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Des milliers de Frédéric Moreau dans les rues

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Les manifs lycéennes et étudiantes hier aujourd'hui et demain...

 

maxresdefault-630x0.jpgMoi qui ne suis pas du sérail, moi qui déteste « l'entre soi » des « professionnels de la profession », des adeptes des cercles fermés, moi qui ne suis qu'un petit bourgeois hédoniste et réactionnaire « s'aimant » je prends un risque -mineur- en rédigeant ce billet bien innocent mais taquin :

 

Celui de me faire injurier par les révoltés progressistes de progrès avec « brioche » conséquente de notable centriste autour de leur ceinture abdominale, tous promoteurs et laudateurs des manifs lycéennes et étudiantes. Sauf pour leur progéniture qui doit absolument réussir en « prépa » pour tenir son rang.

 


En effet, je contredis encore, non sans délectation, l'image qu'ils aimeraient renvoyer, ceux de rebelles rimbaldiens échevelés alors que la calvitie les menace, s'imaginant guides politiques et spirituels du peuple qui n'en demande pas tant. Peuple souvent ingrat il est vrai ne suivant pas toujours leurs sages préceptes, les « salauds de pauvres » devenant alors des ploucs franchouillards imbuvables. Surtout quand ils ne votent pas comme on leur intime de le faire....

 ..Dans « l'Education Sentimentale » Flaubert évoque la Révolution de 1848. Il tourne en ridicule les archétypes que l'on trouve parmi les « révolutionnaires », des archétypes demeurant exactement les mêmes en « Soissantuite », durant les manifestations contre la réforme Devaquet, au moment de celles opposées au CPE et les mouvements de cette semaine. Il rappelle aussi que ceux se faisant littéralement escroquer par les bonnes intentions et belles paroles des « bourgeois pédagogues » (l'expression -excellente- est d'Erik Satie) sont essentiellement les « petites » gens, les ouvriers, le peuple quoi au nom duquel les « zôteurs » engagés et les rebelles de salon prétendent combattre.

 

Après le « printemps des peuples » de 1848, Ce n'est bien entendu pas Frédéric Moreau ou son ami Deslauriers qui vont en prison pour avoir essayé de se révolter mais leur « camarade de luttes », Dussaurier. Frédéric tout comme Deslauriers savent plus ou moins confusément qu'ils ne risquent pas grand-chose, qu'il s'amusent et profitent de leur jeunesse en feignant de tourner le dos à des figures d'autorité. Ils sont conscients du fait qu'ils finiront par rentrer dans le rang. Ce qui arrivera à Frédéric après avoir croisé une dernière fois madame Arnoux. Il sont semblables aux bourgeois de la chanson de Brel dont on sait que « plus ils deviennent vieux plus ils deviennent... ».

 

Les gosses dans les rues cette semaine ne me sont pas antipathiques, au moins ces manifs brouillonnes sont-elles l'émanation de leur soif d'un autre horizon que celui très étriqué de cette société, de leur désir de changer ce monde bâti sur des bases iniques en elles-mêmes. Mais ce sont, à quelques exceptions près, autant de Frédéric Moreau chahutant un petit peu plus que d'habitude. Et ce sont toujours et encore les « Dussardier » les dindons de la farce qui se font matraquer ou qui finissent à l'ombre. Ce sont eux qui en tirent un casier judiciaire, eux qui connaîtront la précarité sociale voire la paupérisation organisée par la loi El Khomri.

 

Ils participent à une mascarade car bien entendu la loi passera telle quelle par décrets un peu plus tard, au moment des vacances estivales lorsque tous ces jeunes gens n'auront plus la tête à la rébellion et que les « Dussardier » travailleront aux caisses des supermarchés où tous ces « Frédéric Moreau » viendront faire leurs emplettes insouciantes avant l'après-midi à la plage, parlant à peine aux « prolos » tout juste bons à passer des codes barres.

 

Les « Frédéric » et « Deslauriers » leaders de ces manifs estudiantines et lycéennes n'ont pas trop à s'en faire quant aux jours de cours perdus, les plus méritants parmi eux trouveront en effet soit un poste d’adjoint à la Mairie de Paris soit un secrétariat ou un autre au sein de ce qui reste encore du Parti Socialiste. Les autres, « Papamaman » veilleront de même à leur avenir...

 

Sic Transit Gloria Mundi, Amen

 

Amaury - Grandgil

 

image empruntée sur ce site

 

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