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Les profs boucs-émissaires commodes

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Ecole, Education Nationale, société, politique, amaury watremez, parentsAu moment du bac cela ne rate jamais, on a le droit aux mêmes polémiques depuis des années, aux mêmes questionnements graves « d'experts » lunettés et cravatés sur la baisse de niveau des élèves depuis des décennies, sur leur manque quasiment total d'appétence des jeunes pour la culture. Sur les réseaux sociaux, l'on fait circuler les pires « tweets » des gosses après les épreuves, les plus décomplexés en matière d'ignorance crasse, avec le plus grand nombre de fautes dans une phrase, ce que je trouve toujours intéressant, dirons nous, quand c'est présenté par des « facebookiens » ou des « tweetonautes » commettant autant d'erreurs de syntaxe que les jeunes montrés comme des demeurés.

 

Le tout est imputé uniquement à l’École et son « management » défaillant comme si l’Éducation des enfants, la transmission des valeurs et d'une culture ne relevait que des profs et de l'Institution, comme si les parents n'étaient pas des citoyens responsables s'engageant et capables de voter pour des candidats ayant les meilleures solutions pour l’École, éloignées de celles proposées par des idéologues détachés du terrain, proposant de revenir à la transmission des savoirs par exemple, ainsi que l'on en parlait ici...

...D'ailleurs, en parcourant les réactions, commentaires et forums sur le sujet sur le net, l'on constate généralement que la baisse de niveau, le désintérêt des adolescents pour la culture concerne surtout à lire les différentes contributions les AUTRES enfants. La progéniture des génies des Carpates sachant quelle est LA solution pour une gouvernance de l’Éducation qui changerait tout, une panacée quelconque, une poudre de perlimpinpin, ne se compose que de génies en bouture, de gamins parfaits :

 

Ils sont cultivés !

 

Ils ont la télé dans la chambre, un PC, une tablette et un « smartphone » en « quat'Gé » !

 

Ils sont très très ouverts au monde !

 

Ils n'ont pas de bibliothèque parce que c'est un truc de vieux, c'est démodé les livres, c'est ringard, maintenant de toutes façons y'a « ouiquipède » accessible de partout...

 

Et si d'aventure leurs enfants ont de mauvaises notes, ou sont sanctionnés pour un comportement déplacé c'est obligatoirement de la faute des enseignants, des salauds, des méchants, des jaloux frustrés et aigris, tous dépressifs en plus. Les mêmes pestant contre les manques de l’Éducation Nationale vont de suite aux rendez-vous avec l'administration, voire aux lettres anonymes quand ce n'est pas la judiciarisation pour défendre bien souvent l'indéfendable : un harcèlement sur Internet, des injures, des violences et j'en passe et des pires. Les plus soft offrent aussi, ça arrive, des « Ferreiro Rocher » (TM°) aux enseignants réputés sévères pour tenter d'acheter leurs bonnes grâces dés fois que ça marche...

 

 

Le problème de l’Éducation est un problème plus global de toute la société, du manque de goût des jeunes pour une culture d'excellence, d'exigence, qui demande un effort, et aussi de « sortir de soi » au lieu que de se complaire dans le narcissisme régressif abject de l'époque dans lequel les parents et la plupart des grandes personnes réputées raisonnables se baigne avec délices.

 

Les pères, les mères, ne veulent plus l'être de toutes façons, ils veulent faire copain-copain avec leurs gosses ce qui leur donne l'illusion de ne pas vieillir, ça sert quand même à ça les gosses, entretenir l'égocentrisme des adultes qui ne songent plus à éduquer leur progéniture qu'ils couvrent, quand ils le peuvent encore, de monceaux de babioles toutes parfaitement superflues croyant compenser.

 

C'est tellement mignon, Papamaman se fournissant chez le même dealer que « fifils ou « fifille », tellement libre n'est-ce pas ? Si « fifils » et « fifille » se sentent légèrement aliénés au moment d'entrer dans la maturité, c'est la faute à l’École et l’Éducation Nationale mon bon monsieur ! C'est le progrès, enfin celui de la régression infantile perpétuelle de ceux censés transmettre leurs enfants, qui sans aucun repère se comportent exactement comme les naufragés de « Sa Majesté des Mouches » (classique adolescent quand j'avais ton âge ami djeun, cela ne me rajeunit pas...)...

 

Et puis il faut bien dire que le sujet de l’École est un sujet brûlant car il réveille de vieilles rancœurs, de vieux ressentiments, de vieux complexes aussi chez les adultes ayant été aussi des gamins choyés, et qui le sont restés, en somme, s'exonérant à bon compte de leur écrasante responsabilité.

 

Sic Transit Gloria Mundi, Amen

 

 

Amaury - Grandgil

 

image prise ici

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