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« Avengers : l'ère d'Ultron », le reboot de la cinéphilie honteuse – les « comics books » de cinoche

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cinéma, comics, bande dessinée, politique, sociétéJe suis allé voir la principale machine de guerre des « blockbusters » de cette année, « Avengers : l'ère d'Ultron ». Le film rassemble les principaux héros des « comic books » Marvel, tous insérés dans une seule et même histoire courant sur les films et les séries télévisées leur étant consacrés. Il se résume en une ou deux lignes : Tony Stark invente un robot, Ultron, capable de maintenir la paix partout sur terre de manière automatique. Ultron accède à la conscience à cause d'un « sceptre cosmique » employé par des méchants nazis et il veut détruire alors tout l'humanité. Il est « joué » par James Spader qui l'incarne de la même manière que son personnage de l'excellente série « The Blakclist ».

 

C'est plus une attraction de fête foraine subissant un montage ultra « cut » et un peu trop rapide entrecoupée de deux ou trois scènes entre les personnages aussi fines que celles d'un « sitcom » se voulant sentimentalo-rigolo. Au début, Thor, un dieu d'Asgard, s'amuse avec ses potes. Ils essaient tous de soulever son marteau mais comme ils ne sont pas parfaits, forcément ils n'y arrivent pas même s'ils sont très très forts. Et comme Thor c'est un coquin, il ne leur a pas dit la condition pour le prendre en main...

...Quelle marrade !

 

cinéma, comics, bande dessinée, politique, sociétéDans une autre, comme le personnage de la bonnasse, « Black Widow/Natasha Romanov » même dans un « blockbuster » ne peut plus être juste une « pin up » mais qu'elle doit avoir des « problèmes de femmes », on lui fait parler de ses problèmes de stérilité juste avant d'aller dérouiller du méchant robot et qu'elle balance Bruce Banner du sommet d'un gratte-ciel pour qu'il s'énerve et aille combattre. Le moment était bien choisi pour les problèmes de couple. On lui pardonne puisqu'elle est jouée par Scarlett Johansson avec qui je vis depuis quelques années déjà une passion cachée dans mon château du haut d’Évreux.

 

Tout ce cirque un rien décérébré a commencé avec « Iron Man » en 2008, et le « Spiderman » de Sam Raimi en 2002, deux films qui étaient des réalisations de fantasmes enfantins pour les quadragénaires ayant grandi dans les années 70 en ayant lu les « Strange » et autres publications de « Lug » en cachette des parents ou des profs qui trouvaient ça débile et violent comme les censeurs de la commission pour les publications pour la jeunesse ainsi que le raconte le documentaire « Marvel 13 ».

 

Jusque là il n'y avait guère que la série consacrée à « Hulk » à la fin des années 70 et les « Superman » de Richard Donner et Lester pour sortir du lot de production d'un ringard absolu. En 1977 une adaptation de « Spiderman », compilation de deux épisodes d'une série télé aux airs maintenant curieusement désuets, avait bien été distribuée en France. Le super-héros avait le costume qui plissait et sa toile se réduisait à une cordelette blanche. Bien entendu, les enfants regardant les images de ce film, « suspension d'incrédulité » aidant, s'en fichaient complètement des effets spéciaux « cheap ».

 

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Les réalisateurs actuels de films dits de genre l'oublient tous la « suspension d'incrédulité », et que ce n'est pas l'avalanche des effets spéciaux numériques qui fait un bon film mais une bonne histoire et de bons acteurs. Le cerveau humain fera toujours la différence entre un effet en « CGI » (computer generating image) et le réel. Dans « la Féline » de Jacques Tourneur, on ne voit jamais le « monstre » mais quelle importance ? Dans les vieux « serials » de « Flash Gordon » on voit bien que les fusées sont des maquettes suspendues par des fils et propulsées par des réacteurs ressemblant à des bougies d'anniversaire à étincelles mais dans ce cas également le spectateur s'en fichait tout comme des décors de vaisseaux spatiaux riquiqui...

 

Le premier « Spider-man » de Sam Raimi était excellent, à part le costume raté du « Bouffon Vert ». Le deuxième, en dehors de quelques longueurs dues à la « sitcomisation » des situations, restait très fidèle à la BD, et il semblait au spectateur que les virevoltes de Peter Parker au-dessus de New York rendaient enfin hommage aux dessinateurs du super-héros. Le premier « Iron Man » était bien meilleur, surtout grâce à son interprète principal, Robert Downey Jr, qui avait traversé plus ou moins les mêmes affres que son personnage, dont l'alcoolisme, et qui donnait à Tony Stark sa personnalité hors norme et son humour caustique, à tel point qu'il est difficile d'imaginer un autre acteur dans le rôle.

 

cinéma, comics, bande dessinée, politique, sociétéDans toutes ces adaptations actuelles des « comic books » on ne trouve plus trace du côté transgressif et, ou réflexif que les dessinateurs et les scénaristes savaient instiller finement dans leurs œuvres, Stan Lee et Steve Ditko quand ils créent « Spider-man », Jack Kirby quand il dessine « Fantastic Fourt » ou Franck Miller dans « Daredevil » avec Mazzuchielli, il le réinvente dans « Renaissance » et dans le premier « Dark Knight ». La série « Netflix » sur le super-héros aveugle et catholique (c'est Miller qui en fait un croyant ardent) défenseur de « Hell's Kitchen » lui doit beaucoup.

Ou Alan Moore dans la plupart de ses scénarios dont « V pour Vendetta » ou « Watchmen », la différence étant qu'ils conchient toutes les adaptations de ses œuvres y compris le « comic book » réalisé avec Dave Gibbons ou « V pour Vendetta ».

 

Finalement, une adaptation réussie de comics reste à faire bien que l'on peut dire que « Matrix » au fond en est une...

 

Sic Transit Gloria Mundi, Amen.

 

Grandgil

 

Affiche du film prise sur « les toiles héroïques »

cases extraites de « Daredevil Rebirth » et « The Dark Knight returns » prises sur « varley colors »

 

Ci-dessous la bande annonce du gros gâteau à la crème cinématographique dont il était question au-dessus

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