Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Domesticité en peer to peer

Imprimer Pin it!

Depuis un siècle ou deux en particulier après la fin supposée des privilèges une certaine nuit du 4 Août, moment où leur milieu a pris le pouvoir, les bonnes ménagères bourgeoises le déplorent avec chagrin, hochant rituellement la tête selon les coutumes ancestrales de leur tribu : 

 domesticité2.jpg

« Il n'y a plus de bons domestiques ma chèèère amie ! Trouver une bonne femme de chambre mondieumondieu est teeellement difficile ma chèèère sans parler d'un cuisinier ou d'un aide pour déménager le grenier de notre chèèère grand-tante (à héritage) ».

 

Dorénavant, par la grâce du progrès technique en général et de l'internet en particulier on peut trouver des gens de maison pour peu cher. Il n'y a même plus besoin de les loger ma chèèère, il suffit de quelques « clicks » sur un site de cuisine livrée à domicile, de ménage pour trois francs six sous ou de services à domicile voire un chauffeur de maître docile et serviable, de « Uber » (TM°) à « Allo voisins » (TM°) en passant par « Alloresto » (TM°). Il suffit de faire passer cette véritable escroquerie morale pour de la solidarité en ligne afin de mieux faire digérer la pilule.

 

Il n'y a même plus besoin de les engager pour une bonne partie de leur vie ainsi que l'on faisait avant !

 

« N'est-ce pas si formidâââble ma chèère ? »....

 ...Cerise excessivement succulente sur le gâteau déjà bien trop sucré pour les favorisés, comme ces nouveaux domestiques 2.0 ne trouveront jamais un contrat de longue durée ailleurs de toutes façons, qu'ils sont toujours entre deux boulots précaires. Ils ont absolument besoin de ce revenu supplémentaire étant de plus soumis exactement comme les autres à l'obligation de consommer l'un ou l'autre gadget parfaitement superflu que la pub et la pression grégaire leur imposent comme indispensable à leur dignité.

 

Mais qu'importe, soyons insouciants :

 

« C'est tellement pratique ma chèèère l'informatique n'est-il pas ? C'est mon petit-fils qui me montre ».

 

Bien entendu, comme c'est nouveau tout le monde ou presque, sauf entre autres votre serviteur qui est sans doute un petit bourgeoiis hédoniste et réactionnaire à la fois caustique et cynique, trouve cela génial. Madame Parisot et d'autres ont rappelé que la précarité faisait partie de la vie, sauf pour eux, que l'amour était précaire, forcément précaire, et fragile, et que donc il était logique que non seulement les salariés ne touchent plus de salaires mais qu'ils soient payés à la prestation sans bien entendu aucun souci des charges, ces réminiscences d'un autre âge « ma chèèère » quand ceux travaillant pouvaient être protégés par la société.

 

Quelle drôle d'idée !

 

« La flexibilité du travail c'est l'avenir, ma chèèère, enfin pour les enfants des ploucs et non pour les gosses de notre milieux très chèèère, il ne faudrait quand même pas que ces gens rèvent de s'élever au-dessus de leur situation, cela n'arrivera jamais. C'est ce que Edouard-Kevin mon petit-neveu en école de commerce américaine me dit à chaque fois qu'il nous rend visite. C'est également ce que dit ce petit jeune homme au gouvernement, nous l'aimons beaucoup, Emmanuel Maqueron. Il a un sourire tellement franc et sa femme a nos âges chèèère amie »...

 

Ce cauchemar de la domesticité en peer to peer c'est l'avenir comme en plus ces pauvres, ces prolos ne se soucient plus du tout de changer quoi que ce soit à la société et qu'ils se contentent d'Hanouna à la télé, les bonnes ménagères bourgeoises seront satisfaites encore quelques décennies...

 

Sic Transit Gloria Mundi, Amen

 

Amaury – Grandgil

 

image empruntée à ce site

Commentaires