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Les petits bourgeois calotins

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politique, foi, société, catholiques, petits bourgeois, amaury watremez

Où l'on constate que je suis capable de tirer à boulets rouges aussi contre "mon" camp supposé

 

On m'a parfois reproché de ne demeurer que sur une seule ligne sur ce blog : dans la critique systématique des « bourgeois pédagogues », ceux que l'on appelle selon le terme galvaudé de « bobos ». C'est donc l'occasion ou jamais d'évoquer un autre genre de « bourgeois pédagogues », les petits bourgeois calotins. Attention, je ne dis pas que tous les catholiques sont calotins, bien loin de là, et que tous ceux issus de la petite, moyenne et haute bourgeoisie sont obligatoirement des purotins, loin de moi l'idée de généraliser. Cependant, ils sont pourtant encore pires que les donneurs de leçons de morale politique de gauche sociétale. Ceux-ci ont au moins pour eux le mérite d'essayer au moins de penser par eux-mêmes bien que cela s'entrecroise avec leurs prétentions parfois insignes, de tenter de rêver un monde meilleur même s'il n'en reste qu'au stade de la bonne intention consciemment ou pas.

 

Ils sont perclus de tant de certitudes absconses, de préjugés rassis bloqués comme d'autres dans un présent politique bloqué en 1945, enfin pour eux -pour certains d'entre eux- en 1940 même s'ils savent prendre des précautions pour ne pas être trop clairs dans leur haine des « classes dangereuses », de tout ce qui n'est pas eux, dans leurs vanités demeurant les mêmes depuis François Guizot. Lorsqu'ils sont entre eux, ou mis en confiance, il ne leur faut pas longtemps pour se montrer tels qu'ils sont réellement, sans fards, « décomplexés » comme dirait l'autre. Ils comprennent aussi très bien la raillerie, la satire, les reproches leur étant faits, ils ne les supportent pas tout en ne sachant pas trop comment y répondre....

 ...Ils font preuve d'une hypocrisie abjecte sans bornes ni culpabilité, les petits secrets bien cachés sous les tapis. Seule l'apparence d'honorabilité compte, d'une pseudo commisération mièvre empreint de sensiblerie rose-bonbon, d'un égoïsme sans frein ni scrupules, d'un népotisme assumé le tout plus insupportable encore que les bons apôtres progressistes de progrès. Leur inculture, leur ignorance, sont aussi évidentes mais ils ne voient pas le problème, la culture c'est un truc de bobo est leur nouvelle excuse. Barbey d'Aurevilly déjà les évoquait dans ses lettres à Trébutien, ces petits bourgeois d'une étroitesse spirituelle et, ou intellectuelle insupportable, d'une sottise à « front de taureau » presque tangible. Lisant « l'Ensorcelée » ou « Une vieille maîtresse », ils n'y voyaient qu'une exaltation de l'immoralité, un encouragement à la débauche n'en percevant ni le style ni le souffle...

 

Parfois catholiques, ils seront ultramontains jusqu'à l'absurde persuadés que cela suffit pour convaincre de la pureté de leur foi. Le catholicisme est surtout pour eux une manière de conservatoire social, devenant de fait un repoussoir.

 

On me rétorquera qu'il n'y a nul besoin d'en appeler à Barbey, ce vieux viking au verbe sifflant, dandy génial, élégant jusque dans son élégance morale, tant ce que j'énonce est évident, n'a pas besoin d'alibi. On se demande aussi souvent pourquoi ils apprécient visiblement autant de correspondre le plus possible à leur caricature par leur apparence, leurs habits, leur attitude en général, ne supportant pas les individus en dehors de leurs normes :

 

Les mères sont souvent proches des « femmes de Stepford » (voir dossier à ce lien), tout sourire, tout sucre, tout miel, poussant devant elles des chariots chargés de marmaille habillée en « Cyrillus » si le mari a un bon salaire. Les maris sont imperturbablement sérieux, responsables, coiffés en coupe « marines » ce qui leur rappelle les amitiés « saines et viriles » nouées alors qu'ils étaient scouts d'Europe ou scouts saint Georges, ce qui est encore plus « sélect », dans « leur » milieu, ne côtoyant pas de ces populations tellement vulgaires. Les maris travaillent dans les banques, les grandes entreprises à des postes de responsabilité le plus souvent tout en dénonçant dans le même temps la société moderne. Les enfants sont l'espoir des mères et des mères pour compenser leurs frustrations diverses et variées, les consoler des petites et grandes humiliations face à un chef de service ou des femmes « actives » un peu plus émancipées.

 

Lorsque ceux-ci énoncent des opinions proches des miennes, semblent de "mon" camp, j'ai pourtant aussitôt envie de les contredire juste pour le plaisir tellement ils me sont imbuvables et leurs convictions superficielles, autant de prétextes pour se justifier de leur avidité. C'est ainsi. Ils n'ont d'ailleurs pas véritablement d'opinions au fond, pas de foi, ils ne songent qu'à leurs intérêts et rien d'autres, à l'image qu'ils renvoient, c'est tout ce qui compte pour eux...

 

Sic Transit Gloria Mundi, Amen

 

Amaury – Grandgil

 

image empruntée ici

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