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Ce qui reste du Paris populaire

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Littérature, société, paris, politique, hypocrisieJe préférerai toujours le Paris populaire, le Paris des petites gens, des « salauds de pauvres » de « Traversée de Paris » de Marcel Aymé, le Paris de Robert Giraud ou Jean-Paul Clébert, des déclassés voire des fous aimables et philosophes que l'on peut, que l'on pouvait croiser parfois dans la rue. C'était le Paris « Pantruche » cette ville où l'on dise son fait aux bourgeois, sa fatuité aux salonnards prétentieux, sa prétention imbécile à l'esthète amateur d'« académies » de nus...

 

Ce Paris n'est pas encore ripoliné, il est exempt de retraitées botoxées avec le clébard minuscule trottinant derrière elles. Ce n'est pas un Paris repeint aux couleurs d'un festivisme ressemblant à une pub « Benneton » bien mièvre et toute en pastels des années 80.

 

Il est parfois réputé plus dangereux le soir, on y fume, on y boit, et on y fait du bruit en riant et en parlant dérangeant le « vivrensemble » tellement chanté sur tous les tons par la mairie actuelle et la précédente alors qu'il a disparu puisque les milieux ne se mélangent plus dans les bistros.

 

C'est le Paris de mon grand-père qui aimait tant le jus de la rue qu'il n'a eu de cesser d'arpenter....

 ...Au petit matin les travelos fatigués et mal rasés vont ailleurs, ils se cachent en attendant que la pharmacie ouvre rue Cortot.

Littérature, société, paris, politique, hypocrisie

Les prolos n'osent plus venir dans un rade tout propre et plein de chromes et de plastique hygiénique où un monsieur tellement plus respectable et branché qu'eux (il a un petit chignon et une barbichette par conscience écologique, il est citoyen lui) travaille avec beaucoup de concentration sur ses dossiers forcément internationaux.

 

Et puis attendre vingt minutes pour se faire servir un « petit crème » par une serveuse qui fait des castings le soir pour tourner dans le prochain Maïwenn dont elle connaît la belle-soeur du cousin au deuxième degré, c'est long.

 

Le Paris populaire, celui de Doisneau, de Queneau et Zazie, n'est en effet plus qu'une légende urbaine en 2016, un lointain souvenir, à l'exception de quelques poches de résistance de plus en plus rares mais on en trouve encore. Dans la plupart des quartiers habitent maintenant surtout des bourgeois pédagogues n'en finissant pas de moraliser les « classes dangereuses », des péquenots montés en graine devenus des badauds des grands boulevards, des affairistes ayant réussi. Ceux-là on les voit, la bagnole de prix garée juste à côté attendant la « professionnelle » ou la pouffiasse vénale rue du Faubourg saint-honoré ou d'autres quartiers de la rive droite.

 

Littérature, société, paris, politique, hypocrisieCe qui reste de ce Paris populaire est certes beaucoup plus comospolite qu'avant, ces restes disparaissent au fur et à mesure que les plus riches ont des envies de pittoresque, d'évasion à peu de frais. Y parquer les communautés « issues de la diversité » c'est pratique pour cela et ça donne bonne conscience car les bourgeois ont toujours « leurs » pauvres. Ils veulent des quartiers vivants dont ils précipitent la mort ou la muséification rapide mais piétonnière, bien sûr, ce qui est aussi un genre de -petite- mort.

 

Fluctuat nec mergitur,

 

Sic Transit Gloria Mundi, Amen

 

Amaury – Grandgil

 

photos par moi-même

 

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