Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Le public de Roland Garros

Imprimer Pin it!

sport, tennis, roland garros, public, socété, vulgarité, amaury watremezAutant je trouve le Tennis à la télévision parfaitement assommant à de très rares exceptions et me fiche du tournoi se jouant actuellement Porte d'Auteuil comme de la première chaussette du général Gamelin, autant je trouve que l'observation du public s'y ruant en masse depuis des temps quasiment immémoriaux est -d'un certain point de vue- intéressant et excite la fibre caustique de toute personne doté d'un sens de la dérision ou d'une capacité de comprendre le second degré en état de marche. Je l'admets c'est plutôt rare de nos jours mais ces personnes existent encore.

 

C'est en mangeant « sur le pouce » sur un banc devant la piscine Molitor au grand dam de certains de ces quidams pour qui j'étais sans doute un représentant insolent des « classes dangereuses » que je me faisais cette réflexion voyant passer les spectateurs et spectatrices se dirigeant vers les courts « Suzanne Lenglen » ou le fameux « court n°1 », le court des vrais « winners », le plus côté pour les spectateurs disposant de moyens conséquents et d'une « Mastercard » dodue.

 

C'est un festival de vulgarités sans nom malheureusement d'époque, de vulgarités bien nettes diverses et variés, beaucoup plus insupportables en elles-même que les injures échangées par des « racailles » de banlieue, de vieux beaux se donnant des airs laborieusement guillerets, la clef du sacro-saint « SUV » compensateur de micro pénis voire de micro céphalie bien coincée dans la paume de la main droite, de mondaines et demie-mondaines émargeant visiblement hors des moyens du commun des mortels....

 ...Curieusement, sans doute avaient-elles reçues un « dress code » la veille, certainement pour adopter le genre sportif, elles portaient toutes de ces horribles pantalons « slim » très colorés en tissus pour elles un peu plus cher que celui de la « vulgum péquine », vêtement sur elles de teinte violacée, mauvâtre, rosée, ravalant la plupart d'entre elles au rang du saucisson d'Arles pour reprendre un « mot » de Desproges vantant le port du « porte-jarretelles » plutôt que du collant. Beaucoup avaient dépassé l'âge limite le plus raisonnable pour porter ce genre de modernes culottes.

 

Je ne me suis pas demandé très longtemps si le Tennis était leur réelle préoccupation. On va à « Roland », on dit « Roland » en toute simplicité quand on est de la tribu, pour se montrer et être montré, pour étaler son fric avec ostentation et se réjouir entre soi d'être tellement gâté par le « Barnum consumériste » (TM°). Tout est important, l'air bien concentré que l'on se donne quand la baballe passe et repasse au-dessus des filets, les lunettes de soleil « fashion » que l'on se colle sur le nez, s'il faut ou non jeter négligemment le « poulovère » « pastel » sur ses épaules, si la casquette « plébéienne » est ou pas tolérée.

 

L'on se doit également de choisir un « champion » que l'on applaudit alors aux bons moments du match, l'arbitre servant surtout à les indiquer aux gros propriétaires fonciers présents souffrant souvent de carences intellectuelles handicapantes (ce qui est une maladie méconnue et encore trop taboue dans nos sociétés).

 

Cette représentation des nantis ne date certes pas d'hier. Elle a toujours existé. De toute éternité ainsi que Vialatte le dirait. Cependant, les « tweets », « selfies », « snaptchats », « statuts facebook » que ces messieurs-dames envoient en rafale sur les réseaux dits sociaux afin de donner plus de visibilité encore à leur ostentation vulgaire amplifie leur vulgarité intrinsèque dix, vingt, trente fois plus. Auparavant ils se contentaient d'une photo dans « Jours de France » ou « Coin de rue images immondes » ou encore dans « Franche démence ». Maintenant, pourquoi ne bénéficieraient-ils pas des progrès techniques pour se montrer ?

 

Le plus drôle dans tout cela est que l'on continue dans les salons « kipensent » en particulier d'ironiser et de gloser sur la Cour de Versailles, mais Louis XIV et ses courtisans n'étaient que des amateurs à côté de « ces beaux messieurs coquins et de ces belles dames catins »...

 

Sic Transit Gloria Mundi, Amen

 

Amaury – Grandgil

 

PS : Bien sûr il y les ramasseurs de balles qui sont là par passion bien que peu fortunés ainsi que quelques spectateurs ayant épargné des mois pour se payer une place par intérêt réel 

illustration empruntée à ce site

Commentaires