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L’écrivaillone qui se prenait pour un Renan 2.0

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Un forum sur une version plus informelle de l'article sur "Critiques libres"

 

A propos de « Comment Jésus fut créé » aux éditions Tatamis de Thérèse Zrihen-Dvir

 

christianisme, politique, société, religions, amaury watremezJ'écris tout cela sans grand espoir, étant convaincu que Thérèse Zrihen-Dvir est persuadée du bien-fondé de ses affirmations et de la pureté de ses intentions, sur son blog elle n'hésite pas à citer Maurice Allard qui préconisait la destruction du catholicisme il y a plus d'un siècle, pour la démocratie !, sans voir la contradiction criante au sein de ses propos. Elle a contre le catholicisme sans cesse mis en accusation sur son blog, dont je ne donnerai certainement pas l'adresse, une haine inextinguible revenant sans cesse, comme d'habitude à la Shoah pour justifier sa détestation des chrétiens, dans ce dolorisme pénible qui excuserait tout en somme à l'en croire dans le comportement déplorable de croyants juifs comme elle l'est et pan-sioniste comme elle l'est aussi.

 

Le Christ en a certes déjà vu d'autres et s'est fait cracher dessus bien avant mais c'est loin d'être une raison valable. C'est également loin d'être la première fois que la vie de Jésus est malmenée et caricaturée : il y eut « la Vie de Jésus » d'Ernest Renan, "l’Évangile clandestin" du XVIème siècle, le documentaire de Gérard Mordillat et Jérôme Prieur et tous les évangiles apocryphes non retenus par la tradition chrétienne, rédigés souvent par des chrétiens hérétiques ou des ennemis du Christianisme.

A propos des écrits justement, l'auteur de « Comment Jésus fut créé » invoque le fait qu'il n'a rien écrit et que donc cela prouve que son statut de sauveur est une escroquerie, ignorant manifestant donc que la tradition et la transmission orales dominaient il y a deux millénaire. Rappelons lui aussi que les premières églises étaient clandestines et qu'il ne fallait pas laisser de traces, les Évangiles ayant été mises par écrit quand les chrétiens étaient plus en sécurité et plus nombreux, excepté celui de Jean, et aussi contre les tentations de désunion naissant dés les origines de cette institution humaine. Et puis Socrate n'a rien écrit non plus mais personne ne conteste son existence...

 

J'avais pourtant bien aimé le dernier ouvrage de l'auteur : « Marrakech la juive ». Elle m'a envoyé celui-là, petit livre rapide à lire qui m'a mis en colère par ses approximations malveillantes, son ignorance manifeste et évidente de la Foi chrétienne, et le long défilé d'injures objectives aussi qu'il est, même si l'auteur le fait inconsciemment et involontairement je veux le croire, envers la religion catholique. Je suis quand même un rien surpris, les personnes de la communauté dont elle issue ne supportent pas le moindre début d'embryon de critique de leur propre religion et de la politique de leur « Terre Sainte », Israël, assimilant celle-ci à de l'antisémitisme et, ou au négationnisme de la Shoah dans une démarche virant la plupart du temps à l'autisme le plus fermé.

 

Parlons en d'ailleurs de l'archéologie et de l'historiographie elles prouvent de par divers travaux que les anciens hébreux étaient peut-être des adorateurs du culte monothéiste d'Aton, deux cartouches de hiéroglyphes le montrant, et non autre chose, et que la conquête de Canaan ne s'est pas faite militairement mais par assimilation progressive des populations, que Moïse est plus la réunion de plusieurs personnages historiques qu'un seul. Tant qu'à remettre en cause l'Histoire Sainte, allons y gaiement !

 

Historiographique-ment et archéologiquement cet essai ne se fonde que sur les réflexions, si j'ose employer ce mot, de rabbins visiblement fondamentalistes, obtus, et sur la fameuse découverte de la « Tombe de Jésus » à Jérusalem dans les années 80, réactualisée par un documentaire en 2007, qui prouverait que le Christ n'était qu'un homme et pas le Messie alors que rien de probant ne prouve quoi que ce soit dans ce film. Des études récentes rappellent que les prénoms Jésus, Joseph et Myriam étaient des plus courants à l'époque, 42000 hommes portaient le prénom Ieshuah vers l'an 0 selon le recensement romain. Les personnes ayant fait cette « découverte » ont surtout essayé de l'étayer « à charge » des chrétiens, par haine au fond de ceux-ci. Et la plupart des scientifiques en critique la méthodologie extrêmement discutable...

 

Et selon la Foi chrétienne le Christ est bel et bien un homme ! De par l'Incarnation, cet argument sur son humanité qui lui interdirait d'être le Messie n'a que peu de valeur et démontre l'incompréhension de l’Évangile par l'auteur. Elle n'est pas la seule, me dira-t-on, la « double nature » de Jésus a été la source de débats théologiques nombreux ayant conduits à des désunions multiples et de nombreux conflits spirituels dés la fondation de l’Église, entre « monophysites » et chrétiens d'Occident, (monophysites ayant certainement fondé l'Islam et rédigé le Coran un peu plus tard).

