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Les enfants sauvages

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politique, société, éducation, sauvagerie, amaury watremezAmi lecteur magnanime avec mes petits billets, étant célibataire, en me risquant à évoquer l'absence d'éducation que les parents, grandes personnes pourtant réputées raisonnables, ne donnent plus du tout aux enfants dans nos pays dits occidentaux, je m'engage sur un terrain glissant. On me dira « oui un célibataire est jaloux, un vieux gars qui ne supporte pas les enfants des autres qui sont toujours mal élevés ». Le célibataire est toujours suspect d'un peu toutes les avanies et qui dit que derrière ses attitudes caustiques il ne cache pas une homosexualité honteuse voire pire encore ?

 

A de très rares exceptions, les occidentaux ont donc décidé de ne plus contraindre leurs enfants à quoi que ce soit. Par contraintes ils entendent le plus souvent éducation, et donc par le fait se justifient de ne plus rien leur transmettre comme valeurs culturelles ou morales. Et comme pour eux aussi, ce qui ressemble de près ou de loin à une obligation morale est insupportable, ils ne veulent surtout pas l'infliger à leur progéniture matériellement choyée lorsque les parents ont encore un emploi et les moyens s'entend.

 

C'est juste un alibi facile afin de se justifier de leur refus de toute maturité, de tout frein à leur consommation sans consumation des biens et des personnes jusqu'à plus soif. C'est effectivement fatiguant d'éduquer les enfants, ça prend du temps, de l'argent. Autant feindre pour se dédouaner la grandeur d'âme en prétendant qu'on les laisse libres de choisir les orientations de leur vie....

...Plutôt que d'en faire des individus épanouis et intellectuellement curieux, cela crée des gosses qui plus tard n'ont aucune barrière, aucun repère et finiront toujours par se laisser mener par la loi de la jungle. Les promoteurs de cette éducation réputée libertaire devraient relire « Sa Majesté des mouches » de William Golding. Le « darwinisme social » que cela engendre est d'ailleurs de plus en plus une réalité solidement implantée, les enfants puis les adolescents intériorisant la nécessité de la compétition pour la sélection naturelle au sein du système économique. Protéger les plus faibles, les plus fragiles devient anti-naturel, presque amoral et ce malgré toutes les bonnes intentions.

 

Cela amène également ces « enfants sauvages » d'un genre nouveau à ne pas pouvoir supporter la moindre contrariété, la moindre fustration dans leurs existences, celles-ci devenant littéralement incompréhensibles puisque jusqu'à leur majorité -théorique- le moindre de leurs désirs, la moindre de leurs pulsions, étaient satisfaits sans aucun problème. Il est vrai que cela en fait d'excellents consommateurs dociles.

 

Parfois ces enfants ressentent confusément la nécessité pour eux de repères moraux solides. C'est aussi la raison pour laquelle de jeunes français se fourvoient sur le chemin de l'islamisme abandonnant un nihilisme pour un autre. Le djihadisme séduit aussi des jeunes filles leur faisant miroiter une vie tournée vers les autres, le service aux plus pauvres opprimés par l'Occident selon une propagande bien rôdée jouant sur la dictature toute puissante de l'émotion sur les réseaux sociaux. C'est dans une moindre mesure sur ce ressenti que de nombreux charlatans font des affaires juteuses, s'enrichissant aussi sur l'Ennui profond des plus aisés qui accumulent gadgets sur fanfreluches, superflu sur superflu sans que le néant de leurs aspirations ne soit jamais comblé.

 

Comment peut-on croire enfin que cette absence d'éducation permettra de conserver intacte notre manière de vivre ainsi que notre culture qui n'est plus perçue que sous l'angle utilitariste ? Comment peut-on croire que cela ne sera pas sans conséquences ?

 

Sic Transit Gloria Mundi, Amen

 

Amaury – Grandgil

 

image tirée de l'adaptation de « Sa Majesté des Mouches » prise ici

 

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