hommes préhistoriques de les chasser car il était quasiment impossible de lui faire prendre une direction qu’il n’avait pas choisi. On avait beau le cribler de flèches, il continuait à se mouvoir longtemps, même lorsque son cadavre était enfin à terre agonisant. A chaque rentrée, le  « Mammouth » actuel, l’Education Nationale,  est malmené, les décisions des ministres successifs le dirigeant ou essayant de le faire raillées, moquées, conchiées.  On prétend en conséquence que cet animal préhistorique refuse d’évoluer vers le XXIème siècle.

     

    Il lui est reproché de ne plus apprendre grand-chose aux élèves à commencer par les fondamentaux, de ne plus transmettre de culture ou de valeurs ni même d’éducation basique.

     

    Les enseignants sont jugés trop laxistes, trop idéologues, pas assez engagés, trop zélés et trop indifférents. Ils sont perçus à droite comme les anciens « hussards noirs » de la République, ce qu’ils ne sont plus, et à gauche comme les garants des progrès de la société, ce qui n’est pas non plus leur rôle exclusif. D’aucuns se disent que c’était « mieux avant », avant les multiples réformes de l’enseignement débutant en 1977 avec la réforme Haby. Mais « avant » bien que les élèves sachent mieux lire et mieux compter, beaucoup étaient laissés sur le bord du chemin, les trop rêveurs, ceux qui n’étaient pas scolaires, inadaptés aux normes.

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