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La peur panique de la mort sociale

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société, politique, instinct grégaire, bêtise, amaury watremezOn peut quand même se demander gravement pourquoi les imprécateurs d'internet, les râleurs virtuels, les révolutionnaires de réseaux sociaux et les réacs de forums n'agissent pas vraiment dans la vie afin de porter leurs idéaux au plus haut. Serait-ce juste parce que ce sont des « petits bras », des employés minables frustrés coincés dans leur « open space » et se défoulant sur le réseau. Ils ne sont certes pas très différents des « philosophes de comptoir » du monde d'avant, de ces types qui refaisaient le monde, de la genèse à l'apocalypse, entre deux « ballons » de rouge qui tache. La réponse à la question posée en début de ce paragraphe brillant (et je baise mes mots) n'est pourtant pas bien compliquée :

 

Ils ont comme leurs ancêtres une peur panique, viscérale de la mort sociale...

 

La mort sociale c'est ne plus faire partie d'aucun groupe, être rejeté d'une communauté ou d'une autre. La mort sociale c'est être considéré comme un mauvais coucheur, un salopard fini car l'on choisit soudaine de sortir du rang. Mieux vaut la soumission au mouvement du troupeau, à la bêtise grégaire, que l'indépendance d'esprit, la liberté de penser par soi-même. La mort sociale c'est aussi prendre le risque de perdre soudain sa capacité à consommer, à acheter les produits que les vrais maîtres de ce monde nous intiment de posséder chez nous afin de demeurer des membres reconnus de la société actuelle.

 

La mort sociale pourtant n'est pas bien grave, elle conduit à regagner son humanité dans notre période plus que troublée, à retrouver sa dignité dans autre chose qu'un gadget ou un autre.

 

C'est plus fort que midable mais on peut en 2015 se demander pourquoi et comment on peut avoir cette terreur de la mort sociale dans notre société pourrie, malade, rongée par l'égoïsme, la violence, l'avidité, à quelques individus exceptionnels et plus que relativement rares. Chercher à être normal et intégré sans se poser de questions dans une société profondément déséquilibrée revient pourtant à être complètement aliéné. Peu importe, peu leur chat, la mort sociale est ressentie comme bien pire que les compromissions diverses et variées voire la lâcheté la plus abjecte....

 

Cette crainte, elle peut rendre complètement fou, amener à la névrose, est incompréhensible car la société est déjà morte en elle-même. Elle n'est plus qu'un empilement d'individus sans aucun lien les uns avec les autres. La conversation est morte, dans les transports en commun, dans la rue l'on cherche surtout à éviter le regard du voisin, contact dorénavant insupportable. Rencontrer des pauvres, des estropiés, des faibles engendrent cette même terreur abjecte ; ils gênent le regard que les individus empilés ont sur eux. Ils les renvoient à leur incapacité à l'altérité, à la simple empathie.

 

Cela n'est pas neuf l'instinct grégaire, la rumeur toute-puissante, le commérage souverain, les préjugés stupides. Le progrès technique les amplifie cependant beaucoup plus que de raison et à un degré beaucoup plus important qu'aux temps anciens. On me dira que cette aliénation fait au moins le bonheur des marchands de rêve, des pseudo « côtches » de vie, des apprentis gourous et des « maîtres à penser » confirmés et expérimentés. Et c'est ainsi que va le monde...

 

« Ce n'est pas un signe de bonne santé que d'être bien adapté à une société profondément malade »

 

Jiddu Krishnamurti

 

Sic Transit Gloria Mundi, Amen

 

Amaury – Grandgil

 

image empruntée sur ce site, « toolito »

 

 

 

 

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