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Sacro saint statut

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politique, syndicats, philippe sanchez, grèves, blocage du pays, amaury watremezLes grèves à répétition, on l'entend de la bouche des journalistes et des syndicalistes depuis plusieurs semaines, seraient la seule manière de lutter contre la précarité sociale que la « Loi travail » portée sur les fonts baptismaux par Myriam El Khomri et préparée par des technocrates n'ayant jamais travaillé dans le privé engendrerait. Il est tout à fait exact que ce texte imposé par les fameux critère de convergence budgétaire, ceci ayant commencé avec la Loi d'Orientation Loi de Finance imposée à la Fonction Publique dés 2002, implique un plus grand « turn over » des salariés et plus de « flexibilité sociale ».

 

C'est même son but premier, par contre lutter contre ne me paraît pas du tout le souci majeur des grévistes.

 

La plupart devraient bénéficier plus tard de ces « régimes spéciaux » de caisses de retraite, cette « exception culturelle » française que le monde nous envierait faisant que l'égalité de parcours professionnel et de fin de parcours est un mythe. Ils sont de ces travailleurs ultra-protégés, disposant d'avantages dits acquis, bénéficiant comme à EDF ou à la SNCF de privilèges indus au regard de leurs mérites : trajets quasiment gratuits, comités d'entreprise très riches. C'est toute une « usine à gaz » de micro-féodalités où l'on singe les comportements de protection des oligarques de l'étage du dessus. L'on s'accroche furieusement à des bribes de pouvoir, des bimbeloteries matérielles estimées parfaitement légitimes....

...C'est cela qui guide les grévistes, la peur de perdre quoi que ce fût de leur sacro-saint « statut », y compris pour les cheminots souhaitant pourquoi pas continuer à percevoir la « prime à la silicose » en honneur de leurs ancêtres...

 

Je peux en témoigner, ayant constaté tout cela « de visu » dans une de ces « communautés » :

 

Dans la « grande maison » de l'Education Nationale... .

 

..Où tout le monde se tutoie, tout le monde s'aime, tout le monde s'apprécie avec enthousiasme entre personnes du même statut, évidemment. Contractuel durant quinze ans, subissant 42 CDD contre une directive européenne jamais appliquée, j'ai parfois demandé l'aide des syndicats afin d'être aidé à sortir du cercle vieux qu'est la condition de professeur remplaçant. Si quelques personnes au sein des syndicats font preuve d'écoute, de bonne volonté, la plupart ne voit pas le problème, considérant le contractuel comme un « sous-prof ». Je trouvais pour ma part cela toujours amusant étant souvent plus diplômé que la plupart de mes conseurs et confrères d'une année ou de quelques mois. Parfois le tutoiement à mon encontre passait au vouvoiement presque respectueux...

 

La plupart des syndicats enseignants, mais ils ne sont pas les seuls, ne le disent pas à haute voix, cela ferait mauvais genre (ils sont tous de gauche, tellement de gauche qu'ils sont prêts à partager leurs heures sup'), mais pour eux, aider un contractuel à acquérir un meilleur salaire, une autre considération de son travail, ce serait là encore remettre en question leur sacro-saint statut d'où en conséquence, entre autres choses, la non prise en compte de l'ancienneté pour les professeurs remplaçants. A peine quelques uns, dans des conditions tellement drastiques qu'elles sen sont ubuesques, sont-ils « promus » « contractuels en CDI » ce qui n'est pas beaucoup plus enviable.

 

Ceux qui bloquent en ce moment l'économie française, en toute bonne conscience sans doute, tremblent tous pour ces acquis sociaux et autres micro-privilèges statutaires. S'ils souhaitent des négociations c'est pour être convaincus de garder tout cela, pour eux, et eux seuls, et après eux le déluge.

 

Sic Transit Gloria Mundi, Amen

 

Amaury – Grandgil

 

illustration empruntée à ce site

 

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