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Pédagogie de la réforme du collège

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politique, école, éducation nationale, société, najat vallaud belkacem, collège, amaury watremezLa réforme du collège produit de nombreuses turbulences ces derniers mois parmi les enseignants et les parents d'élèves, sans que ceux-ci ne soient vraiment écoutés, sans que leur anxiété exprimée en particulier dans des grèves ne soit prise en compte. Encore une réforme ne servant à rien selon la plupart des observateurs. A droite on l'imagine parfois construite dans les cabinets noirs de l'anti-France, désirant la détruire par plus de laxisme et un nivellement par le bas de l'instruction publique assortis d'une pédagogie qui s'inspirerait de doctrines infernales et cosmopolites. A gauche d'aucuns accusent les financiers, les plus riches, les réactionnaires, les cibles habituelles.

 

Les professeurs sont chargés de mettre en place à marche forcée une réforme que pour la plupart ils n'approuvent pas et sur laquelle ils n'ont pas été consultés alors qu'étant les premiers concernés. Ils se doivent de mettre en place les fameux EPI (ou Enseignements Pratiques Interdisciplinaires) censés favoriser la synergie entre les enseignants sans en comprendre le contenu, sans avoir été réellement formés excepté ceux sortant des ESPE (ex-IUFM) et encore.

 

Et Najat Vallaud-Belkacem est chargée de tous les maux alors qu'elle n'est ni décisionnaire ni responsable de la réflexion menée en amont. Généralement on oublie également que la politique menée par l’Éducation Nationale est essentiellement budgétaire. Elle a pour but de diminuer les dépenses en pratiquant un « turn over » du personnel que Pierre Gattaz lui-même n'oserait rêver, en les payant des salaires parmi les plus bas d'Europe, en leur déniant la moindre reconnaissance. Certains professeurs contractuels (remplaçants) cumulent ainsi jusqu'à quarante-deux CDD en une quinzaine d'années sans que cela ne choque les syndicats ou les représentants du gouvernement.

 

Je m'étonne aussi grandement que personne n'évoque jamais le rôle fondamental des inspecteurs généraux de l’Éducation Nationale car ce sont eux les vrais ministres de l’Éducation Nationale, tel Jean-Louis Durpaire ou Alain Geismar, « éminences grises » de la rue de Grenelle tous deux étant théoriquement retraités. Eux ne sont certes que des « envoyés » du prophète, Philippe Meirieu, pape honni du pédagogisme. Najat n'est qu'une disciple docile.

 

Les contempteurs de la réforme du collège ne se posent jamais les questions essentielles, en particulier les nostalgiques de l'enseignement à l'ancienne mode, avant la réforme Haby. Dans la société telle qu'elle était avant celle-ci lire était un acte normal, démocratisé depuis peu grâce en particulier à la naissance du « Livre de poche ». Le savoir et la culture, dont la culture classique, étaient deux valeurs respectées et honorées même si des érudits pouvaient être gentiment tournés en dérision par les chansonniers.

 

En 2016, le savoir et la culture n'étant pas immédiatement quantifiables n'ont plus aucun attrait pour la plupart des citoyens-consommateurs. Ouvrir un livre ne présentera un intérêt pour eux que si sa lecture présente un intérêt immédiat pour enrichir son CV. Tout est mis au même niveau d'appréciation, tous les goûts sont réputés se valoir, les pires et les meilleurs, toute hiérarchie culturelle est perçue comme arbitraire et symptôme de prétention. Comment fait-on pour transmettre quoi que ce soit à ces nouvelles générations ultra-connectées et refusant la culture, la méprisant ? Peut-on faire de même avec eux qu'avec les anciennes générations d'élèves ?

 

L'ancien système était loin d'être parfait, il laissait de côté les élèves moins aptes à se soumettre à la discipline scolaire...

 

Le nouveau ne l'est pas non plus, et il nécessite une réforme mais sur l'ensemble du cursus scolaire à commencer par l'apprentissage de la lecture et des mathématiques. Et c'est aussi aux politiques de réfléchir à un projet de société dans sa globalité, un projet abordant nécessairement la question de la place de la connaissance et du savoir.Cela implique donc du courage de leur part, la question étant leur capacité à en faire preuve. Enfin, c'est la formation des enseignants qui est à remettre à plat, leur statut, leur salaire et le processus les amenant devant les élèves. il arrive en effet que d'aucuns choisissent ce métier qui ressemble à une vocation par défaut.

 

La question éducative reste brûlante dans notre pays. D'un certain point de vue c'est plutôt rassurant. Reste maintenant à avancer...

 

Sic Transit Gloria Mundi, Amen

 

Amaury – Grandgil

 

image empruntée sur ce site

 

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