Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

La solitude au milieu de la foule moderne

Imprimer Pin it!

solitude-psychotherapie-et-psychocoaching-asnieres-sur-seine.jpgEn 2015, on est frappé, et effrayé, par le nombre de personnes seules. Je ne parle pas ici des personnes célibataires ne vivant pas en couple pouvant avoir une vie intérieure et extérieure profonde et active, mais de personnes complètement seules et n'ayant plus aucun lien avec personne, que ce soit des liens amicaux ou familiaux. La plupart du temps, afin de ne pas avoir le sentiment de perdre la face devant la foule, elles jouent un personnage, ainsi que sur une scène. Bien que les subissant lourdement, elles respectent les normes sociales, les paradigmes de bonne conduite dans notre monde. Elles entretiennent leur image dans la vie ou sur le réseau.

 

Il arrive aussi qu'elles n'y fassent même plus attention, ne jouant même plus la comédie. Elles sont comme des âmes en peine dans les rues des villes, les gares et les galeries commerçantes géantes, seules oasis bien illusoires de la société spectaculaire. A cette solitude se mêle souvent d'une précarité sociale extrêmement dure. Les autres les regardent avec un mépris non dissimulé, affecté, et aussi avec peur, la peur de se retrouver dans la même situation difficile... 

...Ils savent très bien que cela peut leur arriver aussi. Ils en rajoutent alors dans la soumission aux dikats de l'apparence et de la standardisation des esprits, dans la servilité au conformisme songeant sans doute, bien à tort, que cela peut les protéger indéfiniment de l'isolement.

 

Bien entendu c'est un leurre...

 

D'autres, fatigués d'être seuls, se mettent en couple avec le premier venu (ou la première). Ils en confient de plus en plus le choix à un ordinateur. Comme chacun, des transistors, des cartes mères et des circuits imprimés sont beaucoup plus compétents en ce domaine qu'eux mêmes ou ceux les aimant vraiment. Lorsque le choix est prétendûment fait, c'est encore le leurre qui prédomine, une apparence de sentiments, d'intérêts communs, uniquement basée sur le quantitatif : les revenus, le patrimoine, le magot, la retraite. Ils tentent vainement de se convaincre de la vérité de leur couple, se cantonnant à une perception adolescente de leur relation amoureuse, cherchant vainement des signes d'amour, les guettant dans le moindre geste, la moindre phrase, y compris la plus anodine.

 

...Des signes inexistants bien sûr.

 

La « célibattante » vieillissante, voyant apparaître jour et après jours des ridules qu'elle trouve affreuses au coin de ses paupières, oublie son intelligence en route et se conduit comme l'enfant qu'elle a été. Le quinquagénaire se sent encore rimbaldien, poète et paysan, malgré sa brioche de notable de province et son compte en banque lui aussi dodu. Il croit se noyer dans des délices de volupté et a surtout de la tension et trop de Gamma GT. Il ne fait que sombrer que dans l'adultère le plus commun en milieu bourgeois, finissant de temps à autres par se laisser mener par le bout du nez, mais pas que, par une Lolita fine mouche, grisée par l'ascendant qu'elle exercera sur un vieux con croyant retrouver sa jeunesse perdue en batifolant au lit avec une gamine.

 

C'est aussi que parfois ils ont tout simplement besoin d'un père ou d'une mère qu'ils n'ont jamais eu dans leur enfance ou leur adolescence. Ce sont des femmes n'ayant jamais résolu leur complexe d'Electre, des hommes souffrant encore de leur Oedipe. Ce n'est pas tout à fait de leur faute s'ils ont du couple une idée aussi fausse et aussi vague, leurs géniteurs s'étant surtout consacrés depuis quelques décennies à la satisfaction de leurs désirs et pulsions et non à l'éducation de leur progéniture, voire à leur transmettre quelque valeur ou culture que ce soit. A quarante ans passés, ce sont toujours des enfants perdus, des gosses abandonnés, n'ayant été que nourris et habillés par leurs parents. Ce n'est déjà pas si mal me dira-t-on, mais cela ne suffit bien évidemment pas.

 

Sic Transit Gloria Mundi, Amen

 

Amaury – Grandgil

 

 image prise ici

Ci-dessous une chanson de Souchon (je sais, je sais...) illustrant bien mon billet

Commentaires