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Une société de babtous fragiles

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société, famille, enfants rois, éducation, amaury watremezIl y a une semaine me baladant dans Montmartre j'ai vu un petit épisode qui m'a semblé caractéristique de notre société et inquiétante quant à son avenir. Un gamin attendait avec ses la parents de pouvoir traverser une rue. Il jouait un petit jeu comme tous les gosses de son âge, posant un pied sur la chaussée puis le retirant ainsi qu'un toréador dés qu'il entendait le bruit d'une voiture, sans bien sûr faire attention en quoi que ce soit. Il manqua ainsi de se faire renverser par une dame en bicyclette qu'il n'entendait pas.

 

Pas vraiment traumatisé pour deux sous, il se contenta de remonter sur le trottoir. Son père et sa mère réagirent bien plus violemment, l'homme se mit à agonir d'injures ordurières la pauvre cycliste ne méritant pas cet excès d'indignité pendant que la femme entourait le garçon de ses bras, lui répétant constamment s'il n'avait rien, s'il allait bien. L'enfant entrant dans le jeu de ses géniteurs pleura à gros tonneaux, reniflant à grand bruit, de la morve dégoûtante coulant de son appendice nasal. Les parents l'emmenèrent finalement lui payer une glace pour qu'ils se remettent de son « traumatisme » selon le terme du père.

 

Le pauvre petit chéri satisfait s'autorisa à chipoter sur la taille de son cornet obtenant deux glaces...

...Ce genre de scènes pourrait aisément s'observer dans tous les milieux, dans n'importe quel endroit de France. Elles sont inquiétantes, pour le moins préoccupantes, car on se demande quel genre d'adultes donneront ces enfants rois. La moindre frustration dans leurs désirs, la moindre contrariété dans leurs existences, leur seront proprement insupportables.

 

Et ils seront totalement incapables de se débrouiller par eux-mêmes, ni de se défendre face à d'autres.

 

Ils seront de plus en plus obnubilés par leurs ego, leur confort, ne se soucieront pas une seconde des valeurs communes et plutôt que de renoncer à quoi que ce soit de ce confort matériel, de l'assouvissement de leurs désirs, seront séduits par n'importe quelle idéologie totalitaire ou système théocratique violent.

 

Ce qui reste des anciens liens de quartier, de communauté, de foi, de citoyenneté est tellement affadi, tellement minimisé, réduit au plus petit commun dénominateur, à quelques lieux communs d'une mièvrerie sans pareil (il faut être gentil avec son entourage, respecter toutes les croyances, toutes les opinions etc...). Ces restes ne représentent rien et ne représenteront jamais rien pour ces enfants exceptés des alibis faciles.

 

Tout cela ne date pas d'hier. Cela a commence dépuis le moment où il fût décidé qu'éducation était un gros mot et la transmission de valeurs ou d'idéaux une erreur, un arbitraire insupportable. C'est un monde de petits barbares parfois touchants, parfois attachants, néanmoins centrés sur leurs petites personnes, sur eux, toujours eux et rien qu'eux, le reste étant importun à leurs yeux. Ce n'est pas la faute des enfants en soi bien entendu. Cela permet aux parents à de rares exceptions de continuer à se conduire en adolescents, de refuser toute maturité, de nier leurs responsabilités à moins d'être dépassés par leurs gosses, ce qui peut donner « d'excellentes » émissions de « coaching » télévisuel qui plairont au reste du troupeau, et entretenir le spectacle.

 

Dans les « quartiers » dits difficiles on les appelle des « babtous fragiles ». La loi du plus fort y domine également, d'une autre manière, plus frontal et parfois. L'éducation et la transmission de valeurs même si ce ne sont pas les nôtres ont encore un sens. Et même si leur identité est fantasmée voire idéalisée à l'absurde, ces gamins des cités en ont une bien affirmée. Les matamores virtuels déplorant la perte des valeurs, tous les « babtous fragiles » s'insurgeant contre l'insécurité de ces éléments « issus de la diversité » selon la formule hypocrite, n'y peuvent rien et n'y pourront pas grand chose car ils refusent tout ce qui pourrait les contraindre dans leurs désirs, et l'éducation apprend d'abord à faire des compromis sur ceux-ci, à accepter de les tempérer.

 

Et pour cela ils sont prêts à toutes les bassesses, tous les renoncements moraux...

 

Sic Transit Gloria Mundi, Amen

 

Amaury – Grandgil

 

illustration empruntée ici

 

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