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Tous chiraquiens

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politique, jacques chirac, société, présidents, France, nostalgie, histoire, amaury watremezDepuis quelques années déjà en France tout le monde se réclame du général de Gaulle y compris ses adversaires acharnés quand il était encore vivant. Ces héritiers se voulant gaullistes que le général ne reconnaîtrait sans doute pas devant notaire sont un peu comme les pigeons qui défèquent sur les statues du grand homme. Les volatiles se perchent sur les épaules de bronze du fondateur de la Vème République pour se protéger des prédateurs disent-ils. Mais ils ne voient cependant pas pourquoi celui-ci verrait un inconvénient à ce qu'ils fassent leurs besoins sur lui.

 

Ils continuent cependant à roucouler comme si de rien n'était devant les micros se haussant tous du col pour garder le pouvoir coûte que coûte quitte à en passer pour tous les compromis, tous les renoncements.

 

Depuis son malaise Jacques Chirac n'a que des amis, et moult disciples politiques, y compris à gauche. Tous ces pigeons attendent avec impatience de pouvoir se soulager sur ses statues. Chirac est soudain devenu un grand homme d’État. Tous ces pigeons pratiquent ainsi qu'il est coutume de nos jours une révérence littéralement abyssale, il ne faudrait surtout pas critiquer ni ironiser. On ne va certes pas moraliser, de grands hommes d’État ont profité de leur position pour faire fortune, se construire une collection d’œuvres d'art et que sais-je encore.

 

Mais soudain !

 

Oubliées ses fautes politiques, son aveuglement, oubliées les malversations, les frais de bouche indécents de la mairie de Paris, le marché truqué des lycées d'Ile de France, le masochisme mémoriel qu'il mit en lumière et aussi le 21 avril 2002....

 

Chirac n'était peut-être même pas de droite. Il était plus « radical valoisien » qu'autre chose, certainement encore moins gaulliste. Mais malgré tout, malgré tous ses défauts, toutes ses « casseroles », il était sans doute un des derniers à avoir réellement le sens du Bien Commun du pays, au moins dans son art de vivre. Il connaissait la ruralité, ne méprisait la « France périphérique » dont d'ailleurs il venait. Il l'appréciait, savait s'y mêler et en partager les plaisirs de la -bonne- chère.

 

Il a eu au moins un moment grandiose, lorsqu'il menaça à Jérusalem lors de sa visite en Israël de reprendre immédiatement son avion après la sécurité israélienne ait envahie le domaine de Sainte Anne, pourtant territoire souverain français ayant statut d'ambassade. Il fit alors preuve de vraie grandeur que l'on soit d'accord ou non avec la politique arabe de la France.

 

Au moins à l'époque se souciait-on encore un peu à l'époque au Quai d'Orsay ou à l'Elysée du sort des chrétiens orientaux...

 

Il fait partie de la famille pour les français. C'est un peu le vieil oncle en costume, l'air sérieux, mais farceur de la famille, celui qui est capable de parler avec autant d'aisance le langage des salons feutrés et celui des « zincs » des bistrots. Bernadette c'est la tante Geneviève, coiffée et habillée selon une mode surannée, toujours dans des tailleurs très chics mais à la coupe un peu désuète. Si Chirac a commis quelques infidélités fugaces, on prétendit qu'elles duraient « cinq minutes douche compris » et son épouse ne lui en tint pas rigueur. Et dans son milieu madame, l'on ne divorce pas. Le mariage Chirac est celui dont rêve, ou dont rêvait la plupart des français, un mariage « bourgeois » en grande pompe d'un fils du peuple et d'une fille de bonne famille.

 

Et depuis qu'ils sont à la retraite ils sont devenus les grands parents de tous les français, des grands parents aimant bien faire des petites affaires, s'offrir encore du bon temps que cela contrevienne un peu à la morale ou pas. Et clopinant doucement ils s'en vont tranquillement vers le crépuscule de leur destin

 

Sic Transit Gloria Mundi, Amen

 

Amaury – Grandgil

 

illustration prise sur le site de « Vanity Fair »

 

Chirac à Jérusalem

 

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