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L'impertinence au rang des beaux arts

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Arts, Oscar Wilde, petit palais, société, politique, amaury watremezUne exposition intitulée "Oscar Wilde l'impertinent absolu"  sur son œuvre et les remous qu'elle provoqua dans la société se tient en ce moment au Petit Palais (du 28 septembre 2016 au 15 janvier 2017). Elle exécute à partir de photographies, de manuscrits de sa main, de textes de Wilde un portrait du génial dandy expert dans l'art de la provocation et de l'impertinence sans jamais forcer, maître du mot d'esprit. Si je veux croire Jacques et Raïssa Maritain lorsqu'ils affirment que l'auteur de "la Ballade de la geôle de Reading" s'est converti de nouveau au catholicisme sur son lit de mort par leur entremise, j'aime penser que son dernier mot dans un hôtel miteux de la rue saint André des arts fût pour déplorer la laideur du papier peint de la pièce.

 

"Ah ce papier..." aurait-il dit lors de son dernier soupir...

 

Ce serait lui faire injure de le limiter au martyr de la "cause" homosexuelle suite à sa passion pour Lord Arthur Douglas qui le conduisit devant les tribunaux puis au bagne. Ce qui dérangeait tant la bienséance et les bons apôtres de son temps, ce qui dérange tant encore les bourgeois pédagogues, est qu'il était également un esthète au sens le plus pur du terme. C'est largement le plus subversif, le plus transgressif dans les atteintes aux bonnes mœurs qu'il n'eut de cesse de lancer. Le riche comme le pauvre, le pékin moyen issu de la classe moyenne, se fichent complètement de la beauté de ce monde, de tout ce qui peut les élever spirituellement et intellectuellement. La poésie, l'art, n'ont pas plus d'importance dans leurs existences.

 

Ils ne se soucient que de leur survie immédiate, de leur avidité à acheter toujours plus afin de combler la vacuité de leurs aspirations.  Ils sont prêts pour cela à toutes les bassesses, toutes les compromissions quitte pour cela à renoncer à tout ou partie de leur humanité, à se soumettre à n'importe quel maître de la manière la plus abjecte.  Wilde lui, comme la plupart des esthètes, est libre, libre de sa vie, de ses idéaux, libre de tout préjugé. Il n'obéissait qu'à sa conception aristocratique de la morale. Et de façon apparemment paradoxale, il était profondément lié à son enfance, une enfance dont on sent sa nostalgie, sa curieuse amertume tranquille en lisant "le Fantôme de Canterville", "le Prince heureux" ou l'histoire du jardin du "Géant égoïste". J'écris "apparemment paradoxale" car la plupart des auteurs, des créateurs, ont en eux cet enfant plus ou moins bien caché derrière parfois la flamboyance, les saillies spirituelles piquantes.

 

Arts, Oscar Wilde, petit palais, société, politique, amaury watremez"Le portrait de Dorian Gray" est aussi celui de sa relation avec le jeune lord Arthur Douglas. Il y est dans les deux versions du roman, dont celle réputée non expurgée sortie il y a peu aux "Cahiers Rouges" chez Grasset tout aussi lucide sur son issue fatale. Il sait qu'il y perdra tout. Il a toujours eu cette attirance du gouffre, des bas-fonds, des milieux interlopes ainsi que l'on disait avant. Il y évoluait comme un poisson dans l'eau aussi bien que dans les salons très chics. Il "entravait" le "slang" londonien, l'argot des truands, des "gens de peu", aussi bien que le registre de langue le plus classique. Il se réfugiera à Paris croyant échapper au conformisme et aux hypocrisies victoriennes de son pays, il en retrouva d'autres sous le vernis du positivisme bourgeois.

 

"De profundis" Oscar...

 

Sic Transit Gloria Mundi, Amen

 

Amaury - Grandgil

 

Affiche empruntée sur ce site

image du bas prise ici

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