 

Cette lecture m'a également remis en mémoire plusieurs moments vécus alors que je vivais à Jérusalem :

 

Alors que des catholiques candides, entre autre de la Communauté des Béatitudes, un rien naïfs, témoignaient de leur volonté de dialogue inter-religieux à l'institut Ratisbonne auprès de rabbins ceux-ci répondirent en gros qu'ils étaient d'accord bien sûr à condition que les chrétiens commencent d'abord par abjurer leurs croyances fausses et erronées voire « sataniques » ainsi qu'elles sont qualifiées dans ce travail ce qui ferait sourire si ce n'était énoncé avec autant d'inconscience et de sérieux.

 

A Jérusalem, un croyant qui y vit le comprend rapidement la plupart des lieux saints chrétiens sont faux, la faute en incombe aux croisés qui arrivant d'Europe les ont localisés en se basant sur une mesure fausse du « pied » romain, mais aussi au manque d'unité des églises entre elles qui veulent chacune avoir leur propre lieu saint. Certes, ainsi que nous le disait un franciscain, ces endroits sont sanctifiés par les pèlerins et leur prière au cours de siècles mais au bout d'un moment en ayant assez d'entendre des erreurs et mensonges nous avons voulu savoir la vérité selon l'historiographie et l'archéologie ; par exemple l'emplacement de la Crèche serait plus celui de la crypte « dite de Saint Jérôme » qu'à l'étoile d'argent de la Basilique, le tombeau vide au Saint Sépulcre se localiserait plus sûrement à celui de la grotte de Sainte Hélène etc....

 

Cependant, notre Foi ne s'en est jamais trouvée remise en question pour autant, et même elle en fut renforcée.

 

christianisme, politique, société, religions, amaury watremezCes « mensonges » et approximations sur les lieux saints peuvent rendre fous, certains sombrent dans un mysticisme spiritualisant extrême, voyant le Christ lorsqu'ils prient à la Chapelle de la Crucifixion, d'autres dans l'acédie, d'autres enfin s'en fichent et n'en tiennent pas compte. Il y a aussi ceux qui deviennent plus orthodoxes que les juifs les plus radicaux, tel Ovadia Youssef, ou plus musulmans que les musulmans eux-mêmes. Ces questions de localisation erronée, plus subjectives que réelles, ont des conséquences politiques graves, celle de la « Tombe de Rachel » et des tombeaux dits « des Patriarches » à Hébron a permis aux israéliens de s'implanter dans les « Territoires », sans parler de celle du Cénacle qui a permis aux pan-sionistes contre le droit international de construire le « quartier de Siloé » et d'expulser quelques dizaines de familles palestiniennes que l'on a donc jeté de fait dans les bras du Hamas.

 

Ce sont d'ailleurs les chrétiens eux-mêmes qui recherchent depuis longtemps et en premier cette vérité des faits, à travers des institutions comme par exemple « l’École Biblique » de Jérusalem, dirigée par les dominicains, ou la revue « Proche Orient Chrétien », des Missionnaires d'Afrique. L'auteur aligne quelques lieux communs sur la date de naissance de Jésus ou sur sa mort, un chrétien raisonnable sait depuis longtemps qu'il n'est pas né un 25 décembre, qu'il n'est même pas né à Bethléem ni même en 0 (plutôt en +6 ou -4), ce qui ne change strictement rien à sa Foi dont le point nodal est sa croyance en la Résurrection. Rappelons aussi que la Foi ne se prouve pas rationnellement même si la raison peut y amener, c'est même ontologiquement la définition du mot. L'auteur semble l'oublier croyant bon de préciser que rien ne prouve la Résurrection du Christ, une fable blasphématoire selon elle, autre injure aux chrétiens catholiques ou pas...

 

...Qu'elle attaque la Foi chrétienne aussi bassement, finalement pour faire parler d'elle, en singeant la sagesse et la raison est impardonnable et mesquin, est petit, très petit, et méprisable. Cela devient comme un sport d'attaquer l'Eglise. Elle prétend respecter les croyants chrétiens, ce qui est un comble, en début de ce livre, mais n'a de cesse de les montrer tout du long de sa "démonstration" comme de pauvres hères sans cervelle, manipulables et manipulés, et qui méritent bien cette leçon de morale de sa part. Je ne doute pas que ce texte me condamne à me faire qualifier d'antisémite par madame Zrihen-Dvir et ses semblables, heureusement pas si nombreux, pour qui un contradicteur, même raisonnable, est forcément un judéophobe. Cela n'a aucune importance, en Israël et en Palestine j'ai pu constater "de visu" les ravages que leur prétendue sagesse cause, parfaitement équivalente à la bêtise meurtrière des islamistes. 

 

Grandgil

 

Chaque lien constitue mes sources pour cet article

images : photo de l'auteur de l'article et "l'incrédulité de Saint Thomas" du Caravage prise sur Wikipédia

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