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L'imposture du syndicalisme étudiant (et lycéen)

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politique, société, El khomri, syndicalisme, amaury watremez, étudiants, facultésLes syndicalistes lycéens et étudiants ont appelé aujourd'hui à la grève contre la réforme hyper-libérale du droit du travail de Myriam El Khomri. A Paris VIII en AG des audacieux ont suggéré de « faire peur aux bourgeois » (dont faire peur à leurs parents en quelque sorte, voir le lien). Ils ont bien veillé également à ce que ce soit après les vacances au ski car il ne faut quant même pas exagérer, et au moment un peu creux de l'année scolaire, sans examens blancs ou réels. Rien que cela fait quand même bien sourire...

 

J'ai été moi-même dans ma folle jeunesse ami lecteur étudiant à Paris X Nanterre et dans cette université comme dans la plupart les syndicats étudiants sont une part importante du folklore. Chacun « son » mur d'affiches, et on se bagarrait à coups d'autocollants un peu partout. Chaque « bâtiment » avait sa « ligne » politique, le Droit était plutôt de droite, les Science Humaines de gauche révolutionnaire, les Lettres se partageaient selon les goûts littéraires des étudiants.

 

Il existait aussi les petits rigolos se moquant de tout cela dont la T.A.P (Tendance Autogérée Patatosante) ou d'autres tels ces étudiants qui firent manifester contre la réforme des maternelles en « babygros » quelques plaisantins dont j'étais en 95, des petits bourgeois hédonistes et réactionnaires un peu cyniques c'est certain.

 

J'ai bien dit folklore car s'il arrive que l'on y brasse quelques idées, on s'y gardait bien d'aller jusqu'au bout d'icelles. C'était juste une manière, pas forcément antipathique d'ailleurs, de se mettre en valeur en jouant les passionnarias, les « Che » de cafétéria, les révolutionnaires d'amphis, les féministes libérées de restaus U, les idéologues de machine à café. C'était aussi, c'est toujours un rite social, une manière de feindre de se rebeller en allant sagement passer les examens en fin d'années. Et c'est encore une manière de stage pour les militants « PS » ou « LR »....

...Il n'est absolument pas rare qu'un syndicaliste étudiant ou lycéen accède à un poste de responsabilités élevées dans un conseil municipal de grande ville ou au sein d'une formation politique. Il a généralement les réseaux familiaux qu'il convient, l'entregent « ad hoc » et la docilité idéologique qu'il faut. Il n'aura jamais à travailler dans le privé ou le public, à savoir ce que c'est de gagner sa vie, et parfois même il finira au gouvernement, s'il reste bien dans les rails, où il sera alors chargé de présenter une loi réformant le droit du travail par exemple...

 

...Que cette loi soit abjecte il n'en aura cure ayant bien profité du système, mais bien sûr ce n'est qu'un exemple (ici marqueur "d'ironicité" appuyé). Il est même possible que ce militant exemplaire soit sincèrement persuadé de faire du bien pour la communauté.

 

Parmi ces syndicalistes, j'ai pu constater presque à chaque fois la présence d'un « prolétaire » alibi, une sorte de « bon sauvage » plébéien prétexte, que personne n'écoutait jamais, pour les autres afin de pouvoir prétendre que tout le monde était accepté, et qu'il n'y avait pas que des « héritiers » au sens bourdieusien du terme, pas que des petits bourgeois, des fils à Papamaman un peu trop choyés.

 

Rien n'a changé depuis « Mai 68 » ou voire même depuis la révolution de 1848 où l'on trouve rigoureusement les mêmes archétypes. Il suffit de lire « l’Éducation Sentimentale » de Flaubert. Il les décrit déjà avec talent. Il montre aussi l'imposture de ces bourgeois favorisés ne prenant aucun risque, sachant qu'ils n'en courent aucun. Dans ce livre, le seul personnage croyant vraiment à des idéaux généreux, ouvrier, finit emprisonné dans l'indifférence ou presque de ses camarades d'utopie dont Frédéric Moreau.

 

Sic Transit Gloria Mundi, Amen

 

Amaury – Grandgil

 

Photo « le figaro.fr »

 

 

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