Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

L'intelligence sous-évaluée

Imprimer Pin it!

Dans les réformes éducatives on ne tient que rarement compte d'une certaine catégorie d'enfants dont le système scolaire et la société se méfient particulièrement : les enfants surdoués.

 

cerveau, intelligence, éducation, société, politique, amaury watremez, école, éducationCes enfants ne rentrent pas dans le cadre, et ils n'ont pas besoin des enseignants de la même manière que les autres. Alors que la plupart des représentants de cette classe d'âge à des difficultés à comprendre une partie d'un motif intellectuel les gosses surdoués le considèrent déjà dans son ensemble, voire même ils en voient la trame, saisissant les implications d'un raisonnement plus rapidement que la moyenne et donc s'ennuyant très vite. L'ennui est leur principal ennemi car progressivement, alors que leurs capacités sont laissées en friche ils négligent leur parcours d'études et se retrouvent souvent en situation d'échec.

 

Un surdoué ne l'est pas forcément, selon le cliché habituel, pour tout. Il le sera surtout pour ce qui l'intéresse, domaine pour lequel il conservera constamment une curiosité très vive, voulant tout savoir du sujet le passionnant. Il est intellectuellement précoce, doté d'un haut potentiel. C'est un « zèbre » selon le terme de Jeanne Sihaud-Facchin, détonnant parmi les autres être humains par les rayures que sont ses capacités exceptionnelles....

...Il n'est jamais trop tard pour déceler ce potentiel, jamais trop tard pour le révéler enfin. Il est arrivé que des quadragénaires se découvrent et soient ainsi libérés d'un sentiment d'inadaptation chronique à un monde n'étant pas du tout fait pour eux. C'est juste qu'ils étaient différents...

 

Ce qui est effarant est que ces dons, un trésor potentiellement immense pourtant pour changer le monde, sont perçus et désignés sous l'angle de la pathologie par les institutionnels, comme un handicap très lourd. Ceux-ci insisteront sur son mal-être, son incapacité et pour cause à s'intégrer, le décalage supposé entre sa maturité intellectuelle et l'affective.

 

Bien vite, ils réalisent cependant que dans notre société, au sein de groupes où personne ne leur ressemble, l'intelligence est une vertu largement sous-évaluée. Ils appliquent alors à la lettre le dicton qui suggère que pour vivre heureux il est préférable de vivre cachés. Ils ne veulent surtout pas se faire remarquer. Ils ont compris que leur intellect et leur sensibilité au monde aussi car c'est un corollaire important de leurs aptitudes à réfléchir engendrent la jalousie de leurs camarades et des adultes qui peuvent se sentir humiliés par ces « morveux » plus intelligents qu'eux, et souvent plus cultivés.

 

Et la nature faisant hélas bien les chose, elle a donné aux imbéciles et aux médiocres une capacité plus conséquente à l'agressivité et à la violence pour se défendre lorsqu'ils se sentent rabaissés, compenser leurs carences...

 

De se heurter ainsi aux moqueries, aux injures, au rejet de ses congénères, à l'incompréhension, à l'envie fait de l'enfant surdoué un adulte misanthrope à divers degrés d'échelle. Ce que l'enfant surdoué verra tout de suite chez les autres ce sont leurs défauts, leurs manques, leurs faiblesses, toutes choses qu'il sait aussi en lui ; il aura ensuite la tentation d'oublier de voir aussi la beauté existant également chez d'autres personnes n'étant pas obligatoirement des « zèbres » comme lui. Ses souffrances exacerberont sa sensibilité, ce qui le rendra beaucoup plus fragile au monde. Le pire est pour lui l'impossibilité quasi absolue de se confier en toute liberté à quelqu'un car on le prendra pour quelqu'un d'orgueilleux, de vaniteux, d'arrogant.

 

Nombre d'interlocuteurs seront aussitôt sur la défensive objectant par exemple le lieu commun voulant qu'il y ait plusieurs formes d'intelligence toutes au même niveau...

 

Dans un monde où les êtres, corps et âmes, sont de plus en plus voués à la standardisation, au rabaissement au plus petit dénominateur commun, leur avenir n'est pas encore rose-bonbon.

 

Grandgil

 

 

Image prise sur ce site

Commentaires