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Perfidia

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« Perfidia » de James Ellroy chez Payot et Rivages

politique, société, littérature, Ellroy, Noir, amaury watremez, polar« Underworld USA » m'était tombé des mains, « it was a piece of shit man », c'était la première fois avec un roman d'Ellroy. Ellroy était fatigué, Ellroy était moins perturbé, Ellroy avait envie d'une vie bourgeoise croyait-on à l'époque. On le sentait moins inspiré, moins concerné par ses personnages. Je n'avais pas trop compris où il voulait en venir. « Perfidia » se tient mieux, est plus cohérent, et descend beaucoup plus bas dans les tréfonds de L.A (California) dont rêvent encore les naïfs, les fous et les esclaves enthousiastes du « Barnum consumériste ». 

 

Avec ce livre, ça se confirme, Ellroy n'est jamais aussi bon quand il écrit sur les années 40 ;

 

« LA Confidential », « le Dahlia Noir » et « le Grand Nulle part » ;  

 

Et sur son parcours de « Ellroy Da Dog »  camé à la benzédrine, buvant beaucoup trop, clodo voyeur, caddie de golf pour richards et finalement écrivain talentueux à succès, de cette veine dans laquelle c'est un sang épais qui bat je retiens « Ma part d'ombre » sur sa mère, et « la Malédiction Hilliker » sur sa fascination des femmes....

...Ellroy n'écrit pas des romans historiques se voulant exacts dans leur description. Il cauchemarde l'époque de son enfance, fantasme morbidement non sans délices sur les années de guerre et d'après-guerre. Dans ses personnages on retrouve des vedettes de l'écran, du splendide miroir aux alouettes des collines de Burbank. Les « cons involontaires » et les « cons de naissances ont du mal à comprendre la différence, ils confondent souvent le racisme des monstres de papier d'Ellroy avec le sien supposé. Ils ont du mal avec la dérision déjà mais aussi avec le Roman en général et particulièrement le « Roman Noir »,ce « mauvais genre » terriblement mal élevé. C'est mââl de montrer les icônes comme James Dean ou « Jack » Kennedy par leurs faces sombres, c'est mââl de parler du mal.

 

politique, société, littérature, Ellroy, Noir, amaury watremez, polarIl faut dire que la plupart vit déjà dans la fiction qu'est notre société...

 

Non, vraiment, pour eux, Ellroy c'est trop, trop de sang, trop de tripes, trop de sueur, trop de sexe, trop de violence, trop de ceci et trop de cela. On se demande toujours quelle est leur conception de la nature humaine, la voient-ils seulement à travers des lunettes roses ? Ils aiment bien les romans policiers moraux, ou alors avec un messââge pédagogique à l'intention des « classes dangereuses » ou « laborieuses ».

 

Attention, pas de gourance, Manchette veut décrire les marges de la société capitalistes quand il écrit mais il ne fait pas la leçon aux travailleurs z-et aux travailleuses, contrairement à Daeninckx, entre autres curés laïcs missionnaires de leur idéologie. Et comme écrivain de polar engagé, on pourrait aussi rappeler les romans d'ADG aux antipodes des convictions de l'auteur du "Petit bleu de la Côte Ouest"

 

Dans les livres de Ellroy le lecteur se met à la place des êtres humains décrits, complexes, jamais complètement sombres, jamais complètement aussi inhumains que les autres les perçoivent. Personne n'a l'âme toute blanche ou toute noire, sa couleur oscillerait plutôt entre diverses nuances de gris. Celles des flics ou criminels chez cet auteur, ce sont souvent les mêmes personnes, est souvent gris foncé, comme beaucoup d'autres dans la vie. La différence est que dans la vie, les « vraigens » se leurrent beaucoup plus que les créatures d'Ellroy, se créent un personnage, ne veulent surtout pas regarder le réel tel qu'il est en face. Personnellement, j'en suis gré à l'écrivain, les « vraigens » me font suer par leur médiocrité satisfaite la majeure partie du temps. Pourquoi devrais-je m'emmerder à les retrouver en Littérature ? Cela n'aurait eu strictement aucun intérêt. Déjà dans l’œuvre de Balzac, dans Dostoïevski, les personnages sont toujours plus grands et moins petits, moins étriqués qu'ils ne le seraient dans la vie.

 

« Perfidia » commence par l’assassinat d'une famille de japonais, meurtre déguisé en suicide rituel ou « seppuku ». Enquête sur cette tragédie Hideo Ashida, jeune docteur en criminologie de la police de Los Angeles, cachant son homosexualité, le retors Dudley « the Dudster » Smith et le capitaine William Parker. On retrouve plusieurs autres personnages des précédents livres d'Ellroy : Kay Lake, dont on découvre le journal de ces journées, et Leland « Lee » Blanchard déjà croisés dans « le Dahlia Noir ». Dudley Smith couche avec Bette Davis, cache des indices, tue des innocents gratuitement et casse du « jap ».

 

Les politiques de la ville ravis finalement de Pearl Harbour en profitent pour s'enrichir sur le dos des japonais parqués dans des camps autour de la mégalopole. Le roman, choral, se déroule sur l'air de « Perfidia » de Glenn Miller, au rythme faussement tranquille et à la mélodie pas si insouciante...

 

Amaury – Grandgil

 

« Also Da Dog »

 

Couverture de « Perfidia » prise ici

 

Portrait de Ellroy emprunté

 

 

Ci-dessous « Perfidia » de Glenn Miller

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